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dimanche 25 septembre 2016
Antananarivo | 20h19
 

Infrastructure

Usine SUCOMA de Morondava

Pas moins de 50 millions de dollars pour sa reconstruction

lundi 12 septembre | Bill

« La réouverture de la SUCOMA nécessite pas moins 50 millions de dollars », selon le ministre de l’Industrie et la promotion du secteur privé lors de son séjour à Morondava en fin de semaine dernière. « Il est très facile et très rapide de détruire mais il est très onéreux et prend beaucoup de temps pour remettre sur pied et redémarrer cette unité industrielle dévastée en décembre 2014 » explique le ministre de l’Industrie tout en suppliant la population de Morondava de ne plus jamais récidiver. Il a cependant promis que la sucrerie sera de nouveau en marche, le gouvernement s’y met et est en train de trouver les solutions même si c’est ardu. Ce sont les propos tenus par ce membre du gouvernement dans le cadre de l’ouverture de la 2è édition de la foire Renala du Menabe qui s’est déroulée à Morondava. Le ministre a appelé les habitants de Morondava à ne plus verser dans des actes de vandalisme qui ont détruit l’unité industrielle et dont les conséquences sont encore enduré jusqu’à ce jour par aussi bien l’économie du pays que celle de la région. Le ministre n’a pas donné de date de réouverture de la SUCOMA.

Faut-il rappeler que la gestion de la SUCOMA a été confiée à une entreprise chinoise. En 2011 la SUCOMA a été victime de grève des gardiens qui ont revendiqué le paiement des heures supplémentaires. La SUCOMA a aussi subi la même année, des vols importants. 2000 mètres de câbles servant au fonctionnement d’appareils et de pivots indispensables à l’irrigation de 22ha de plantation de cannes à sucre, ont été interceptés avant la sortie d’usine selon la presse de l’époque. En 2014, l’unité industrielle a été confrontée à des manifestations qui ont dégénéré et se sont terminées par des actes de pillage, des blessés et des morts. Les motifs des manifestations, encore une fois sont les conditions de travail et les salaires. Mais le résultat est que 700 employés de l’unité industrielle sont réduits au chômage et les 2000 emplois périodiques ne sont plus qu’un rêve. Sans compter la perte en terme de production de sucre en raison de la fermeture de l’usine qui produisait en 2009, quelque 23 000 tonnes de sucre et près de 34 000 tonnes en 2011, une quantité toujours croissante. En tout cas, le problème est loin d’être résolu car la société chinoise avait réclamé des indemnisations de 80 millions d’euros.

33 commentaires

Vos commentaires

  • 12 septembre à 08:52 | harmelle (#5862)

    Madagascar , piste de danse où valsent les millions !
    Valse à 2 temps , un pour rentrer , un pour sortir.....o.O

    • 12 septembre à 10:14 | vatomena (#7547) répond à harmelle

      La guerre du Feu ? Quand ce n’est pas le Rova que l’on brule ,c’est l’Usine..ou la Foret !!___Le pays de la faim et des cendres
      60 ans de descente aux enfers

    • 12 septembre à 10:19 | Isandra (#7070) répond à harmelle

      Vous avez la mémoire courte, c’est plutôt, les colons qui avaient utilisé le feu pour mater les résistants,...

  • 12 septembre à 10:58 | rapa (#9695)

    Isandra cela ne vous fatigue pas d’avoir cette aigreur chronique...?Projetez vous vers l’avenir avec comme obsession de faire avancer le pays..Que de mettre les COLONS à toutes les sauces.. de mauvaises sauces d’ailleurs !!! à vous donner des AIGREURS...Ne trouvez vous pas que c’est une sacrée perte de temps ?

    • 12 septembre à 12:14 | vatomena (#7547) répond à rapa

      @Isandra__Si le feu pouvait détruire les bandes de dahalo,est ce que Hery le ferait ? Non !Tout comme Gallieni
      ,Savez vous,Gallieni et ses colons étaient porteurs d’une mystique qui venait de Sully ,un grand ministre de Henri 4,roi des français .«  »Labourage et paturage sont les deux mamelles de la France ".Dans son ambition de mise en valeur de Madagascar,Galliéni et ses colons ne pensaient pas autrement pour Madagascar .. Ils avaient rude tache . La latérite malgache n’étant pas aussi meuble que le sol de la Beauce

  • 12 septembre à 11:32 | Behantra (#9165)

    La societé chinoise réclame 80 MILLIONS d’euros !!!

    Je serai bien curieux de savoir ce que fera Rajao pour rembourser ces 80 millions d’euros (300 milliards ariary) ??

    • 12 septembre à 12:37 | vatomena (#7547) répond à Behantra

      PS —@ Isandra
      Revoyez votre livre d’Histoire .—Apres la prise de Tanananarive ,le général Voyron n’a pas mis la ville à feu et à sang .Et lisez comment l’« incendiaire » général Gallieni fut accueilli à son retour d’un voyage de découverte de l’Ile :

      «  »Le résident général, le général Joseph Gallieni rentre de son inspection des côtes malgaches à Antananarivo, le 10 juillet. Salué par les troupes à coups de canon et par les autorités malgaches avec de beaux discours officiels, tous lui font une réception très réussie. « Celle qui convenait au représentant de la France », cite un chroniqueur, le correspondant du Bulletin du Comité de solidarité.
      Mais ce qui surprend surtout les vieux colons, c’est la « manifestation spontanée » de l’enthousiasme populaire. « Le général Gallieni a été reçu par les Malgaches comme l’aurait été Ranavalona rentrant dans sa bonne ville. » Non seulement les maisons sont pavoisées, mais la population se presse le long du parcours- « jusque sur les toits »- et bat des mains en cadence comme on doit le faire conformément au cérémonial sur le passage du souverain.
      « Le fait le plus curieux est que plusieurs kilomètres avant d’arriver à Tananarive, des femmes accouraient des villages voisins et jetaient des bouquets au général ; amabilité bien méritoire car dans l’Imerina, la moindre giroflée ne consent à pousser que si on lui consacre des soins maternels (…) Il est difficile d’attribuer ces démonstrations à la crainte seule. »
      Effectivement, sur l’itinéraire suivi par le Général, des arcs de triomphe en bananiers sont dressés, réunis par des banderoles portant la même inscription : « Au général Gallieni le peuple malgache reconnaissant. »

      Au fait sait on aujourd’hui QUI a mis le feu au Rova ,Qui a volé la couronne de la Reine .
      Est ce quelq’un de chez vous ?

  • 12 septembre à 11:37 | RAMBO (#7290)

    @ Isandra
    Le cas de l’autoproclamé Saint et Merina est désespéré...je trouve la solution...comme il n’a rien de sein mais plutôt malin et comme il se dit de nul part alors je vais le rebâptiser JO LE MALIN...il est donc d’origine bretonne comme son maître Vazaha be d’où le particule « LE » il n’est pas saint il se dit lui-même agnostique comme son maître alors il est MALIN donc il sera à partir de maintenant JO LE MALIN cousin de Joany Maria Le Pen et Mathieu Le Canulard et Marc Le Vilain et Luc Le Grossier...ce sont tous des faux prophètes et des faux seins et des faux Merina comme lui.

    • 12 septembre à 11:58 | Saint-Jo (#8511) répond à RAMBO

      Super ! Bravo , RAMBO le faux merina ! ça c’est un post de très haut niveau !
      Je vous encourage à multiplier les posts de ce genre .

  • 12 septembre à 12:00 | Behantra (#9165)

    J’invite les forumistes à faire un tour chez Madagate et de lire l’article : .. grave danger pour les proprietaires en bord de route .. hallucinant !!!!!

  • 12 septembre à 13:04 | Vohitra (#7654)

    Bonjour à tous,

    Ce sont les conditions inhumaines, insultes et non-respects des contrats de travail par les chinois qui ont provoqué la colère des employés, sans parler du détournement des cours d’eau du canal de Dabara par ces chinois entraînant l’assèchement des rizières environnantes.

    Qu’ils se débrouillent pour remettre en marche cette société, autrement, qu’ils rentrent chez eux !

    • 12 septembre à 13:35 | Saint-Jo (#8511) répond à Vohitra

      Bonjour , vohitra !
      L’hydrolique est une chose vitale pour nous, les Gasy.
      Et elle l’est encore plus parce que le plant qui produit la base de notre alimentation , le riz , ne pousse que les pieds dans l’eau .
      J’ai évoqué sur ce lieu , il y a quelques temps , mes craintes sur les dégâts que ces exploitations aurifères industrielles sont susceptibles de causer très gravement à notre environnement proche et même jusque loin en aval de ces sites .
      Et le foza très cupide RAMBO , un fana de Rajao-la-terreur , a écrit que le pouvoir est à 100% , donc sans la moindre réserve , pour la continuation de ces exploitations aurifères , et que lui-même , le faux Merina RAMBO , allait s’approprier un terrain à Soamahamanina pour se faire des sous avec l’or que l’on y extraira .
      Ce à quoi je répondis qu’à l’or sorti par n’importe quel moyen des mines , sans soucis des éventuelles conséquences pour les populations actuelles et leurs descendants , je préfère de très loin l’or vert qui nous procure et nous procurera toujours notre nourriture .
      Mais ce genre de réflexion est totalement en-dehors d’un esprit foza .

    • 12 septembre à 13:50 | Vohitra (#7654) répond à Vohitra

      saint- jo,

      Dans le Fokontany Fiakarana, Commune Anosiala, District Ambohidratrimo, il y a une carrière exploitée par les chinois pour y extraire des matériaux nécessaires aux divers projets présidentiels : les habitations villageoises ont subies de nombreuses fissures dues aux explosions de dynamites, les sources d’eau pour l’alimentation ne sont plus qu’un amoncellement de boues, les rizières an aval étaient ensablés totalement.

      Est-ce que le partenariat public-privé signifie lutte contre les pauvres ?

    • 12 septembre à 14:04 | Saint-Jo (#8511) répond à Vohitra

      « Dans le Fokontany Fiakarana, Commune Anosiala, District Ambohidratrimo » , dîtes-vous !
      Même dans le cas où cela se passerait dans une région autre qu’Ambohidratrimo , c’est très grave ce que vous dîtes là !
      Ce n’est pas RAMBO le foza de Rajao-ex-la-terreur qui se prétend Marovatana qui s’alarmerait pour ça !
      Mais l’info sera transmise aux vrais Marovatana .

    • 12 septembre à 19:57 | Saint-Jo (#8511) répond à Vohitra

      Ha-ha-ha !
      Le couillon de RAMBO croirait-il que je parlai d’hydraulique sous l’emprise d’un verre d’hydromel ?
      Par contre , un con reste un con !

    • 12 septembre à 20:02 | J RASOLO (#3453) répond à Vohitra

      @ Saint-Jo

      Information bien reçue ! je connais très bien cette carrière, puisque notre caveau familial se trouve dans le coin, ... ce qui n’est pas le cas apparemment de l’autre Marovatana auto-proclamé !

    • 12 septembre à 20:12 | takaka (#8449) répond à Vohitra

      Vohitra, vous n’avez rien compris. Les Chinois n’ont rien à voir là dedans. Ce sont les responsables de Morondava et surtout la Radio FM d’un député d’ascendance Karana qui sont les responsables de ce vandalisme. Le tout parrainé par le PM de cette période.
      On a volé 5000 t de sucre. Il faut des camions pour transporter pendant quelques jours 100 000 sacs de sucre. Et ce sont des gros bonnets du MENABE qui ont volé : depiote, miarami..., etc.
      Puis on a volé tous les matériels de l’usine.
      Et SUCOMA faisait vivre des milliers de personnes de Morondava et de ses environs.
      Depuis c’est l’insécurité totale à Morondava sauf du côté d’Anosikely, la zone touristique plein d’hôtels.
      Le but de ces responsables est de faire couler la SUCOMA pour accaparer ses terres arables.
      MENABE est un cimetière de projet.

  • 12 septembre à 14:44 | Vohitra (#7654)

    Saint-Jo,

    celui qui prétend être un fils du Marovatana n’aura pas du mal à localiser le lieu, c’est à quelques centaines de mètre du tombeau familial des Rabarona, oui, Les Surfs, vous vous rappelez ?

    • 12 septembre à 19:36 | RAMBO (#7290) répond à Vohitra

      12 septembre à 13:35 | Saint-Jo (#8511) répond à Vohitra ^
      Bonjour , vohitra !
      L’hydrolique est une chose vitale pour nous, les Gasy

      Je conseille à Jo Le Malin de prendre un peu de recul au bord de lAtlantique ...son cerveau rabougri à cause de sa sénilité commence à dérailler...lui qui prétend être excellent en Breton et qui ne commet jamais une faute en Français. Comme il aime faire je ne corrige pas je le laisse patauger c’est à lui de reconnaître sa misère...
      A force d’être 24/24 devant MT.com ...c’est la démence ,l’obsession Rambonique et j’en passe qui lui prend le dessus...faute de frappe ou intentionnelle ? il faut qu’il se repente de ses erreurs...c’est la seule aide que je peux lui apporter ?
      ....il pense à son boisson préférée l’hydromel...hi hi hi

    • 12 septembre à 20:00 | Saint-Jo (#8511) répond à Vohitra

      Ha-ha-ha !
      Le couillon de RAMBO croirait-il que je parlai d’hydraulique sous l’emprise d’un verre d’hydromel ?
      Par contre , un con reste un con.

    • 12 septembre à 20:24 | Saint-Jo (#8511) répond à Vohitra

      Le faux andriana RAMBO aurait pu économiser un des 4 exemplaires de son dernier post pour nous dire
      . qui était le personnage historique Razakanavalondambo,
      dont l’absence sur l’arbre généalogique du prétendu héritier d’un trône inexistant
      et que RAMBO revendique être son ami ,
      est reconnue par le vantard RAMBO lui-même ?

      Hé RAMBO , qui était ce Razakanavalondambo ?
      La réponse ne se trouve pas sur un correcteur d’orthographe ?
      Ni sur Wikipédia ?

  • 12 septembre à 16:15 | betoko (#413)

    Une chose m’étonne pour quoi les chinois ne respectent jamais les codes du travail d’un pays et ne respectent personne en Afrique ?

    • 12 septembre à 16:49 | Saint-Jo (#8511) répond à betoko

      Ce qui m’étonne , moi , c’est : pourquoi betoko dit tout et son contraire ?

  • 12 septembre à 18:29 | Isambilo (#4541)

    Ces Chinois n’ont pas souscrit une assurance ?
    Si ce que Vohitra dit est juste (et je n’en doute pas, parce que les Chinois font la même chose chez eux), ils ont toujours leurs yeux pour pleurer ou achetez un juge pour gagner un procès. Mais comme les « coupables » n’ont pas d’argent, les Chinois peuvent toujours attendre. Ce sont des prédateurs, les pires depuis des siècles. Il n’y a que les Japonais qui sont plus sauvages, comme les Chinois l’ont appris.

  • 12 septembre à 19:07 | mandrozeza (#5123)

    Je réagis à l’article et non à Isambila, aussi je réitère l’envoi.

    Faut-il vraiment reconstruire ? La question se pose car il y a eu des erreurs dans ce projet. La plus spectaculaire est le pompage de l’eau d’irrigation dans la nappe pour les pivots non alimentés depuis le canal Dabara.
    La nappe était entre 4 à 8 m de profondeur avant l’implantation des pivots. Avec l’irrigation, elle est descendue. Le poids de la nappe a diminué en conséquence. Etant donnée la distance à la mer, c’est la nappe salée qui finit par progresser à l’intérieur des terres.
    Irriguer de la canne dans un climat semi-aride, est-ce vraiment intelligent ?
    Le seul aspect positif a été un développement spectaculaire de Morondava dans les années 80 à 90.
    Il faut je crois réévaluer le périmètre, sans doute le diminuer en surface. L’usine devrait sans doute être rétrécie et surtout avoir une meilleure efficience énergétique. mais il n’est pas sûr que les chinois de Morondava se soucient des gaz à effet de serre. Ils n’ont sans doute jamais appris qu’une usine de canne pouvait fonctionner de façon autonome en énergie. Et donc ils faisaient tourner l’usine avec du pétrole bien noir.

    • 12 septembre à 20:20 | takaka (#8449) répond à mandrozeza

      Socialement si on ne reconstruit pas, c’est fini pour Morondava.
      Économiquement si on n’investit pas les sommes voulues, c’est une décroissance en terme d’agroalimentaire pour Dago.
      Cette technologie des pivots a été bien étudié géologiquement. Morondava est un bassin versant. Ceci signifie que le niveau de cette nappe phréatique varie selon la saison. Elle est comblée rapidement en saison des pluies. Si vous faîtes Morondava - Belo sur Tsiribihina durant les saisons des pluies en logeant les plantations, vous allez comprendre ce phénomène de visu. Mais il faut conduire un LandRover ou un Unimog ou....

  • 12 septembre à 20:33 | Vohitra (#7654)

    Takaka,

    renseignez-vous bien d’abord !
    il y avait eu avant plusieurs mois de grèves, de nombreux cas réels de non-respect des droits des employés avaient été soulevés.

    Bien à vous

    • 12 septembre à 21:54 | takaka (#8449) répond à Vohitra

      Je passe la majorité de ma vie dans cette région. Les journaleux donnent des versions les plus débiles.
      Et j’étais un sous-traitant de SUCOMA. Vous ne saisissez même pas les tenants et aboutissants de ce vandalisme gratuit.
      Ils ont même accusé un certain Haja RESAMPA qui se trouvait à l’Ile Maurice depuis quelques mois.
      Et la SIRANALA devenu SUCOMA n’aurait jamais survécu sans les Chinois.

  • 13 septembre à 12:43 | papangue (#9623)

    Hi all,

    @vatomena

    Notez que c’est un descendant de colons qui vous écrit !

    Chacun ses livres d’histoire, apparemment le vôtre c’est le parfait petit colonialiste, qui date du XIXe.

    C’est quoi la colonisation ?

    La France en Afrique, Par Jean-Paul GOUREVITCH
    La colonisation a pour but de s’enrichir sans scrupule et avec dédisions notre peuple aux dépend des d’autres peuples plus faibles. Carl Peter
    Léon Blum à la Chambre, le 10 juin 1927 : « Nous n’admettons pas qu’il existe un droit de conquête, un droit de premier occupant au profit des nations européennes sur les peuples qui n’ont pas la chance d’être de race blanche ou de religion chrétienne. »

    Qu’a fait Galliéni à Madagascar ?
    La pacification est la période pendant laquelle le général Gallieni rétablit la paix à Madagascar. Pour cela il utilise différentes méthodes :
    • Politique de la terre brûlée : pour obliger la population à se soumettre, on détruit leurs cultures et leurs villages.
    • Politique des races : il faut abattre la domination merina de l’époque.
    • Politique « diviser pour mieux régner » : il faut séparer les Malgaches pour créer une confusion.
    • Politique de la tâche d’huile : pacifier d’abord le centre et seulement après les autres régions pour arriver à tout Madagascar.
    Cette pacification s’accompagne d’exécutions des chefs de mouvements de révolte pour terroriser la population. Les postes militaires ont été créés pour mieux contrôler la population.

    Pour y arriver :

    D’emblée, Galliéni instaure le travail forcé, arrête et fait déporter la reine, et surtout réprime la résistance malgache à l’occupation française avec une brutalité inouïe : en 8 ans, 500 000 Malgaches sont tués, sur une population de 3 millions. Certains historiens parlent de 700 000 morts.
    Plus tard, en ricanant, Galliéni reconnaîtra avoir eu « la main un peu lourde ».

    Galliéni, raciste invétéré, fait établir une cartographie des « races » pour diviser et organiser le territoire.

    Massacre du roi Toera ,

    Au milieu de la nuit, les troupes se mirent en marche ; elles avancèrent inaperçues à travers les bois et les taillis épais qui précèdent Ambike, et l’investirent en silence ; l’artillerie occupa une position d’où elle pouvait, le cas échéant, le foudroyer. Au point du jour, par six côtés à la fois, on entre dans la ville endormie, les Sénégalais se ruent dans les maisons, le massacre commence. Surprise sans défiance, sans moyen de résister, la population entière est passée au fil des baïonnettes.

    Pendant une heure, ceux qui n’avaient pas été tués du premier coup cherchent à fuir ; traqués par nos compagnies noires, on les voit, vêtus de leur sang ruisselant des blessures fraîches, courir affolés, atteints et frappés de nouveau, trébuchant sur les corps de leurs camarades, ou allant donner contre les armes impitoyables des réserves postées aux issues. Le roi Touère, les personnages de marque, tous les habitants tombèrent sous les coups des mitrailleurs dans cette matinée ; les tirailleurs n’avaient ordre de tuer que les hommes, mais on ne les retint pas : enivrés de l’odeur du sang, ils n’épargnèrent pas une femme, pas un enfant. Les domestiques et les porteurs de M.Samat, confondus parmi les habitants, partagèrent leur sort. Quand il fit grand jour, la ville n’était plus qu’un affreux charnier dans le dédale duquel s’égaraient les Français, fatigués d’avoir tant frappé.

    Ces violences doivent néanmoins trouver leur contrepartie dans l’esprit même du ministre des colonies André Lebon, qui écrit à Gallieni :
    « L’incendie des villages, les rigueurs exercées en masse contre des populations… ; à moins que les nécessités des opérations militaires ou des circonstances spéciales n’y obligent nos troupes, sont à éviter, en dehors de toutes les considérations d’humanité qui s’imposent, si nous voulons utiliser notre conquête. La mise en valeur de ce pays, qui a déjà tant coûté à la France, ne peut être retardée. »
    Dénonciantion des violences
    Paul Vigné d’Octon, médecin, homme politique et écrivain, publie une série d’articles qui dénonce avec violence les excès de l’armée d’occupation de Madagascar. Puis, en 1900, il publie son fameux livre La Gloire du sabre qui fera polémique. Dans leur livre Les Anticolonialistes, les auteurs Jean-Pierre Biondi et Gilles Morin citent deux éditorialistes de la Politique Coloniale, Lamy et Carol qui dénonce le régime de l’administration militaire de Madagascar.

    HItohy

  • 13 septembre à 12:44 | papangue (#9623)

    @vatomena

    Galliéni suite

    Nombre de morts sous Galliéni
    Sources :
    La Compagnie des Indes Galantes, Par Vincent DUBOIS
    Au total la répression qu’il mène cotre le peuple malgache fera antre 100 000 et 700 000 morts pour une population de 3 millions d’habitants.
    Riandriana RAVELONJATOVO dans MADAGASCAR : L’APPRENTISSAGE DE L’INDEPENDANCE

    En huit ans de proconsulat, GALLIENI pacifie la grande île, procédant à sa colonisation. Au total, la répression qu’il mène contre la résistance du peuple malgache à sa colonisation fera entre 100 000 et 700 000 morts pour une population de 3 millions.

    Stephen Ellis L’insurrection des menalamba.Une révolte à Madagascar (1895-1898) :
    Rien que l’insurrection Menalamba fera enre 50000 et 100 000 victimes malagasy

    La chute
    Lors de la construction de la route de Tananarive-Tamatave (355 km), des colons écrivent même à Gallieni pour lui dire que ça suffit, qu’il est en train de leur prendre leur main-d’œuvre pour travailler les champs et dénoncer aussi la « fréquence vraiment inquiétante » des « actes d’arbitraire dont chaque jour, colons et Malgaches ont à se plaindre.

    L’indigène est arrêté, emprisonné pendant des mois sans jugement, sans interrogatoire ; et cela avec d’autant moins de ménagements que le détenu est toujours utilisé comme main d’œuvre économique. »
    C’est une marche forcée vers la modernité européenne. La construction du chemin de fer et de son réseau de 1901 à 1936 sera aussi marquée par les mêmes maux, la même violence et les mêmes morts.

    Ce sera une des racines du soulèvement de 1947. En 1904, une insurrection éclate dans le Sud-Est du pays, les populations se soulèvent contre la violence et la brutalité des militaires. Cela vaudra le rappel de Gallieni en France.

    • 13 septembre à 19:24 | takaka (#8449) répond à papangue

      SVP Papangue. Pouvez-vous nous donner plus de détails sur cette épisode du Roi Toera : le narrateur, les dates, les événements, etc, toutes les anecdotes. Je suis très intéressé par cette partie d’histoire du royaume Sakalava du Menabe au Nord de la Tsiribihina. J’ai entendu plusieurs versions. Je vous en suis très reconnaissant. Merci.

  • 14 septembre à 11:36 | papangue (#9623)

    Bonjour takaka

    Narrateur :Olivier Favier, historien et traducteur

    Olivier Favier, né en 1972, est historien de formation, traducteur et interprète de l’italien, reporter indépendant. En 2010, il a créé le site www.dormirajamais.org pour ne pas avoir à choisir entre toutes les choses qui le tiennent réveillé : des passions, des colères, des rencontres et des émerveillements.

    Le massacre d’Ambiky
    Voici un exctrait du lien dormirajamais.org/ambiky qui cite Paul Vigné d’Octon.

    Paul Vigné d’Octon
    Médecin, homme politique et écrivain, publie une série d’articles qui dénonce avec violence les excès de l’armée d’occupation de Madagascar. Puis, en 1900, il publie son fameux livre La Gloire du sabre qui fera polémique.

    Le « fait d’armes » ici rapporté est daté du 30 août 1897. Le commandant Gérard, un des adjoints du gouverneur de Madagascar Joseph Gallieni, qu’il a suivi depuis le Tonkin, commet ce jour-là un massacre d’une ampleur comparable aux exactions de la colonne Voulet-Chanoine, deux ans plus tard.
    L’écrivain et député Paul Vigné d’Octon dénonce la tuerie à la Chambre, ce qui ne nuira en rien à la carrière d’un officier qui devient général de division en 1912 et Grand Croix de la Légion d’honneur en 1917

    Extrait du site www.dormirajamais.org/ambiky
    (...)
    Après avoir rendu 500 sagaies et 150 fusils à pierres, les chefs sakalaves durent venir baiser les pieds du chef français. Puis les 400 femmes, tenant chacune à la main une orange, s’approchèrent en longue théorie, firent une génuflexion -gracieuse, dit le narrateur- et une à une déposèrent les oranges devant le commandant. Dans cette offrande, ajoute le narrateur devenu ironique, dans l’offrande de ce fruit qui pousse spontanément, il faut voir le symbole du maximum d’efforts dont le Sakalave paresseux est susceptible. Alors les discours se font entendre : le commandant Gérard proclame que « depuis l’exile de la reine Rànavàlo, les Français sont maîtres de Madagascar et protecteurs de tous les peuples »(2) Il désigne le chef qu’il impose aux Sakalaves du Bétsirire, et ordonne de lui jurer fidélité. Une pièce d’or est jetée dans un bassin plein d’eau, et une belle sagaie plongée dans le bassin, la pointe portant sur
    […]
    Au milieu de la nuit, les troupes se mirent en marche ; elles avancèrent inaperçues à travers les bois et les taillis épais qui précèdent Ambike, et l’investirent en silence ; l’artillerie occupa une position d’où elle pouvait, le cas échéant, le foudroyer. Au point du jour, par six côtés à la fois, on entre dans la ville endormie, les Sénégalais se ruent dans les maisons, le massacre commence. Surprise sans défiance, sans moyen de résister, la population entière est passée au fil des baïonnettes. Pendant une heure, ceux qui n’avaient pas été tués du premier coup cherchent à fuir ; traqués par nos compagnies noires, on les voit, vêtus de leur sang ruisselant des blessures fraîches, courir affolés, atteints et frappés de nouveau, trébuchant sur les corps de leurs camarades, ou allant donner contre les armes impitoyables des réserves postées aux issues. Le roi Touère, les personnages de marque, tous les habitants tombèrent sous les coups des mitrailleurs dans cette matinée ; les tirailleurs n’avaient ordre de tuer que les hommes, mais on ne les retint pas : enivrés de l’odeur du sang, ils n’épargnèrent pas une femme, pas un enfant.

    Quand il fit grand jour, la ville n’était plus qu’un affreux charnier dans le dédale duquel s’égaraient les Français, fatigués d’avoir tant frappé. Un certain nombre d’entre eux se sentaient étouffer de honte ; c’étaient les marins de la Surprise, coauteurs malgré eux du meurtre de leurs hôtes de la veille, et quelques officiers et soldats des troupes, habitués à la guerre cruelle, inégaux cependant au rôle qu’on venait de leur imposer.
    Une boue rouge couvrait le sol. À la fin de l’après-midi, sous l’action de la chaleur, un petit brouillard s’éleva : c’était le sang des 5000 victimes, l’ombre de la ville qui s’évaporait au soleil couchant. Quand les ténèbres du soir furent tombées, des gémissements, exhalés des lèvres des rares blessés qu’on avait mal achevés, sortirent de dessous les tas de cadavres ; un Français, croyant suffisante l’exécution déjà accomplie, demanda l’autorisation de secourir ceux qui vivaient encore ; il ne l’obtint pas, et les derniers moururent dans la nuit.

    Le nombre des victimes, évalués à 5000 par les uns, fut de 2500 pour les autres. Les rapports publiés l’ont voilé avec soin. La Gazette officielle dit seulement : « Le roi Touère, son ministre et deux chefs ont été tués pendant le combat. » ; il ne fallait pas que l’affaire, où nous-mêmes n’avions pas perdu un seul homme, parût excéder l’importance d’un engagement quelconque avec des rebelles. La Gazette ajoutait : « Cinq cents prisonniers sont tombés entre nos mains » ; la vérité est que pas un indigène n’en est sorti vivant.

    In La Gloire du sabre, Paris,
    Société d’éditions littéraires et scientifiques, 1900.

    • 14 septembre à 21:44 | takaka (#8449) répond à papangue

      Merci beaucoup papangue. C’est pour une recherche anthropologique sur les Sakalava du Menabe faite par une étudiante doctorante dont je suis le guide assistant. Bénévole bien sûr !
      Je pense qu’il faut faire une biblio à Paris.

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