On croyait l’affaire insoluble, tellement les déclarations des uns et des autres étaient enflammées, les positions intransigeantes, opposées et les comportements plus que déterminés pour ne pas dire téméraires ; mais comme par enchantement, le « dialogue » intra-gendarmes et l’aura de l’« olo be » a aplani à 80% les différends. Résolue à 80% a déclaré le général Zafera, un des protagonistes de la « crise » interne à la Gendarmerie si l’on peut dire.
Interrogé par des reporters, le commandant de la caserne de Fort Duchesne, le général Zafera a reconnu que son message a été reçu. Car d’après ses dires, il voulait en démissionnant, éviter que la Gendarmerie se disloque ou s’affronte entre elle. Aujourd’hui, devant le refus de part et d’autre de sa démission et devant le fait que l’éventualité d’un affrontement se soit évanouie, il est satisfait. Le reste, soit les 20%, est question de temps apparemment car il attend les résultats des enquêtes judiciaires et que l’Etat prenne ses responsabilités en conséquence.
L’affaire FIGN s’est finalement noyée dans la fête présidée par le chef du gouvernement et conclue par un cocktail arrosé de bouteilles de whisky au camp de Fort Duchesne ce mercredi 10 mars en milieu de journée.
La réunion des commandants de circonscriptions et de commandants de groupements convoquée la veille par le colonel, Premier ministre, Camille Vital, au Palais de Mahazoarivo, a accouché d’un communiqué lu devant les éléments de la FIGN à la caserne de Fort Duchesne en présence des principaux protagonistes et des responsables gouvernementaux des Forces de l’ordre : à savoir le général Zafera commandant de la caserne de Fort Duchesne, reconduit ou maintenu bien qu’il avait déclaré avoir déposé sa démission, le général Bruno Razafindrakoto, commandant de la Gendarmerie nationale, le général Claude Ravelomanana, Secrétaire d’État à la Gendarmerie nationale, le général Noël Rakotonandrasana, ministre des Forces armées, le général de Police Organès Rakotomihantarizaka, ministre de la Sécurité intérieure et le Premier Ministre. Ont également assisté à cette cérémonie de « réconciliation », ou plutôt de remise à l’ordre car c’est plutôt dans ce sens que le communiqué est perçu et pourrait être interprété, les six chefs des circonscriptions inter-régionales et les 22 patrons des groupements de la Gendarmerie nationale.
En tout cas, côté cour, l’affaire des 500 millions d’ariary a tourné court car les gendarmes ont décidé d’attendre la suite des enquêtes judiciaires en cours, qui détermineront la vérité. En attendant, la hiérarchie établie demeure ; autrement dit, c’est l’Etat qui décide de démettre ou de nommer et jusqu’à preuve du contraire il n’a pas relevé quiconque de ses fonctions ni abrogé une nomination. Pour rassurer les hommes de troupes de la FIGN, le communiqué indique au point 7 qu’il n’y aura ni sanctions ni affectations à caractère disciplinaire ayant trait à l’affaire FIGN.
À part ces deux points, le Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie signataire du communiqué n’a fait que rappeler les règles d’or de la Grande muette : l’unicité de la Gendarmerie et l’unicité de commandement, le respect de la hiérarchie et de la discipline et le non recours aux médias pour des affaires internes à la Gendarmerie. A encore été évoqué dans ce communiqué l’application de sanctions contre tout contrevenant à ces « ordres ».
Côté jardin, les journalistes ont noté un certain nombre de faits qu’ils n’arrivent pas à expliquer et qui intriguent. Des éléments de la FIGN ont en quelque sorte pris à partie le commandant en chef de la Gendarmerie nationale. Le général Zafera, commandant du camp Fort Duchesne pour sa part, leur était apparu comme un rien réticent mais finalement, il s’est plié à la cérémonie de lever des verres. Bizarre aussi, fut ce coup de feu en l’air venu de nulle part, comme un signal pour on ne sait quoi alors que le Premier ministre et son escorte étaient au portail du camp. Enfin et non des moindres, des voix se sont fait entendre dans les rangs des sous-officiers et hommes de troupe de la FIGN un peu à l’écart de la cérémonie, « qu’ils ne se laisseront pas faire pour de l’alcool ».





