Il est grand temps que les vrais dirigeants actuels de ce pays se réveillent. Le peuple ne veut pas et n’a jamais voulu se défaire d’une dictature, celle de Ravalomanana, pour être de nouveau sous la coupe d’une autre, celle de la communauté internationale. En effet, pour dire la vérité sans aucune fioriture, les exigences de cette communauté, à travers les accords conclus à Maputo le 8 août 2009, n’est plus ni moins que l’imposition de leurs conditions, lesquelles ne tiennent nullement compte des aspirations des millions de malgaches dont le mouvement sous la conduite de Andry Rajoelina a permis de renverser le régime tyrannique soi disant inamovible de Ravalomanana. Jugez-en plutôt.
Elle veut que des ex-présidents déjà reniés, pour ne pas dire « vomis » par la population reviennent à la conduite du pays au nom de prétendus consensualisme, inclusivité et autre multilatéralisme. Comme si Madagascar, un Etat souverain, ne peut prétendre à un gouvernement de son choix, avec des dirigeants mis à leurs places par la volonté de sa population. « Coup d’Etat » ou mouvement populaire, qu’importe la dénomination, l’essentiel est le respect de son choix.
Une aberration
Toujours au nom de ces concepts, le partage des sièges et la gestion de la transition devront être soumis à l’approbation de cette communauté internationale, « étrangère », faut-il encore le préciser, selon un calcul des plus simplistes : quatre (4) mouvances, 28 sièges, donc sept (7) sièges par mouvance. Une aberration de plus qui ne prend pas en compte la genèse du mouvement populaire qui a abouti à la démission de Ravalomanana et à l’avènement de la Haute autorité de la Transition (HAT).
Un bref rappel des évènements et du cours récent de l’histoire est peut-être de rigueur pour rafraîchir leur mémoire plutôt défaillante (ou sélective ?).
• 12 décembre 2007 : élection du jeune Andry Rajoelina à la mairie de la capitale. Le commencement de la fin pour Ravalomanana, le dictateur qui a régné durant 6 ans et dont le poulain, Hery Rafalimanana, a été massivement rejeté par Antananarivo.
Attaque en sournois et bâton dans les roues du nouvel édile de la Ville des Mille dans ses nouvelles fonctions, et ce durant presque toute l’année 2008 : coupure des éclairages publics pour cause de non paiement des dettes de la Commune urbaine d’Antananarivo auprès de la JIRAMA, déclassement de la capitale, et j’en passe.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été la fermeture de la station de télévision appartenant au jeune maire, le samedi 13 décembre, une heure seulement après la diffusion d’une déclaration de 45 mn de l’ancien président Didier Ratsiraka.
• 17 décembre 2008 : ultimatum lancé par Andry Rajoelina pour la réouverture de sa station ainsi que des autres stations audiovisuelles fermées par Ravalomanana.
• 14 janvier 2009 : date de l’expiration de l’ultimatum qui a été rejeté par le pouvoir en place, Andry R. invite tous les Malgaches attachés aux principes de démocratie et de liberté à se joindre à lui pour l’inauguration de « la place de la Démocratie ».
• Le 17 janvier 2009 : inauguration de « la place de la Démocratie » et naissance du mouvement « Orange » qui va aller en s’amplifiant sur la place du 13 mai et pour finir, va forcer Ravalomanana à démissionner, mettant le pouvoir entre les mains d’un Directoire militaire dans l’après-midi du 17 mars 2009, lequel Directoire l’offrira quelques heures plus tard à Andry Rajoelina, le futur président de la HAT.
Tout au long de ce résumé ; où et à quel moment sont intervenus d’une manière significative les dénommés Ratsiraka Didier et Zafy Albert ainsi que leur mouvance respective dans le « déboulonnement » de Ravalomanana de son piédestal de despote ainsi que dans la mise en place de l’autorité de transition pour que, le partage venu après les accords de Maputo, ils aient droit à un partage équitable des sièges dans le gouvernement de transition ?
Toujours dans le même ordre d’idée, sur quoi se base la communauté internationale pour vouloir imposer qu’on leur (la mouvance Ratsiraka D. et celle de Zafy A.) octroie à chacune un nombre de siège égal à celui de la mouvance Andry Rajoelina ?
Le comble de l’absurde est atteint lorsqu’elle (toujours cette communauté internationale) exige de passer en revue le CV des postulants. A croire qu’on est revenu aux temps des protectorats durant laquelle toutes les décisions et les nominations devaient avoir l’aval du pays colonisateur dont le rôle est joué en ce qui nous concerne actuellement par le GIC, l’UA, l’OIF…
Quand au cas de Ravalomanana et sa mouvance (nous allions dire, sa clique), leurs exactions et abus sont de trop fraîche date qu’il est inutile de les rappeler. Leur attribuer une quelconque attribution serait pure folie.
Opportunité à ne pas rater
Il est grand temps que la Transition, sous la houlette de son président actuelle, se remue et fasse preuve de plus de fermeté afin de rejeter toute forme d’imposition, d’où qu’elle soit.
Les accords de Maputo ne sont que des accords, des conventions. Ce ne sont nullement des lois dont la transgression est passible de condamnation devant les tribunaux. A titre d’exemple, qu’a subi Ravalomanana pour ne pas avoir respecté les accords de Dakar 1 et Dakar 2 ? Rien.
De même, 60 ans après la ratification « mondiale » de la convention de Genève qui définit des règles de protection des personnes en cas de conflit armé, notamment les soldats de certaines actions, les blessés et prisonniers de guerre, mais aussi les civils et leurs biens, de nombreux pays ne s’en soucient guère, sûrs de leur impunité car la transgression de ces accords ou conventions ne sont sanctionnées que par des blâmes et autres condamnations verbales.
Nous aimerions dire à l’actuel président de la Transition pour clore le débat, mais surtout pour la préservation de la dignité et de la souveraineté malgache d’oser faire le grand pas, celui de se défaire une bonne fois pour toute des emprises ou autres hégémonies qui nous ont toujours privé de notre libre choix. Profitons de l’opportunité qui se présente pour faire table rase de toutes les anciennes pratiques anti-démocratiques en faisant fi pour une fois de l’avis des « autres » en ne faisant qu’à notre tête. Une opportunité qui, peut-être, ne se présentera plus.
N. Randria







