On aura décidément tout vu ces dernières années. La présence dans un cocktail d’Albert et Thérèse Zafy avait de quoi surprendre ce jeudi. L’ancien Président de la République et encore moins son épouse ne semblent guère friands d’un certain type de mondanité, et les voir assister au déjeuner-buffet offert par l’ambassade de France à l’occasion du 14 juillet symbolisait bien que l’événement ne s’apparentait nullement à l’ordinaire. Il n’y avait pas que la partie qui recevait qui avait mis les petits plats dans les grands.
L’ambassadeur Jean-Marc Châtaigner se félicite vraisemblablement d’avoir pu réunir autant de monde à la résidence de France. Les photos prises par notre reporter Ra Bens le montrent bien, l’occasion de circuler et d’échanger sans trop de formalisme n’a échappé à personne ; et les invités ont été suffisamment polis pour, pendant la cérémonie, ne planter aucun couteau dans le dos de leurs interlocuteurs.
Il reste à savoir si tout cela peut donner quelque chose. N’y avait-il là que propos légers et badins, voire hypocrisie, ou des messages de fond pouvaient-ils être émis et surtout reçus dans de telles circonstances ?
Il y a quand même de quoi s’atterrer de la situation de la politique à Madagascar en constatant que quasiment tous les journaux télévisés ont ouvert hier par la couverture d’un cocktail, comme si un tel événement était devenu aussi important qu’un sommet de Windhoek. Les acteurs politiques malgaches seraient-ils devenus tellement incapables de créer par eux-même des opportunités de se parler qu’il faille en passer par un étrange sefom-pokontany [1] du côté d’Ivandry ?
Compromis
« Le mieux est l’ennemi du bien » a dit l’ambassadeur de France hier. Il parlait de la feuille de route, mais la formule pourrait également s’appliquer aux rencontres d’hier. Faute de CNOSC ou de FFKM crédible, faisons donc du malgacho-malgache un verre à la main et une rondelle de saucisson dans l’autre ? On pourra trouver la coupe de champagne à moitié vide ou à moitié pleine, mais incontestablement, il ne devrait pas être impossible de faire un peu mieux.
Chacun a visiblement été obligé de mettre du sien hier, et ce ne sont pas les bizarreries qui ont manqué, culminant avec une ministre des affaires étrangères prenant la parole alors que son supérieur était également présent. On évitera de trop s’en formaliser, ou de considérer une telle prise de parole comme une reconnaissance formelle, et on tentera plutôt de voir dans ces étrangetés les nécessaires compromis. Qui devraient être à l’avenir à la charge des parties malgaches.







