Discours de Monsieur le Président Andry RAJOELINA,à PARIS.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Honorables Invités .
C’est à la fois un grand privilège et un honneur pour (moi) et ma délégation de pouvoir nous exprimer devant cette auguste assemblée,pour vous expliquer de vive voix la situation politique qui prévaut actuellement à Madagascar.
L’instauration d’un « Régime » de Transition à Madagascar a été le résultat d’un vaste mouvement populaire,à dimension nationale.
Malgré une répression très dure,dirigée par des mercenaires étrangers et marquée le 07 février 2009 par le massacre sanglant et sans sommation de plusieurs dizaines de « combattants de la liberté sans arme »,l’ancien Président a quitté ses fonctions,en conférant de son plein gré les « pleins pouvoirs » à un Directoire Militaire le 17 mars 2009,et qui,à son tour,m’a transféré les « dits pouvoirs »par la voie d’une ordonnance,dont les dispositions ont été déclarées « valides » par la Haute Cour Constitutionnelle.
Les causes de ce mouvement populaire :
les dérives démocratiques de l’ancien régime,avec des violations manifestes des Droits de l’Homme,notamment la liberté d’expression,de la liberté de réunion et même de la liberté de culte,
la monopolisation des médias publics,
l’exercice monopolistique du pouvoir,avec les Assemblées Parlementaires monocolores et des municipalités dirigées par des Maires appartenant presque unanimement au parti de l’ancien président,
la monopolisation des activités économiques,
l’utilisation des prérogatives de puissance publique pour la « défense » d’intérêts personnels.
Mais les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase sont :
l’achat d’un second avion présidentiel,facturé à 60 millions de dollars,sous prétexte que le premier avion de même type (un boeing 737) n’avait pas un rayon d’action suffisant,
le projet de conclusion d’un bail emphyotique de 99 ans,pour des terrains d’une superficie d’un million d’hectares avec une société sud-coréenne.
Depuis le 17 mars 2009 et pendant les dix mois où le régime transitoire était en place,« ON » a tout fait pour le déstabiliser.Toutefois,malgré ces actions de déstabilisation,le régime de Transition continue jusqu’à ce jour à exercer l’effectivité du Pouvoir
sur le territoire de la République,
sur les Forces de l’Ordre,
sur l’Administration Centrale et Territoriale,
sur les collectivitéspubliques.
L’Administration fonctionne normalement.
Les Forces de l’Ordre assurent la paix civile.
La Population vaque à ses occupations quotidiennes.
L’activité économique a repris.
Les salaires des Agents de l’Etat,malgré la cessation des aides budgétaires,ont été payés régulièrement comme par le passé.
Malgré cette effectivitédu Pouvoir,nous n’avons pas ménagé nos efforts pour essayer de trouver une solution consensuelle de sortie de crise par la voie de dialogue.
Malheureusement,toutes les tentatives ont rencontré un échec et la mise en oeuvre des accords n’a pas abouti.
En effet,sous l’égide de l’u.a,de la sadc,des nations unies et l’oif,dans l’intérêt supérieur de la Nation,nous n’avons pas hésité à signer en toute bonne foi l’accord de maputo (signé le 09 août 2009) et l’acte additionnel d’Addis-Abéba (signé le 06 novembre 2009),dont le principal objectif que la C.I. avait jugé être le retour rapide à l’ordre constitutionnel,était de mettre en place un Gouvernement d’union nationale et des institutions inclusives et consensuelles pendant toute la période de 15 mois de la Transition.
TOUS LES EFFORTS QUE NOUS AVONS ENTREPRIS ET TOUTES LES CONCESSIONS QUE NOUS AVONS ACCEPT2ES,N’ONT PAS PORTE DE FRUITS QUE LE PEUPLE MALGACHE AVAIT ESPERES.
Les autres chefs de file n’ont cessé de remettre en cause les résultats de négociations.Les propos,comportements et actes à la fois irresponsables et irréfléchis de certains chefs de file ou de délégation n’ont pas permis l’application de ces accords et ont surtout rendu, toute cohabitation, au sein même de l’Exécutif,extrêmement difficile.
Les négociations ont duré presque une année.
Dans ce processus,nous sommes entrain de perdre notre âme.Nous avons été mandé par le peuple pour « CHANGEMENT RADICAL » et nous sommes aujourd’hui « empêtré ».
Nous ne voulons plus et nous ne pouvons plus prolonger cette crisequi a assez perduré.
C’est pour ces raisons que nous avons décidé de « RECOURIR » le plus vite possible à des élections .
En effet, nous sommes profondément convaincus que la seule voie incontournable pour sortir Madagascar de la crise actuelle est la tenue d’élections libres,régulières et transparentes dans les meilleurs délais.
L’élection est l’expression par excellence de la DEMOCRATIE,elle est le seul mécanisme qui permet au Peuple Malgache d’exercer son « POUVOIR SOUVERAIN » de choisir ses Gouvernants.
Il est nécessaire de rendre la parole au Peuple.
Il ne faut pas avoir peur du suffrage universel.Nous acceptons le principe que les élections doivent être consensuelles.Nous acceptons que la date des élections du 20 mars 2010 soit reportée et fixée d’un commun accord afin qu’on puisse mettre en place ce Gouvernement d’Union.A cette fin,nous proposons la tenue d’élections législatives dans les plus brefs délais pour des raisons suivantes :
les élections législatives constituent la consultation populaire de proximité,la plus à même de permettre de mesurer le poids de la confiance que le peuple accorde à tel ou à tel parti ou groupement des partis politiques.
Le parti ou groupe de partis politiques qui a le plus grand nombre de siège à l’Assemblée Nationale propose le nom du Premier Ministre qui forme à son tour,le Gouvernement d’union nationale selon le pourcentage de sièges des élus.
Les élections législatives vont être la base de la formation d’un véritable Gouvernement d’union nationale,dont la légalité et la légitimité ne sauraient être contestées.
Le Gouvernement d’union nationale aura la charge d’organiser la conférence nationale,sous l’égide et la direction de la société civile,qui déterminera les grandes lignes de la « CONSTITUTION » de la quatrième République et de faciliter ainsi la tenue des élections présidentielles.
Nous nous engageons à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections consensuelles,inclusives,régulières et transparentes.
Le fond du problème et les raisons profondes du soulèvement populaire à Madagascar,sont que les élections « ont toujours été truqués » et que la voie des urnes ne correspondait pas à la réalité.
C’est pour cela que nous voulons tracer un nouveau départ pour Madagascar et rompre avec le passé,car auparavant,c’est le Gouvernement même qui avait organisé les élections,ce qui favorise ainsi les fraudes.
A cet égard,nous voulons mettre en place ce que les partis politiques ont réclamé des années,à savoir :
la création d’une commission electorale nationale INDÉPENDANTE,NEUTRE,CONSESUELLE,IMPARTIALE ET MAJORITAIREMENT COMPOSES DES REPRESANTANTS DESIGNESPAR LA SOCIETE CIVILE(? ????).
La ceni aura les plus larges pouvoir d’organisation et des supervisions des élections,
la révision du code électoral,demandée par l’ensemble de la classe politique depuis 1998,
l’utilisation du bulletin unique qui aura pour effet,l’impossibilité de continuer la politique de l’achat des bulletins de vote des autres concurrents à la sortie des bureaux de vote,
la mise à jour d’un fichier électoral afin d’assurer sa fiabilité et sa transparence,
etc....