Présence d’éléments armés stationnant dans des camions dans les environs du tribunal à Anosy ce lundi 23 août et contrôle accompagné de fouille à l’entrée du tribunal ; c’était les dispositifs de sécurité en vigueur car l’audience publique de la Cour criminelle ordinaire sur l’affaire du 7 février était prévue à la salle 4. Tout un public partisan des deux camps en présence lors de ce procès a rempli la salle, y créant une ambiance électrique. Seuls cinq (5) prévenus sur les 19 ont été présents, dont Ralitera et le commissaire Mbinina assistés du conseil de la défense. La partie plaignante par contre était au grand complet appuyée par son conseil de défense également. À la suite d’une bataille de procédures le procès proprement dit a été reporté pour le jeudi 26 août ; et on peut s’attendre à ce que les inculpés soient défendus par des avocats commis d’office.
Le conseil de défense de l’ensemble des prévenus a en effet préféré refuser la poursuite de l’audience et quitter la salle car il ont estimé que le procès ne peut avoir lieu avant le 2 septembre, échéance à laquelle il attend l’arrêt de la Cour de cassation sur la procédure relative à un de ses clients, en la personne de Marc Ravalomanana. La défense a en effet demandé la cassation de la décision de la Chambre d’accusation de renvoyer celui-ci devant une Cour criminelle ordinaire, estimant que le prévenu étant chef d’État au moment des faits, il ne peut être jugé que par une Haute cour de justice. La Présidence du Tribunal ne le voit pas de la sorte, et après s’être retiré pour concertation, elle a prononcé un jugement avant dire droit, se déclarant compétente pour juger. La défense des accusés a alors quitté la salle suivie des partisans des pro-légalistes. Ne perdant pas son sang froid, la défense des plaignants est restée et a demandé à ce qu’on poursuive l’audience en réclamant des avocats d’office pour assurer la défense des prévenus ; ce qui lui fut accordé et la prochaine audience a été fixée pour ce jeudi 26 août 2010, le temps de saisir l’Ordre des Avocats pour nommer de nouveaux défenseurs.
Cependant, comme les premiers défenseurs des prévenus ne se sont pas déconstitués, la bataille de procédure risque de se poursuivre.







