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Editorial

Prière de ne pas rire

mercredi 16 janvier 2013 | Patrick A.

Au lendemain du renoncement de Marc Ravalomanana à se présenter aux élections présidentielles, mon éditorial précédent prédisait :


Sauf rebondissement inattendu, le coeur de la crise malgache aura donc duré 5 ans : 12 décembre 2007 - 12 décembre 2012.
(...)
Déjà ligoté par ses déclarations antérieures, Andry Rajoelina ne pourra sans doute que suivre les traces de Marc Ravalomanana et renoncer publiquement à une candidature dont il rêvait sans doute, mais qu’il n’a jamais pu annoncer.

La logique l’a donc finalement emportée. Tout indiquait qu’Andry Rajoelina n’avait plus d’autre choix rationnel que de se rallier à un scénario pour lequel la communauté internationale avait exprimé sa préférence dès 2009 lors des négociations du Hintsy, et qu’avait fini par embrasser un fort courant de l’opinion nationale. À moins d’être dans l’entourage immédiat des protagonistes, il était depuis belle lurette difficile de nier que ce scénario était la meilleure solution pour dépassionner un tant soit peu les débats et faciliter un climat serein pour les élections.

Si mon collègue Georges Rabehevitra avait facétieusement baptisé cette option TSZ3R (tout sauf Zafy, Ratsiraka, Ravalomanana ou Rajoelina), c’est sous l’appellation « Ni..., ni... » que la formule avait prospéré. Et la rédaction de ce site était plutôt convaincue il y a un mois que le plus difficile avait bel et bien été obtenu avec le désistement de Marc Ravalomanana, car celui-ci avait toujours semblé plus rétif que son rival sur ce point. Toute résistance semblait désormais futile : au cas où la perspective de sanctions financières contre Madagascar n’avait pas été suffisamment dissuasive, il aurait par exemple suffi à la Justice française de se déclarer compétente vis-à-vis d’une plainte déposée en France par un binational franco-malgache pour mettre Andry Rajoelina et ses proches dans un sérieux embarras.

Un scénario similaire avait pesé d’un certain poids du côté de l’Afrique du Sud vis-à-vis de Marc Ravalomanana ; en France même, la famille Obiang sent déjà le vent du boulet. Alors que les affaires suspectes semées par quatre ans de transition ne manquaient pas, comment envisager sérieusement de se lancer dans la course avec une telle hypothèque qui pèse sur la tête ?

Mais comme pour nous démontrer encore une fois que le pouvoir absolu a des effets hallucinogènes sur ceux qui l’exercent, au lieu de se plier à la froide rationalité, Ambohitsorohitra a choisi de nous donner quelques sueurs froides. Pour ceux qui en doutaient encore, la valse-hésitation fut une démonstration de la pathétique influence de son entourage sur Andry Rajoelina : d’un jour à l’autre, on entendit « la décision est déjà prise » et « la décision n’est pas encore prise ». Où étaient passés le culot et la détermination des premières années ? Et l’on entendit les éminences imaginer à haute voix toutes les dérobades possibles pour mettre de côté les propos d’Andry Rajoelina en 2009, en 2010 et tout récemment encore au lendemain de la rencontre des îles Desroches sur sa non-candidature au cas où...

Le discours d’hier évite à Andry Rajoelina de devoir recourir aux techniques de la chirurgie de réattribution sexuelle pour revenir sur son « tenin-dehilahy » de Mai 2010. Malgré l’élégance de son écriture, ce discours seul ne suffira pas à effacer l’impact désastreux qu’a eu cette valse-hésitation sur le camp Rajoelina. Celui-ci a été vu comme étant l’élément bloquant, alors qu’il aurait pu se positionner comme étant l’élément moteur de la solution de sortie de crise. Et toute candidature de substitution ne pourra alors être perçue que comme telle : un ersatz mis en avant dans la précipitation et l’improvisation [1].

Tout comme Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina a renoncé à être candidat, et non pas choisi de ne pas l’être. Difficile alors de ne pas pouffer de rire en l’entendant déclarer sur RFI que sa décision avait été inspirée par Mandela et de Gaulle : ces deux-là étaient bien plus convaincants à démontrer qu’ils maîtrisaient leur sort.

P.-S.

Au fait, bonne année... Je n’avais pas trop le coeur de le dire auparavant.

Notes

[1d’où sans doute la proposition également entendue hier de faire passer les élections législatives avant les présidentielles.

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