À l’ouverture de la session parlementaire extraordinaire, l’on ne pouvait totalement écarter un scénario où le fragile équilibre (ou faudrait-il écrire plutôt le précaire déséquilibre ?) qui préside la Feuille de route se serait retrouvé complètement mis à terre par les dissensions sur la loi d’amnistie. « Retenez moi ou je fais un malheur » : la mouvance Ravalomanana aura souvent joué de cette partition dans les derniers jours.
La semaine en cours passait pour être à risques, et elle n’a certes pas été sans cahots. Au final, le sens des responsabilités aura prévalu. C’est une chose de manifester son désaccord en sortant épisodiquement des réunions ou en refusant de participer à des votes ; cela en aurait été une toute autre de démissionner de toutes les institutions de la transition et de se priver de tous les moyens d’observer véritablement le processus, et plus particulièrement les étapes de la préparation des élections. Il est vrai qu’il aurait sans doute été difficile de faire comprendre à une opinion publique un peu lasse pourquoi un désaccord sur l’inclusion ou la non inclusion de références à tel ou tel article particulier du Code pénal dans la rédaction des exceptions à la loi d’amnistie devrait être cause de clash fondamental.
Le vin est tiré, il faut le boire : la locution peut être utilisée aussi bien en se référant aux avions d’Air Madagascar qu’à l’avenir de chaque citoyen malgache. Même si l’on n’est pas complètement convaincu de la voie choisie, force est également de constater que l’on n’a pas non plus énormément de choix... Sauf énorme surprise, ce Vendredi 13 ne devrait pas amener de cataclysme et se clôturera sans remise en cause de la suite de la Feuille de route.
Le jeu d’équilibre précaire auquel doit se prêter l’opposition n’est certes pas facile : il lui faut à tout prix manifester sa différence, mais elle ne peut se permettre de jouer les va-t-en-guerre et de remettre en cause le processus électoral auquel aspirent la communauté internationale et une bonne partie de la population.
Ce processus ne pourra en aucun cas être considéré comme étant une sortie définitive de la crise, mais visera surtout à apporter une réponse, aussi provisoire soit-elle, à la question de la répartition des fonctions que les uns et des autres auront à occuper à l’amorce d’un véritable processus de réconciliation condamné à prendre plus de temps.







