Y a-t-il accord ou désaccord ? Nous nous étonnions déjà Lundi dernier du ton général des déclarations qui était « il ne devrait plus y avoir de problème ». Et pourtant, il y a de toute évidence problème puisque ce fameux gouvernement a quasiment deux semaines de retard par rapport au calendrier de mise en place initialement annoncé à Addis Abeba.
Dans ce contexte, la rédaction du site se félicite d’avoir maintenu une certaine prudence vis-à-vis des communiqués émanant des mouvances, et une certaine circonspection sur les bruits de couloir portant sur l’attribution « acquise » de tel ou tel maroquin à tel ou tel camp. A posteriori, on ne peut que conclure qu’il s’agissait probablement là de voeux pieux, voire de manoeuvres d’intoxication de l’opinion publique pour provoquer des réactions visant à bloquer le processus.
On n’accordera donc également qu’une importance très relative à un communiqué produit dans la soirée de ce Mercredi 25 par le service communication de la Présidence de la Transition. Ce communiqué déclare qu’un accord sur la répartition des ministères avait été conclu le 13 novembre dernier, mais on y retiendra également une petite portion de phrase déclarant que cet accord aurait été conclu « suite à la médiation de M. Tiébilé Dramé », émissaire des Nations Unies.
Entretemps, on a appris que le Conseil Présidentiel qui s’est tenu mardi dernier a réuni ses trois membres, Andry Rajoelina, Emmanuel Rakotovahiny et Fetison Rakoto Andrianirina, mais a aussi vu « en marge » la participation du Premier Ministre Eugène Mangalaza et... des ambassadeurs de France, des États-Unis et d’Allemagne.
L’heure est semble-t-il suffisamment grave pour que les diplomates étrangers ne s’embarrassent plus trop de la patiente discrétion d’un laborieux travail de navette pour avancer leurs idées, et pour que les hommes politiques malgaches ne s’offusquent pas que la réunion d’une institution officielle de la Transition prenne des allures de mini-conseil de sécurité des Nations-Unies.
Marques d’amitié de la communauté internationale vis-à-vis de Madagascar, conseils, influence ou tutelle ? Qu’importe l’appellation qu’on donne à ces présences : en l’absence de moyens démocratiques de trancher les dissensions, il semble nécessaire de faire avec les moyens du bord pour tenter d’obtenir une décision. Si solution il y aura, elle sera présentée comme malgacho-malgache, mais la composition du gouvernement sera indéniablement inspirée par les grandes puissances mondiales et régionales, même si celles-ci estimeront, peut-être en toute bonne foi, n’avoir mis en avant que des solutions proposées par les malgaches eux-mêmes.
Vivement donc le temps des élections et de la mise en place des mécanismes institutionnels définitifs, pour que le consensus de bric et de brac puisse enfin céder la place à des manières claires et largement reconnues de trancher pacifiquement les conflits qui traversent toute société. Le fihavanana a quelques vertus, mais à le pervertir à tout vent, on en dégoûte plus d’un.





