Les responsables de la sécurité dans la capitale et ses environs multiplient les interventions médiatiques. Situation inquiétante dans la capitale oblige. Le domicile du ministre de la Sécurité intérieure, le général Organès Rakotomihantarizaka à Andranoro a été victime de jets de cocktail Molotov durant le week-end. Un BRDM immatriculé 222 de la Gendarmerie de Fort Duchesne a lui aussi été victime de jet de cocktail Molotov à l’intérieur du véhicule. Apparemment pas de victimes humaines. En quelque sorte, les forces armées ou les forces de sécurité sont maintenant la cible des « brigands et malfaiteurs » à la solde des opposants déstabilisateurs et il faut plus de rigueur ou plus de répression.
Dès lors les responsables du maintien de l’ordre mettent en garde la population à ne pas se laisser entraîner dans des rassemblements qui sont perçus comme des tactiques de déstabilisation et de dénigrement du pouvoir en place. D’après les dirigeants des forces de l’ordre, ces manifestations ne sont que de la provocation aux troubles à la guerre civile car des individus armés évoluent parmi les manifestants.
« Atteinte à la sûreté de l’Etat »
À en croire les responsables du maintien de la sécurité dans la capitale, les manifestations n’ont plus rien de pacifique et encore moins de revendication pour les libertés démocratiques. À suivre leurs raisonnements et leurs explications, le problème n’est semble-t-il plus dans les discussions entre opposants et gouvernants, mais dans ces violences qui perturbent et portent atteinte à la sécurité de l’Etat et empêchent le cours normal de la vie quotidienne et des activités économiques.
Les responsables du maintien de l’ordre évoquent les incendies de voitures, les jets de grenades et de cocktail Molotov. Ils n’ont pu éviter de parler, selon les informations de la RNM de 19 heures de ce lundi 27 avril, de ce véhicule 4X4 de couleur blanche à bord duquel se trouvaient ce vendredi 24 avril, des militaires qui tiraient partout disent-ils, mais que les manifestants et les témoins oculaires affirment qu’ils tiraient sur la foule, tuant d’une balle dans la tête, Haja, la jeune femme qui était en train de fermer sa boutique à Ambohijatovo.
Forces répressives ou de maintien de l’ordre ?
On avoue sans aucune hésitation que les incendies contre les véhicules, contre les biens privés que publics, les atteintes à l’intégrité physique et le terrorisme moral sont tous condamnables. Et on n’a pas cessé de les condamner. On conviendra avec le général Ravalomanana Richard de l’EMMO d’Ankadilalana que les éléments de l’EMMO demeurent les mêmes en janvier 2009 que ceux d’aujourd’hui. Mais où étaient donc ces gradés responsables de nos armées lors des destructions des journées des 26 et 27 janvier 2009 ? N’ont-ils pas laissé faire ? Et pourtant il y eut des vies en danger (non assistance à personnes en danger) et destruction de biens privés et publics tel l’incendie contre la RNM et la TVM.
Des lieux de fabrication de cocktail Molotov sont identifiés selon Radio Antsiva : dans la parages de l’hôpital Ravoahangy, dans les environs d’Ambohijatovo. Mais qu’attendent alors nos forces de maintien de l’ordre pour les démanteler ? Des véhicules 4X4 et des voitures légères sont identifiés par les manifestants et des témoins dans les bulletins d’information des chaînes de télé de la capitale, comme étant des fauteurs de troubles en puissance et des terroristes en uniformes depuis plus d’une semaine.
Ce sont des éléments armés en uniforme de militaires et parmi eux des militaires de la CAPSAT. Le commandant Charles et d’autres officiers étaient parmi eux. Ils ont été surpris par les caméras anonymes en train de proférer des grossièretés et de s’acharner sur des individus interpellés jeudi 23 et vendredi 24 avril derniers à Ambatonakanga, à l’entrée du tunnel d’Ambohijatovo ou encore à Ambohijatovo Ambony en face de l’ancien immeuble qui avait abrité la DAIEC aujourd’hui siège du ministère de l’Eau.
Et tout cela s’est déroulé sans que les forces de maintien de l’ordre, sans que les Ong et associations de défense des droits de l’homme ou contre la torture ne pipent mot. Même l’église catholique et le SEFAFI si prompts à s’insurger contre toute forme d’injustice sont demeurés muets ; au nom de la Transition ou au nom de la vengeance contre Ravalomanana, quand bien même des vies humaines et des jeunes soient tabassés et pourchassés dans les ruelles ?





