Le petit jeu médiatique entre le mouvement des religieux Hetsiky ny Mpitondra Fivavahana, les trois mouvances d’opposition, la commune urbaine d’Antananarivo et le préfet de police se perpétue. Les entités critiques vis-à-vis du pouvoir annoncent en milieu de semaine un meeting devant se dérouler le prochain samedi en un lieu proche du centre ville, et « rassurent » leurs partisans que tout devrait bien se dérouler car une autorisation a déjà été demandée. Les autorités manifestent leur agacement d’être mises devant le « fait accompli » et refusent l’endroit proposé. Après 24 à 48 heures de faux suspense, un compromis est trouvé.
Cette fois-ci, le mouvement des ecclésiastiques avait annoncé la tenue d’une séance de prières pour la Nation à Ambohijatovo pour ce samedi. La commune a répondu que l’endroit était déjà réservé depuis longtemps pour un autre événement destiné aux enfants, et le préfet de police a déclaré qu’il se demandait à quoi servaient les églises et les temples si les religieux trouvaient à chaque fois indispensable d’occuper un stade ou un jardin public pour prier pour la Nation.
Scénario similaire pour les demandes des mouvements ouvertement politiques. Les trois mouvances avaient demandé l’autorisation d’occuper plusieurs lieux publics, plus exactement le jardin d’Ambohijatovo, le théâtre de verdure d’Antsahamanitra, le terrain d’Antsojombe, le stade Malacam et le palais des Sports et de la culture. La commune répondait qu’elle n’avait pas pouvoir de donner une autorisation administrative de tenir réunion, seulement à se prononcer sur la possibilité d’utiliser les infrastructures relevant de sa responsabilité. Entre les lieux demandés qui ne relevaient pas de sa gestion et ceux déjà réservés pour d’autres événements, elle ne pouvait disait-elle accorder son autorisation que pour le stade d’Antsojombe.
Et c’est en marge du reboisement du Ministère de l’Intérieur que l’on apprenait finalement l’assentiment du préfet pour la tenue de réunions à Antsojombe, sans que l’on sache très clairement ce qui était verbal et ce qui était écrit. Un flou persistait également sur les horaires : grosso modo, on pouvait comprendre que la matinée était pour les ecclésiastiques, et l’après-midi pour les femmes légalistes. Gageons que nombre de fidèles du matin se mueront en militants de l’après-midi.





