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Quel avenir pour l’e-commerce en Afrique ?

samedi 28 mars 2015

Du 24 mai au 5 juin 2015, se tiendra en Tunisie une conférence sur l’importance de l’internet pour faire des affaires en Afrique. L’Afrique et en particulier la région de l’Afrique centrale n’ont pas suffisamment tiré profit des possibilités qui leur sont offertes par l’Internet, notamment dans le commerce électronique et le business en ligne. Pourquoi l’Afrique est-elle toujours à la traîne dans le secteur de l’e-commerce ? Est-ce un problème d’insuffisance de législation régissant le secteur ? Est-ce un problème d’insuffisance des infrastructures ? Ou encore est-ce un problème des acteurs impliqués dans le secteur ?

Un rapport a été diffusé sur la chaîne de télévision « Africa 24 », le 6 mars 2015, au cours duquel le directeur du groupe « World Wide Worx », a attesté que la faiblesse des infrastructures reste un obstacle sérieux contribuant au retard du continent en matière d’e-commerce. Selon le directeur général de Jumia au Nigeria et la Sénégalaise Fatoumatou Bah, la distribution des équipements d’Internet reste tellement faible que ceux qui ont besoin de ces services pour participer activement au commerce électronique n’ont pas accès à ces installations. Selon Fatoumatou, le taux de pénétration d’internet (accès à internet) est seulement de 40% au Kenya. Dans l’ensemble de l’Afrique, le taux de pénétration ne dépasse pas les 7%.

La bureaucratie administrative a aussi généré beaucoup de corruption dans le secteur de l’e-commerce. La plupart des États africains n’offrent pas une protection constitutionnelle et législative suffisante aux investisseurs et aux consommateurs dans le secteur de l’e-commerce. Dans une telle configuration, il est difficile de garantir aux investisseurs que leurs intérêts soient protégés. Dans le même sens et dans l’éventualité de conflit d’intérêts entre les investisseurs et les consommateurs dans le secteur de l’e-commerce, il n’existe pas des règles et des mécanismes de protection et de prévention adéquats pour les deux parties.

Les États africains n’ont pas fait assez pour attirer les acteurs privés dans le secteur du commerce électronique. Mis à part des États comme l’Afrique du Sud qui accordent aux acteurs privés l’importance qu’ils méritent en tant qu’investisseurs et partenaires à part entière dans le commerce électronique, les acteurs privés dans d’autres États sont considérés plus comme des acteurs secondaires et triviaux, tandis que les gouvernements pléthoriques demeurent les principaux acteurs dans le secteur.

La Cybercriminalité reste un grand fléau dans le secteur e-commerce. Les fraudeurs continuent à développer des méthodes sophistiquées pour pirater les comptes et les transactions en ligne. Le continent doit encore se doter d’experts qualifiés qui peuvent aider les États dans la lutte contre les maux de la criminalité cybernétique, sécurisant ainsi les transactions en ligne, en particulier l’usage de cartes de crédit lors des paiements.

Il reste aussi le problème de l’accès à l’information pertinente sur le portefeuille des hommes d’affaires en ligne. Cela met les consommateurs dans une position délicate d’autant plus que la transparence reste un problème épineux. Avec de telles lacunes, il n’est pas étonnant que le commerce électronique reste timide sur le continent.

Les États africains doivent donc faire davantage d’efforts pour inciter les acteurs privés à venir investir dans le secteur de l’e-commerce. Il va sans dire que les États de la région d’Afrique centrale comme le Cameroun, le Tchad, la République centrafricaine et le Gabon sont à la traîne en matière de partenariats public-privé dans le secteur de l’e-commerce. Cette position est corroborée par le rapport Doing Business de 2014. Les États africains, en particulier ceux de la région d’Afrique centrale ont donc besoin de donner plus d’importance aux opérateurs privés comme étant les principaux acteurs et non des acteurs secondaires comme c’est encore le cas aujourd’hui. En outre, il est également indispensable de réduire la bureaucratie administrative, ce qui permettra certainement de lutter plus efficacement contre la corruption dans le secteur de l’e-commerce.

La plupart des États africains doivent également avoir une législation adéquate pour le secteur de l’e-commerce. Les constitutions des États en Afrique ainsi que la législation doivent être claires et prévisibles concernant les mesures de protection des consommateurs et des investisseurs dans le secteur de l’e-commerce. Avec une telle protection constitutionnelle et législative les intérêts des consommateurs et des investisseurs seront garantis. Ces protections constitutionnelles et législatives seront d’une grande utilité pour résoudre les problèmes de conflit d’intérêts entre les investisseurs et les consommateurs dans ce secteur.

Les États africains doivent aussi accorder plus d’attention à la formation des experts en cybercriminalité. Rajoutons qu’il est tout aussi important de former les forces de l’ordre, les agents administratifs, les magistrats et les avocats en matière de criminalité cybernétique. Cela permettra de lutter contre les maux de la criminalité cybernétique en fournissant des garde-fous pour sécuriser davantage les transactions en ligne.

Enfin, l’État doit aussi collaborer avec le secteur privé pour vérifier les informations en ligne à la fois des investisseurs et des consommateurs dans le secteur de l’e-commerce. Cela permettra de renforcer la transparence du secteur.

Bref, le développement de l’e-commerce exige de promouvoir la transparence et la confiance. Des exigences qui renvoient à la nécessité de réformes profondes et globales de l’environnement institutionnel dans lequel opèrent les parties prenantes aux échanges, en l’occurrence électroniques.

Chofor Che, analyste pour Audace Institut Afrique, le 27 mars 2015

Article publié en collaboration avec Libre Afrique www.libreafrique.org

1 commentaire

Vos commentaires

  • 29 mars 2015 à 01:08 | DIPLOMAT (#846)

    E. COMMERCE en Afrique ... quel programme !
    Avant de se lancer dans la vente en ligne , il faut une maturité économique.
    Cette maturité n’existant pas, la question ne se pose pas.
    Par ailleurs, la cybercriminalité évoqué plus haut montre parfaitement l’état d’esprit de ceux qui veulent sans aucun effort, abuser des commerçants occidentaux, qui investissent des millions d’€ ou de de $ pou être sur la toile.
    Ces crimes touchent les commerces et affectent le développement de sociétés en occident. En particulier dans le secteur des voyages, où les axes LIBERIA, COTE D’IVOIRE, NIGERIA, CAMEROUN, GUINEE sont devenus systématiquement rejetés lors d’achats de billets d’avion. Cette décision faisant suite aux trop nombreuses fraudes ayant entraînées plusieurs fermetures d’agences victimes de ces voyous.
    Les Africains ont un rapport à l’argent qui n’est pas intégrés leur culture. La notion de banque, de chèque, de gestion, d’economie leur est inconnue dans la grande majorité des familles. Le pouvoir d’achat demeure faible, et l’acheminement des commandes par la poste reste aléatoire. Imaginez l’aubaine de l’employé de la poste corrompu qui voit un colis dans lequel une commande d’appareil photo doit faire l’objet d’une livraison ??

    Non decidement le chemin à parcourir demeure bien trop long, tant les mentalités en Afrique, sont encore bien trop inadaptées.

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