Les conflits résultants des intérêts incompatibles ont provoqué un changement radical, depuis 2009, à Madagascar. Les privilèges des anciens présidents néocolonisateurs, par rapport à celles de la population ont exagérément dépassé le seuil de la tolérance sociale. Les répressions des citoyens non-courtisans du parti de l’Etat, la multiplication de signes de malhonnêteté, de connivence et de violence au sein des communes ont été accrues. Les villes ne pouvaient que compter sur elles-mêmes. Les aides du Gouvernements, les subventions par des fonds publics ont essentiellement servi comme moyens d’enrichissement personnel des hommes haut placé de l’Etat et de ses consorts.
La mise en place de nouvelles institutions comme les institutions anti-corruption ont servi de moyens pour attirer l’argent de l’extérieur afin de permettre le développement des réseaux de trafiquants et de spéculateurs. Le développement des entreprises appartenant à un seul individu a provoqué la destruction du système de protection sociale de la nation malgache. La concurrence déloyale pratiquée par Ravalomanana n’a plus de secret pour d’autres entrepreneurs, concurrence déloyale pratiquée par le biais de machination et des moyens légalement et légitimement répréhensibles.
Le niveau de vie de ceux qui ont été proches du pouvoir a surpassé à outrance celui des simples citoyens. La consommation ostentatoire des partisans de pouvoir en place devant des yeux pleins d’amertume, de pauvreté et de désolation, situation qui découle de l’injustice sociale depuis 1975, de l’hypocrisie et de l’égoïsme des ex-présidents d’avant Andry Nirina Rajoelina a ruiné Madagascar et a contrarié la patience et l’indulgence de la « plèbe », dans un gouvernement démocratique.
Les passe-droits exorbitants en faveur des tenants du pouvoir, (famille Ravalomanana et ses employés étrangers), le repoussement des intellectuels malgaches, la ségrégation, l’inégalité de pouvoir structurelle, les structures de l’organisation sociale capitaliste, copiée et implantée bêtement à Madagascar ont débouché à des inégalités et actuellement à un changement social radical anticolonialisme.
La déviance de Ravalomanana de la norme sociale malgache qui a engendré des désordres socio-politiques et des dysfonctionnements graves au sein de la société malgache a créé une réaction de la population, allant de la simple désapprobation à des mesures sévères : sa destitution.
Le peuple malgache est sur la voie de changement depuis bientôt 2 ans. Tous les étrangers de passage au pays et tous les médias internationaux sont unanimes à reconnaître que cette soif de changement de la population malgache est profonde et spontanée, semblable au sentiment éprouvé par le peuple égyptien et/ou par le peuple tunisien.
La scission qui s’est produite au sein des partis des ex-présidents (AREMA, TIM…) en apporte la preuve d’une divergence de conviction même au niveau d’un parti, pour la simple raison que mêmes les adhérents ne sont pas traités de la même manière et qu’il y a manifestement depuis longtemps traitement inégalitaire (égoïsme et manipulation), injustice (hypocrisie) et favoritisme (flagornerie), etc.
Malheureusement pour Madagascar, les anciens présidents totalitaires (Ravalomanana, Zafy, Ratsiraka), qui ont été responsables de la décadence économique et de l’avilissement social du pays depuis 1973, et qui ont été éjectés hors du pouvoir par la rue, ne veulent en aucun cas accepter leurs propres défaites et le vent du changement.
D’abord Ravalomanana, ce voleur milliardaire qui a confondu les caisses de l’Etat avec celles de ses entreprises et s’est enrichi par des biens mal acquis, et qui a utilisé l’église FJKM à des fins purement politiques ne peut détourner de sa malhonnêteté et de sa trahison envers les Malgaches. Les faits sont :
- en décembre 2008, lorsque le Fonds Monétaire Internationale (FMI) et la Banque Mondiale (BM) ont bloqué une aide de 35 millions d’USD à cause notamment d’inquiétant et suspect achat de l’avion Force One II et de l’application de la loi relative à l’exonération de la TVA et de la Taxe d’Importation de l’huile végétale (qui était à cette époque le monopole du groupe TIKO appartenant à Ravalomanana).
La tension entre le Président et les bailleurs de fonds était à son paroxysme. Quelques années auparavant, Niels Marquardt, ancien ambassadeur des Etats-Unis, avait recommandé publiquement à Marc Ravalomanana de vendre TIKO pour mettre fin la confusion entre biens publics et intérêts individuels. Autrement dit, les Etats-Unis avaient demandé à l’ancien président de choisir entre la politique et l’entrepreneuriat, étant donné qu’universellement, l’exercice simultané de ces deux fonctions sont incompatibles et sont sources de conflit d’intérêt. Mais comme à son habitude, se croyant être seul maître à bord, avec un gouvernement apparemment contrôlé par ses hommes (les deux chambres : sénat et parlement et les communes dominés à 85 % par le TIM), le président déchu se permettait de snober et même d’ironiser l’ambassadeur des Etats-Unis.
Ce dernier, bluffé par tant de hargne et de courage préférait flirter avec l’ancien président, plutôt que de sauvegarder sa dignité et son éthique.
Il est même devenu l’un des amis intimes de Ravalomanana.
En comprenant la personnalité controversée de l’ancien président, basée sur le leitmotiv : « tout s’achète, même les amis », les expressions et les défenses de l’ex-président destitué par le peuple par l’ancien ambassadeur est une véritable honte pour les Etats-Unis. Malgré la démission de Ravalomanana et la remise du plein pouvoir à un directoire militaire, dont Niels Marquardt fut témoin, ce dernier préférait axer ses interventions sur le soi-disant « coup d’Etat » de Andry Rajoelina ;
pour avoir une idée succincte des impacts positifs de ce conflit d’intérêts sur le développement exponentiel de la société TIKO (et inversement le chaos de l’économie malgache) en 7 ans, plusieurs sociétés ont été créées :
- TIKO OIL PRODUCTS ou TOP : huile alimentaire, situation de monopole,
- TIKO AGRI : collecte de matières premières,
- TOAMASINA PLANTS ou TOP II : système de production d’huile alimentaire, situation de monopole,
- IKO : tout ce qui est glace,
- TIA : produits à base de lait plus raffiné,
- TIKO FARM : élevage et dérivés, dont collecte de lait,
- FEED MILL : alimentation des animaux de la ferme, provendes,
- MBS : radio et télévision qui émettent partout sur le territoire, sans autorisation mais à titre d’essai, et qui utilisent les émetteurs et antennes de la RNM et de la TVM (au frais de ces derniers pour la location des satellites),
- MADA RADIO,
- RADIO FAHAZAVANA,
- « LE QUOTIDIEN » et « NY VAOVAONTSIKA » : presses,
- MAGRO : grande distribution, monopole sur les PPN (Produits de Première Nécessité), monopole sur les marchés publics (papeterie, articles de bureau, …),
- MBS IMPRIMERIE : travaux d’imprimerie,
- BLUE PRINT : travaux d’impression sur support, d’imprimerie, et vente de tout ce qui est papier,
- TIKO GROUP BTP : fabrication des produits pour BTP, comme les agglomérés, les buses, la vitrerie et même la peinture,
- ALMA : société de BTP, partenaire privilégié de l’Etat car les marchés sont attribués sans appel d’offres, mais aussi considérée comme sous-traitant attitré des sociétés multinationales (COLAS, SOGEA, …),
- CCM : bureau d’étude de génie civil et BTP, entreprise en connivence avec ALMA lorsque les appels d’offres sont obligatoires et quand le finan-cement provient directement des bailleurs, dans un système de passation de marché truqué,
- MANA : minoterie,
- FANAMBY RICE MILL : culture de riz à grande échelle, accompagné de vol de terrains et d’expulsion manu militari des propriétaires.
Ci-dessus sont les sociétés connues « officiellement », et cela sans prendre en compte les actions acquises dans les grandes sociétés comme : SHOPRITE, SOAVONIO, hôtel COLBERT, GASYNET, …
D’autres projets servant à l’enrichissement personnel de l’ex-président (abattoir à Andohatapenaka, Tiko Air : privatisation d’Air Madagascar qui était financièrement en difficulté, exportation monopolisée par la famille Ravalomanana de bois de rose et usine de bois dernier cri prévisionnellement installée à Sambaina) ont été mis sur pied ; sans compter les anciennes sociétés d’Etat qui ont été privatisées, dans des conditions floues, au profit de TIKO : SOMACODIS, ROSO, SINPA, SICE et les acquis abusifs des terrains domaniaux et des terrains titrés à des particuliers dans tout Madagascar. Cela avec recours aux autorités sur place en cas de complication (forces armées, maires, tribunal), comme ce qui a été détecté à Vohidiala Ambatondrazaka, Andranomanelatra, Ambohibary Sambaina (des centaines de milliers d’Ha), à Bongolava (un ranch de 100,000 ha, 1,300 ha), à Antsirabe (expropriation de la Société Madagascar Autruche), Betafo, Sambaina, Andohatapenaka (où l’Etat a payé 3 654 140 000 Ar ou 18 270 700 000 Fmg à la société ALMA pour l’aménagement du terrain : remblayage et viabilisation, etc.)
Non assouvi de sa soif d’accaparer les richesses publiques - des terres à gauche et à droite - et convaincu que Madagascar fait partie de ses biens personnels, il s’arrogeait le droit de vendre des terrains domaniaux ou appartenant à des particuliers à des étrangers.
En outre des cas les plus connus :
- la vente de 1,3 million d’Hectares de terres arables à Logistic Daewoo, dont aucun centime n’a été encore encaissé par l’Etat, en parallèle avec l’affaire liée à l’acquisition de l’avion « Air Force II » suivi d’un virement financier en guise de cadeau, à titre personnel, l’appropriation à titre personnel des îles Nosy Mitsio (Nosy-Be) et Nosy Hara (Majunga), des plaines d’Ihorombe, …
Du temps de ce président véreux, les projets qui bénéficiaient d’importants financements étaient rattachés directement à la Présidence de la République : lutte contre le SIDA, Projet PIC, …Tous les contrats tournant autour du secteur minier ont été maintenus dans le noir total durant sa gouvernance, même pour des grands projets comme SHERRIT et QMM, alors que ces projets sont considérés comme les plus importants d’Afrique. Le contenu des contrats entre les entreprises détenteurs de ces marchés et l’Etat malgache n’a jamais été publié au grand public. C’est aussi le cas dans les contrats d’exploration pétrolière. Il en est de même pour les entreprises de fierté nationale (JIRAMA, AIR MADAGASCAR).
La situation politique actuelle, qui frappe le domaine socio-économique malgache de plein fouet par le blocage de l’obtention de la reconnaissance internationale à travers les actions démoniaques des quelques pays néocoloniaux est sûrement la conséquence de ces ententes illicites, suscitées. Trop d’intérêts sont en jeu !
Favorables à son entreprise embarrassante et hostile pour le peuple, les propos déplacés de cette crapule d’ex-président, les comportements déplaisants de ses consorts ont attisé la colère populaire.
Même si la manipulation est la maladie des démocraties, l’arme du pouvoir pour convaincre les citoyens qu’il ne peut plus contraindre ; l’intolérance du peuple est à son plus haut degré devant des actes irrémissibles des politiciens détournés des grandes valeurs qui ont osé frapper au cœur de la société.
Les uns prétendent incarner le développement et la justice, les autres tels que Lala Rasendrahasina la religiosité chrétienne et compagnie pour leurs propres intérêts, et pour des avantages étrangers et pensent que nous n’avons plus à juger, plus à apprécier, que c’est la carte forcée ; eh bien, ils se trompent.
Le temps de soumission est révolu. Les pays arabes comme la Tunisie, l’Egypte ont eu la soif de changement comme Madagascar. Alors, pourquoi les organisations internationales sont-elles promptes à les aider et pourquoi au lieu de faire la même chose pour Madagascar, elles asphyxient et continuent à opprimer le peuple malgache ?
Les ex-présidents malgaches qui ont osé trahir, sans vergogne, leurs compatriotes ont entamé une machination politique ici et là où les fléaux semblent le plus manifeste et le plus incommodant aux citoyens, dans les domaines auxquels les responsables politiques ont accordé une importance particulière, ou encore dans les secteurs ou ils perçoivent des intérêts particuliers, contrairement à la perception des citoyens qui ont compris la situation comme une entrave à toute tentative de réforme économique pour les bienfaits communs et du pays.
Les événements politiques qui se déroulent à Madagascar et dans le monde seront dorénavant examinés de près et seront partagés au sens commun, avec liberté de ton et l’intransigeance d’esprit requise afin de repousser le terrorisme intellectuel et physique, l’intimidation morale. Par cette méthode, nous démonterons pièce par pièce les mécanismes relatifs à tout système néocolonial. Et ceci avec un humour corrosif et corpulent.
Les partis, les mouvements, les corporations et les individus qui nous font le coup des bons sentiments pour obtenir notre approbation qui pourraient conduire à nos propres pertes et à la décadence des Malgaches seront traités comme ennemis du peuple.
Le peuple malgache a cessé d’être dupe des manigances politiques des étrangers et des traîtres matérialistes, de ceux qui s’écartent du chemin de la liberté et du changement !
Z.R.




