Les assises des magistrats entamaient leur deuxième journée ce 9 février ; elle a été consacrée essentiellement aux interventions de la société civile et aux auxiliaires de la justice. La Police nationale et la Gendarmerie nationale n’ont pas été de la partie, bien qu’elles aient été invitées selon le responsable de la communication de l’événement. Or, selon les magistrats, cette deuxième journée était très importante pour la simple raison qu’il s’agissait de recueillir les propositions de solutions de la part des entités impliquées dans l’instauration de l’état de droit et pour concrétiser l’indépendance du magistrat. À remarquer que la Police et la Gendarmerie ont été également absentes lors des séances de travaux préliminaires de ces assises.
L’ordre des avocats pour sa part a été très actif et a suggéré avec insistance qu’il faut de l’audace notamment de la part des magistrats et de leurs partenaires pour arrêter la corruption. Le bâtonnier Radson Solo a particulièrement mis le doigt sur des connexions entre des rabatteurs et des magistrats, mais aussi des avocats. Faut-il des preuves pour admettre que des magistrats sont corrompus, s’interroge-t-il ? En deux ans de fonction, poursuit-il, des magistrats disposent de véhicules 4x4 et de deux ou trois villas ; à moins d’avoir hérité d’un patrimoine conséquent ou gagné au loto, cela saute aux yeux, explique-t-il. En d’autres termes, il souhaite vivement que les magistrats décident de mettre fin à la corruption aussi rapidement qu’ils avaient décidé de la grève. La confiance entre les justiciables et les magistrats reviendra très vite s’il y a respect des partenaires et si des écriteaux sont affichés selon quoi le magistrat ne reçoit personne ni de pot de vin, conclut-il. Enfin l’ordre des avocats réclame que le Conseil supérieur de la magistrature s’ouvre aux avocats.
Recueilli par Bill




