Le président de la Haute autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina, a appelé la presse ce mardi 26 janvier en fin d’après midi pour communiquer sur les intentions du pouvoir et donner le ton sur l’attitude qu’il pourrait adopter dans les discussions à venir sur l’image future du pays. Après les multiples interventions médiatiques des seconds couteaux, ce fut le tour du grand chef de clore une étape de la campagne en faveur des élections et une autre de la campagne d’explication du refus de cohabiter avec les trois mouvances politiques. Par la même occasion le locataire du palais d’Ambohitsorohitra a ouvert un autre sujet de discussion.
En fait, il a confirmé ce que des observateurs appréhendaient depuis quelques semaines. Le GIC a fait le déplacement pour rien car pour les tenants du pouvoir il n’est plus question de mouvances politiques et encore moins de partager la direction du pays ou l’organisation des élections avec quiconque. La seule et unique issue de sortie possible est la voie des urnes car toutes les options ont échoué, a-t-il de nouveau déclaré. Et il n’y a que le recours aux urnes qui soit la plus légitime et la plus démocratique des options qui restent à mettre en œuvre. Ces élections seront organisées par la Commission nationale électorale indépendante (CENI) avec l’appui de la vice primature en charge de l’Intérieur. La CENI sera neutre et indépendante a promis le président de la HAT.
Report possible
Andry Rajoelina se défend de dire que l’initiative de ces élections est unilatérale. Il précise que ce sont les participants à la réunion qui s’est déroulée au Centre de conférence internationale d’Ivato les 6 et 7 janvier 2010 qui ont décidé et que parmi les participants à cette assemblée, figuraient les forces vives, la société civile et les représentants ou chefs de partis politiques. D’ailleurs ajoute-t-il, il est prévu que la Médiature va encore appeler dans les prochains jours, à une autre réunion qui aura le dernier mot sur la date exacte des législatives. Cette prochaine réunion prendra des décisions qui ne pourront pas être qualifiées d’unilatérales car elle rassemblera toutes les forces vives insiste-t-il. Pour dire que le président Andry Rajoelina n’a pas le monopole de la décision mais qu’il sait écouter et est capable de discuter avant de prendre une décision, contrairement à un dictateur qu’il s’est privé de désigner.
Il a toutefois oublié qu’en début de ses propos de ce mardi 26 janvier 2010 devant la presse, il a évoqué la décision qu’il a prise le 16 décembre 2009 en annonçant le projet du gouvernement d’organiser des élections législatives le 20 mars 2010. Les députés issus de ces élections composeront à la fois l’assemblée constituante et l’assemblée nationale de la 4e République. C’était le 16 décembre 2009 qu’il avait également précisé que le Premier ministre du gouvernement d’union nationale de transition sera désigné par la majorité issue de ces urnes.
Quoi qu’il en soit, le président de la HAT, Andry Rajoelina ne s’empêche pas d’exprimer sa satisfaction car, a-t-il dit, « le peuple et la communauté internationale admettent que les élections sont la seule voie possible de sortie de crise ». Occultant toutes les autres parties des « Mesures de compromis pour relancer le processus de sortie de crise à Madagascar » proposées par la communauté internationale (entre autres le retour aux Accords de Maputo I et d’Addis-Abeba et les mesures de confiance), le président Andry Rajoelina s’empresse de mettre en valeur les nouveautés qu’il entend apporter par ces élections.
En premier lieu, il souligne que ces élections se distingueront des précédentes par une liste électorale qui sera accessible à quiconque souhaite la contrôler, par l’adoption d’un bulletin unique qui sera numéroté ; ce numéro permettra aussi de contrôler les votes doubles ou les doublons explique-t-il. Mais surtout, poursuit-il, les ordonnances n’auront plus cours. Enfin et non des moindres, la CENI sera opérationnelle. Elle sera composée en majorité de personnalités neutres issues des organisations de la société civile, précisément dans la composition des membres de son bureau. Andry Rajoelina promet que des résultats des votes seront connus dans les 10 heures qui suivent la fin des dépouillements dans la capitale.
Recueilli par Ben






