Le retour de Pierrot Rajaonarivelo permet de poser quelques problèmes. Voilà un homme qui a quitté volontairement le pays pour se dispenser de se présenter devant le tribunal. Lequel tribunal ne s’est pas interdit de le juger malgré son absence. Il a été condamné à quelques années de travaux forcés compte tenu des charges qui pesaient sur lui : détournements de fonds principalement.
Pierrot Rajaonarivelo se considère comme prisonnier politique, et de son avis et de celui de son comité de soutien, il doit être bénéficiaire des dispositions de grâce annoncées par Andry Rajoelina, car n’oublions pas qu’il a été un haut dignitaire du régime Ratsiraka : Vice Premier Ministre.
Le cas Pierrot Rajaonarivelo est représentatif des raisonnements qui ont cours actuellement et nous le prenons en tant qu’exemple et non pas à charge ou à décharge contre lui.
Tout d’abord aucune autorité ne lui a signifié que son ancienne condamnation est effacée ou mise entre parenthèse. Il prend sur lui de rentrer dans son pays. Dans la logique juridique un tel condamné doit exécuter sa peine dès qu’on peut mettre la main sur lui.
En deuxième lieu sa condamnation résulte de faits de droit commun : détournements de fonds. Il n’ose pas crier que c’est à cause de son statut de dirigeant politique. Mais il l’insinue dans sa démarche.
Définir qui est condamné politique exige à notre sens un examen de chaque cas : si le cas d’une personne laisse penser que les faits reprochés ne sont qu’un prétexte pour la mettre derrière les barreaux et donc montés de toute pièce, alors, et alors seulement il convient de réexaminer l’ensemble du dossier. A titre de présomption d’innocence une « liberté provisoire » peut être accordée à la personne mais non tout de suite le bénéfice de la grâce ou de l’amnistie. Cette procédure devrait être appliquée à tous les prisonniers politiques même si a priori les faits semblent clairs. Entre le cas de Voninahitsy et celui de Pety il n’y a pas similitude absolue. Nous citons ces deux personnes car faisant partie des cas connus par le grand public.
Vérité et réconciliation …. c’est le slogan répété par les personnes concernées. Mais vérité exige d’abord la clarté complète sur la situation de ceux qui voudraient bénéficier des dispositions prévues dans la circonstance. La situation des victimes directes (celles qui ont été volées ou ayant des proches tués) ne doit pas être passée sous silence. C’est à la lumière de cet examen que la réconciliation doit être envisagée. Sinon c’est la porte ouverte à l’avenir pour l’impunité et donc les tentations de main basse sans crainte d’être poursuivi. L’avenir du pays passe par l’acceptation de ce minimum de clarification.







