Ce journal en ligne ne pourrait exister sans télécommunications, et c’est à ce titre que nous sommes naturellement interpellés par la démission en forme de limogeage du ministre des télécommunications, Iharizaka Rahaingoson, et par tout un tam tam médiatique de l’OMERT [1] sur une mise en demeure qu’elle a adressée à Orange Madagascar pour sommer celle-ci de cesser d’offrir des services de transmission de données autre que sur téléphone mobile.
Précisons de prime abord que notre organe de presse est dans la rare situation de ne nullement dépendre des recettes publicitaires des opérateurs en télécommunications. Et en tant que simples utilisateurs, nous les trouvons tous assez égaux dans la médiocrité. Les débits internet sont lents, aléatoires, et les offres commerciales sont inadaptées et parfois mensongères. Méfiez vous ainsi du terme « illimité », il semble que les agences de publicité ne savent pas lire l’entrée du dictionnaire concernant ce mot, et contrairement aux contrats d’assurance, il y a rarement sur les affiches rutilantes et les jolis prospectus des textes écrits en tout petit auxquels on apprend à faire attention.
Et nous constatons que cette situation entraîne chez les clients une attitude de péripatéticienne : lorsqu’un opérateur fait un petit effort pour améliorer les choses, une masse d’individus se précipite chez lui, et l’opérateur débordé se retrouve face à des utilisateurs aussi mécontents qu’avant.
Mais s’il faut en ces circonstances épingler l’un d’entre eux un peu plus que les autres, il faut bien souligner le poids extrêmement conservateur que continue d’exercer l’opérateur historique. Dans son pays, France Télécom s’est fait régulièrement taper sur les doigts par les autorités en charge de la concurrence. Les nouveaux opérateurs comme Free ont souvent dénoncé une réticence de la part de France Télécom à jouer le jeu selon les règles, et une certaine frilosité du régulateur en charge du secteur à imposer celles-ci. Comme si entre collègues du bon vieux temps de l’ex-DGT, l’on était réticent à se taper dessus.
De la même manière, à Madagascar, l’on fait mine d’oublier que cadres de Telma, chefs de service du ministère des télécoms, et responsables de l’OMERT sont tous issus des bonnes vieilles Postes et Télécommunications... Nous serions donc curieux de voir publiées l’ensemble des mises en garde que l’OMERT a adressé à Telma. Car il n’y a pas qu’Orange qui commercialise des clés 3G, et il n’y a aucune raison que les foudres de l’OMERT n’aient pas aussi frappé Telma (nouveau nom de Telecom Malagasy S.A.) et Moov (ex-DTS). Et les années récentes ont résonné d’interrogations sur de curieux arrangements en matière de règlement des redevances de fréquence.
Euh, OMERT, OMERT... Pourquoi je parle encore d’OMERT ? Depuis 2005, la loi (PDF) précise qu’à la place, on devrait avoir une Agence de régulation. Au Conseil d’Administration de cette agence, 4 membres sur 7 devraient être choisis dans le secteur privé et n’avoir aucun lien contractuel avec la fonction publique ou avec le secteur des télécommunications. Tout cela reste dans les limbes, tout comme les décrets d’application de la loi de 2005. Et force est de constater que parmi les opérateurs importants, seul Telma n’a pas jugé utile de faire parvenir ses commentaires sur les projets de texte. On joue la montre, ou l’on continue de compter sur les travaux de couloir ?






