Qui a les mains propres ? s’est interrogé Azali Ben Marofo ce mardi soir du 11 août 2009 au Motel Anosy.
Beaucoup d’interprétations se font autour des textes signés à Maputo. Mais le message lancé par Edem Kodjo, un membre de la médiation est clair : il n’y a pas à interpréter, il faut exécuter. Le débat risque cependant encore de durer et les accords être soumis à traduction, à divagation, à déformation ou désinformation...
Ce sont les questions relatives au cas de Marc Ravalomanana qui font comme par hasard, l’objet de polémique. Marc Ravalomanana ne pourra pas revenir, il a été empêché de revenir au pays, il n’est pas amnistié… déclarent des partisans de la mouvance Andry Rajoelina. Heureusement pas tous ! Concernant ce dernier point, la mouvance Ravalomanana explique que le cas de Ravalomanana a été traité au terme d’un accord particulier, et qu’il n’est pas touché par l’amnistie. Pour ces détracteurs toutefois, un article sur l’amnistie empêchera son retour rapide même si les condamnations contre lui ont été annulées.
7 février… mais 26 et 27 janvier aussi !
« Article 14 : sont exclus de l’amnistie les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, les crimes de génocide, et les violations graves des droits de l’homme » ; quid du 7 février selon une partie de la mouvance Rajoelina sur la chaîne nationale ? Et elle d’insister que la population ne saura laisser impuni les responsables du 7 février.
Jusqu’ici, il n’a jamais été établi à qui incombe la responsabilité des évènements du 07 février, évènements que ne cessent de ressasser des membres de la Haute Autorité de Trantsition (HAT) pour justifier pour certains d’entre eux une opposition au retour de Ravalomanana. Durant leurs manifestations, les « légalistes » avaient quant à eux déclaré que Rajoelina et « ses collègues » sont responsables du 7 février en emmenant une foule prendre de force un palais classé zone rouge.
Une enquête internationale indépendante a été demandée par Marc Ravalomanana concernant ces évènements et ouï-dire, il aurait été convenu à Maputo la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante sur le 07 février, le 26 janvier et les autres vols. En effet, il n’y a pas seulement que le 7 février qui a vu mort d’hommes en 2009.
Par ailleurs, cet article 14 de l’accord politique de Maputo ne dispose d’aucune façon que les crimes qui sont exclus de l’amnistie, sont ceux commis seulement durant les évènements 2009.
Une « volonté politique » et un « accord politique »
La mouvance Ratsiraka a haussé le ton sur la chaîne nationale en déclarant que ce qui a été fait à Maputo est né d’une volonté politique commune des quatre chefs de file de sortir de la crise actuelle. Les propos ont été partagés par Désiré Randrianarivelo qui, auparavant a insisté sur la « volonté politique » des chefs de file signataires des accords et qui remarque que le sommet de Maputo qui a pondu ces accords n’est pas la consécration d’un putsch. En tout cas, Azali Ben Marofo a clairement fait comprendre par deux fois que si les mouvances débitent sur le juridisme, la sortie est loin. Ce que les malagasy doivent comprendre, a-t-il martelé, c’est que les politiciens se sont pardonnés pour que la vie du pays reprenne, et rien de plus.
Randriamiarisoa Joseph de la mouvance Zafy Albert de commenter qu’ils sont étonnés par le fait que certains cherchent à polémiquer sur les accords. Or les textes sont clairs, les mots biens pesés, toute autre interprétation n’est que volonté de créer des troubles dans le pays, troubles auxquels les malagasy cherchent à mettre fin.
Bref, les mouvances Zafy Albert et Didier Ratsiraka ont été plus que limpides ce mardi 11 août sur leur position. À beaucoup d’égards, on doit admettre que c’est la première fois que Emilson, ancien gouverneur de Fianarantsoa, Azali Ben Marofo, ancien ministre, Voninahitsy Jean Eugène, ancien vice président de l’Assemblée nationale, s’expriment directement et publiquement sur les affaires qui les ont touchées et qui ont conduit aujourd’hui à ces accords de Maputo. En fait, si pour les premiers la page est tournée, pour Voninahitsy, qui a pourtant été un des émissaires de Maputo, il reste encore de l’amertume qui ternit une certaine vision du futur.
Cependant, on peut penser que les esprits ne manqueront pas d’évoluer. Ainsi, l’un des hommes forts de l’arrivée d’Andry Rajoelina au pouvoir, le colonel André Ndrianarijaona, chef d’État-Major a exprimé sa satisfaction vis-à-vis des accords de Maputo, estimant que le fait que Marc Ravalomanana ne participe pas directement à la Transition levait les principaux risques de frustration.
Recueilli par Ben




