Après quelques jours de silence en raison du deuil pour le Cardinal Mgr Gaëtan Armand Razafindratandra, les manifestations politiques de la mouvance Madagascar ont repris de plus belle tandis que les parties au pouvoir multiplient les campagnes de persuasion comme quoi tous les efforts sont déployés pour conduire vers les élections du 20 mars 2010.
Les avertissements, ou les intimidations comme les qualifient certains, de la communauté internationale pour l’abandon de l’unilatéralisme ne semblent avoir aucun écho ; c’est comme si les tenants du pouvoir faisaient la sourde oreille. L’appel de la SADC et les menaces de sanctions de la part du gouvernement des Etats-Unis ne sont nullement pris en compte par les dirigeants qui poursuivent leur chemin tout en faisant comprendre aux Américains et aux autres membres de la communauté internationale que c’est le peuple malgache qu’ils sont en train de punir en appliquant de telles sanctions. En tout cas, le nombre de chômeurs s’est encore accru ce lundi 18 janvier de quelques centaines d’ouvriers d’une entreprise textile en zone franche sise du côté de Tanjombato.
Pendant ce temps, la délégation spéciale de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) est entrée dans la deuxième phase de sa politique d’assainissement de la ville en confisquant les biens des marchands illicites des trottoirs. Pour pouvoir récupérer leurs marchandises, ces commerçants illicites doivent s’acquitter entre 1000 Ar et 3000 Ar par jour de retenue auprès des services municipaux de la CUA à Anosipatrana. Or au rythme pris par les fermetures d’usines en zone franche, l’effectif des commerçants illicites ou des marchands ambulants ne peut qu’augmenter, car nombre de ces ouvriers des zones franches ont l’intention de se convertir en marchands de rue dont l’exercice du métier est facile ou plus précisément rapidement rémunérateur. Ces commerçants refusent jusqu’à présent de rejoindre les sites déjà réservés par la CUA à leur intention, arguant qu’ils sont déjà habitués aux trottoirs et que les sites en question ne sont pas fréquentés par les clients.
Avec l’installation des partisans de la mouvance Madagascar au jardin d’Anosy en face du Palais du Sénat, le climat socio-politique est sous tension. Lors de la deuxième journée, la mouvance Madagascar a été privée de matériels de sonorisation car ceux-ci ont été confisqués par les forces de l’ordre avant que le rassemblement ne débute réellement. À part cet incident, aucun grabuge.
Tout cela n’empêche nullement de penser que le climat politique n’est pas stable et encore moins serein. Dans le camp de la Gendarmerie, on ne sait pas exactement ce qui s’y produit mais des voix discordantes font croire que les bérets noirs vivent une période de malaise interne. À en croire certaines explications, un camp de Gendarmerie n’aurait pas voulu satisfaire aux demandes en contingent de l’EMMOREG, il aurait plutôt envoyé de nouvelles recrues. Des sources de la Gendarmerie par contre font savoir que c’est une affaire interne à la Gendarmerie qui n’a pas besoin d’être publiée. Et tout cela intervient après que la Force d’intervention spéciale (FIS) ait subi des remous ou plutôt soit tombée dans le piège qui lui a été tendu par on ne sait qui précisément dans l’affaire de vols de somme d’argent de plusieurs centaines de millions d’ariary chez un client qui séjournait à l’hôtel Colbert.





