Le directeur général du Samifin qui est le service chargé de combattre le blanchiment d’argent a convoqué ce Vendredi 30 octobre une conférence de presse. Selon ce service, il y a de très forts soupçons de blanchiment international d’argent derrière les affaires de bois de rose qui ont récemment défrayé la chronique à Madagascar.
En effet, le schéma identifié est que ce sont des ressortissants étrangers travaillant dans le secteur du commerce à Madagascar qui financent les opérations de coupe illicite de bois de rose. Mais l’origine des fonds qu’ils avancent à des opérateurs agréés en matière d’exportation de bois est très mystérieuse, car l’argent arrive soit en espèces, soit à travers des comptes dont l’objet et le volume habituel d’activité ne justifient pas de lien avec cette activité.
Après l’exportation, les produits de la vente ne sont pas rapatriés au pays sous forme de devises comme l’exige la réglementation. Une partie peut rester à l’étranger, mais on constate aussi des importations directes de marchandises qui sont revendues à bas prix à Madagascar. On peut d’ailleurs soupçonner des fausses déclarations en douane qui ont l’effet de minorer les recettes fiscales du pays, mais le fait que certaines ventes semblent se faire véritablement à perte renforce les soupçons de blanchiment d’argent.
Dans le cadre de ses attributions, le Samifin a donc déjà bloqué 14 comptes bancaires. Des flux suspects portant sur près de 32 milliards d’Ariary ont été retracés, mais on soupçonne que des montants plus importants puissent être manipulés. Deux dossiers ont été déposés par le Samifin aux tribunaux de Toamasina et d’Antananarivo.
Sur le plan plus général de ces affaires de bois de rose, on sait que le Directeur de l’environnement et des forêts de la région de la Sava a été récemment suspendu, et que plusieurs hommes d’affaires ont été arrêtés.





