On a désormais une idée assez précise de la réponse que la mouvance Rajoelina va faire aux propositions de compromis avancées par le Président de la Commission de l’Union Africaine, Jean Ping. En effet, cette réponse doit, comme l’a réaffirmé le dernier sommet de l’Union Africaine, être formulée au plus tard ce Vendredi 5 février.
Avant la tenue des élections législatives, qui se tiendront dans 2 à 3 mois, Andry Rajoelina propose deux schémas institutionnels devant les parlementaires français ce lundi 2 février 2010. D’une part, le maintien en fonction de l’organe exécutif actuel et de ses membres en respectant deux conditions. Premièrement, les pouvoirs du gouvernement sont limités à la gestion des missions des pouvoirs publics et au fonctionnement quotidien de la machine administrative jusqu’à la mise en place du gouvernement d’union nationale issu des élections législatives. Interdiction de faire des investissements qui ne requièrent pas une urgence absolue ou de prendre des engagements concernant des projets à long terme. Deuxièmement, il y a des restrictions imposées aux membres de l’exécutif. Les membres du gouvernement qui se portent candidats aux élections législatives seront systématiquement relevés de leurs fonctions dès l’acceptation de leur candidature. Le Président de la Haute Autorité de la Transition et les autres membres du gouvernement ne peuvent en aucune manière participer à la campagne électorale pour soutenir un candidat.
D’autre part, il y a la mise en place d’un Conseil Supérieur de Contrôle de la Transition (C.S.C.T) qui sera le contre-pouvoir de l’exécutif pendant la période préélectorale. Son Président et ses deux Vice-présidents seront proposés par la « Mouvance Madagascar », c’est-à-dire l’opposition, qui détiendra également la majorité des sièges. Ce Conseil Supérieur de Contrôle de la Transition aura une double attribution. Elle a une attribution législative, à savoir la ratification des ordonnances adoptées par le Conseil des ministres. Elle a aussi un rôle de contrôle des activités du gouvernement, de la CENI, et de l’Administration en général.
Esprit de Maputo
« Nous estimons qu’avec un tel schéma, l’esprit de la Charte de Maputo sera sauvegardé, à savoir l’exercice consensuel et inclusif du pouvoir ». Tel est l’avis du président de la HAT Andry Rajoelina qui signale qu’en 50 ans, le peuple malgache s’est soulevé quatre fois. « Nous sommes décidés à extirper les racines du mal politique malgache. Nous nous sommes engagés à apporter tous les changements nécessaires sur le plan institutionnel ou sur le plan des règles du jeu politique ».
C’est ainsi que Andry Rajoelina a martelé son discours tout en précisant que c’est dans cette optique qu’il veut fonder une nouvelle République. Il affirme vouloir rendre au peuple malgache, sa liberté et sa fierté. « C’est à cette nouvelle vision de la vie politique malgache, c’est à cette juste et noble entreprise, que nous vous demandons d’apporter votre soutien et votre appui, en tant que représentants d’un peuple qui a combattu à diverses époques pour sa liberté, et dont Madagascar partage pleinement les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ». C’est ainsi que Andry Rajoelina a conclu son discours devant les parlementaires français.
Il reste à savoir si ces propositions pourraient retenir l’attention de la SADC et de l’Union Africaine qui, avec les autres mouvances, auront à juger si un organe législatif encore imprécis pourrait être une alternative au partage d’un pouvoir exécutif que la HAT entend donc se réserver pour l’instant.





