Le contexte de l’échéance du 29 février et le retour annoncé de Lalao Ravalomanana pour demain font dire à certains qu’il y aura de nouveau un bain de sang. Et sachant mon intrépidité à aller sur le front pour certaines manifestations, la lecture de mon titre fera dire à mes amis : toi, va falloir te trouver un garde de corps. Et pour ceux qui m’aiment bien, c’est le moment de dire : Nooon, citoyenne, on tient à toi ! (Alleeez, juste pour me faire plaisir !)
Oui chers amis, en ce moment et pour la bonne cause, je suis réellement prête à verser mon sang… mais… dans une banque de sang.
L’état de santé d’une relation familiale m’a amenée à fréquenter depuis quelques temps le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS), et tous les 4 mois, j’y laisse quelques centilitres de moi-même dans une poche en plastique.
Mais c’est en lisant, il y a quelques jours, un appel urgent à un don de sang largement relayé sur Facebook, que je me suis rappelée que nous passons souvent à côté de certaines solidarités de la vie. Jusqu’au jour où l’on est soi même confronté à un problème vital.
Selon les jours d’affluence, faire un don de sang vous coûtera tout de même dans les une à deux heures d’attente [1]. Ce qui vous donne un peu de temps pour réfléchir sur les choses essentielles de la vie du don de sang.
Je trouve que le don de sang c’est comme notre implication citoyenne : on ne s’y intéresse que lorsqu’il y a une crise, ou lorsque les intérêts de notre groupe sont menacés.
En cas de maladie d’un proche, on mobilise et se mobilise. Mais une fois l’opération passée, on ne se sent plus concernés. Lors des émeutes du 10 août 1991 et du 7 février 2009, les donneurs sont venus en nombre. Mais une fois les émeutes calmées, on ne se sent plus mobilisé.
Il y a bien des associations ou des sociétés qui organisent régulièrement un don collectif, à titre d’action citoyenne, mais il apparait que ce n’est pas suffisant. Le personnel de la banque de sang déplore qu’il n’y ait pas assez de donneurs pour faire face aux besoins actuels des hôpitaux. Les quelques articles que j’ai pu lire sur le sujet le confirment.
Donner son sang est une action citoyenne à part entière car elle contribue à la vie de la communauté. Ce n’est pas douloureux, une fois passée l’appréhension de la grosse aiguille qui pique, et on ne ressent aucun malaise après le prélèvement. La première fois, j’étais d’ailleurs choquée, qu’aucune des cellules de mon corps n’ait remarqué et manifesté contre l’absence de plusieurs de leurs amies globules.
Aujourd’hui, j’ai envie de lancer un appel à contribution. À défaut d’être pour l’instant une donneuse bénévole, je fais bénévolement la promotion. Le personnel de la banque de sang est très courtois. Une visite de pré-don sera effectuée avant le prélèvement. Une boisson chaude et un petit paquet de biscuit vous seront offerts après le prélèvement. En contrepartie, ils vous donnent votre groupage sanguin et les résultats d’un test VIH/SIDA, syphillis, hépatite B et hépatite C.
« La vie continue, grâce aux donneurs de sang » disait l’affiche qu’on peut voir au Centre National de Transfusion Sanguine. Pensez-y.




