Il n’y a pas que les questions d’amnistie et de retour de Ravalomanana dans les accords conclus à Maputo. Bien que la solution à la crise ait été trouvée et décidée par les chefs de file des quatre mouvances politiques et la communauté internationale (la SADC, l’Union Africaine, l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Organisation des Nations unies), il faut reconnaître qu’elle a valeur nationale et internationale d’une part et d’autre part, qu’elle embrasse tous les volets de la vie nationale malgache. Parmi les points forts des accords du 9 août 2009 à Maputo, on ne peut méconnaître l’instauration de la Transition inclusive et consensuelle qui doit être mise en place dans les 30 jours.
Les accords de Maputo ont en effet mis un terme à la IIIè République et à ses institutions. Le pays est donc durant 30 jours, sans « gouvernement » qui la gouverne. Les structures existantes ne peuvent qu’assurer les affaires courantes. Et à beaucoup d’égards la Haute Autorité de Transition (HAT) ne peut prendre des initiatives qui engagent la « réelle Transition » à élaborer ensemble. Dès lors il faut que les quatre mouvances travaillent d’arrache-pied pour que cette « réelle Transition » soit reconnue par tous, par les contribuables, par les entrepreneurs, par les hommes d’affaires et par les investisseurs, comme étant crédibles pour un espoir de vraie relance des activités et des programmes de développement.
La situation d’attente de ce dénouement politique n’a que trop duré. Il faut que cette « réelle Transition » assume convenablement sa mission première qui est d’assurer la continuité de l’Etat et le respect des engagements nationaux et internationaux. Ce qui signifie, à notre connaissance, rétablir les relations économiques et financiers et surtout la confiance envers les partenaires nationaux et internationaux. Car il faut dire que jusqu’à présent l’Etat n’a pu fonctionner que grâce aux entreprises locales et aux contribuables. Pour assurer la stabilité et encourager un climat de paix, il faudrait que les travailleurs retrouvent leur emploi et les « businessmen » leurs business.
Les structures et institutions qui administreront le pays doivent être animées et pourvues en ressources humaines issues non seulement des quatre mouvances politiques de Maputo mais aussi d’ailleurs. Ce ne sont pas les ressources humaines ni les bonnes volontés qui manquent au pays. Et c’est sans doute la raison pour laquelle les actuels dirigeants sont quelque peu inquiets pour leur poste et privilèges.
Personne n’est sans savoir que faire parti du staff d’un ministre, faire parti d’une instance dirigeante telle la HAT, ou avoir été désigné en raison de son appartenance politique est possible sans avoir les compétences requises, ni les qualités requises pour devenir DG ou directeur de ministère. Sans aller jusqu’à médire de nos « politiciens », on ne peut s’empêcher de craindre que la période de « transition » ne soit transformée en période d’enrichissement facile, rapide et sans preuve des « dirigeants » sur le dos de nos opérateurs et de nos contribuables. En tout cas la vigilance de la société civile doit être des plus actives.




