
Albert Zafy a rejeté au nom du Comité National pour la Réconciliation (CRN) les structures actuelles de la transition.
Dans une déclaration faite à la presse hier en début de soirée, le Professeur Albert Zafy a rejeté au nom du Comité national pour la réconciliation (CRN) les structures actuelles de la transition. C’est le premier signe apparent de la guerre des chefs au sein de l’ancienne opposition à Marc Ravalomanana. Comme nous l’avions souligné dans un article précédent, cette alliance de circonstance ne peut pas être stable de manière durable. On s’attend également bientôt à ce que Pierrot Rajaonarivelo ou Roland Ratsiraka expriment publiquement des motifs de mauvaise humeur contre Rajoelina.
L’ancien Président de la République a souligné que la chute du régime de Marc Ravalomanana était le fruit de l’action de quatre entités : le CRN (qui a lutté contre ce régime depuis 2002) ; l’opposition ; le mouvement mené par Andry Rajoelina de Décembre 2008 à Mars 2009 ; et enfin les forces armées. L’homme au chapeau de paille estime donc que la réflexion sur la gestion de la transition, et la composition des institutions de la transition doivent refléter ces quatre entités sans exclusion.
En listant par ailleurs dans cet ordre les quatre groupes qui ont contribué à la chute de Marc Ravalomanana, Albert Zafy souligne de manière détournée que la lutte de Andry Rajoelina est toute récente, par rapport à celle du CRN. Sous-entendu : le CRN aurait donc plus de mérite, même s’il n’a jamais eu le moindre succès.
Toutefois prudent, le professeur Zafy souligne qu’il ne voit aucun inconvénient à ce que Andry Rajoelina dirige la transition par le biais de la Haute autorité de transition (HAT). Mais selon lui, là où le bât blesse, c’est que le CRN se sent écarté de la conception et de la gestion de cette transition. Il a ainsi rappelé qu’en 1991, une Convention avait été signée entre toutes les parties prenantes pour jeter les bases de la transition. Il a souhaité que cette approche soit réitérée pour la sortie de la crise actuelle, et que la concertation la plus large possible soit faite pour placer le TGV de la transition sur de bons rails.
Albert Zafy a ainsi suggéré qu’outre la HAT et le Comité de redressement économique et social (CRES) qui sont déjà prévus dans la transition actuelle, deux autres entités supplémentaires soient créées. D’une part, un comité militaire pour favoriser la réconciliation au sein de l’armée : d’autre part, un comité pour favoriser l’implication des femmes et de la jeunesse dans la vie de la Nation.
Enfourchant son cheval de bataille de toujours, le patron du CRN a préconisé la mise en place d’un comité pour la vérité et la réconciliation à Madagascar. Marc Ravalomanana a toujours considéré le sujet comme inutile, ce qui a entrainé sa chute. En bon chirurgien émérite, le Professeur Zafy sait quant à lui que les profondes fractures qui ne sont pas réduites peuvent entrainer des dégâts irréversibles.





