L’affaire est rude. C’est l’impression qui prévaut quand on regarde et on écoute les dirigeants actuels depuis le séjour français du président de la Haute autorité de transition (HAT). On sent un manque de solidarité et de cohésion dans l’équipe.
Les ministres de la HAT en charge se tirent dans les pattes. Le ministre des Sports, Ramamonjisoa Virapin accuse son collègue de la Jeunesse, Serge Ranaivo, de débaucher ses collaborateurs. Les groupements spécialisés des Forces armées sont empêtrées dans des affaires qui ne sont pas prêtes d’être aplanies ou mises au clair.
La lutte en sourdine entre partis politiques de la mouvance Rajoelina commence à s’étaler au grand jour elle aussi. Et on parle de remaniement tandis que les campagnes avant la lettre pour les élections ne peuvent plus être cachées.
Gilbert Raharizatovo, ministre de la HAT en charge du Patrimoine, est toujours en tournée dans l’Est du pays. Il organise des rassemblements de son parti RPM et tout en expliquant la situation politique du pays, ne manque pas de persuader l’assistance de mesures nouvelles qu’il souhaite mettre en œuvre. Il suggère par exemple qu’il faut créer un ministère de la mer car le pays est une île et dispose de plus de 5000 km de côtes dont la totalité constitue des potentialités inexploitées. Il suggère aussi la création d’un ministère de la promotion des exportations et de remettre sur selle les cultures de rentes comme dans les années 60. Il veut faire du café, de la vanille, du girofle et du cacao, de la banane et autres, des grands produits pourvoyeurs de devises.
L’UDR elle aussi est déjà au stade de mise en place des bureaux régionaux en vue des élections. Les vice-présidents de la HAT sont déjà sur le terrain pour ce faire. Le bureau de l’UDR dans l’Alaotra Mangoro vient d’être installé. Les autres régions ne vont tarder à voir les leurs. L’autre plateforme politique, DEFI 2010, ne sera pas en reste. Et pendant ce temps, les grands partis qui avaient déjà participé aux précédentes présidentielles cogitent sur la manière de faire dans la mouvance Andry Rajoelina pour ne pas être absorbés par ces regroupements. C’est le cas du Leader Fanilo, du Tambatra, du RPSD Vaovao. Le MTS de Roland Ratsiraka continue quant à lui de travailler dans l’ombre, notamment dans la capitale.
Bref, les composantes de la mouvance Rajoelina se préparent déjà chacune dans leur coin à ces élections dont la nature et la date ne sont pas encore connues jusqu’à maintenant. Chacune de ces composantes a sa petite idée à ce propos mais ce qui fait l’unanimité en leur sein, c’est le refus d’un éventuel retour au pays de Marc Ravalomanana. Tous ont peur de lui et veulent à tout prix l’écarter des affaires nationales. Tous veulent l’éliminer politiquement du paysage pour qu’il ne se présente pas à la présidentielle.





