Le refus des propositions de la Troïka signifie à beaucoup d’égards que les parties gouvernementales malgaches tournent le dos à la médiation de la SADC. La tentative de rapprochement avec les trois mouvances politiques n’aurait donc été que manœuvre fallacieuse car la « bande des six » a finalement rejoint son camp d’origine, la mouvance Andry Rajoelina ou la mouvance gouvernementale. La convention du palais du Sénat à Analamahitsy a été rangée aux oubliettes, quoi qu’ait pu dire la « bande des six » selon laquelle les discussions de rapprochement avec les trois mouvances n’étaient pas rompues et devraient continuer.
En tout cas, du point de vue d’une partie de l’opinion publique en général, les politiciens de la « bande des six » n’honorent guère la politique et les hommes politiques. Ils sont versatiles et véreux, affamés de sièges. Beaucoup parmi eux n’observent aucun principe ni idéologie et encore moins d’éthique. Ils sont prêts à constituer n’importe quel front pour préserver leurs privilèges et pour assurer un avenir gouvernemental à leur carrière politique sans parler de leurs business. Des observateurs se souviennent de la manière de faire pour constituer le FNDR lors des années révolutionnaires, excluant tous ceux qui ne se soumettaient pas à la même vision et ne jouaient pas le même refrain que le chef suprême de la Révolution.
Quoi qu’il en soit, la communauté internationale et en particulier les Africains parmi lesquels beaucoup désavouent la médiation ne sont pas dupes. Ils savent, comme quiconque ne se voile pas la face, que la « majorité » que le pouvoir en place et les politiciens brandissent n’est que le fractionnement de la mouvance Andry Rajoelina, mouvance à laquelle ont été greffés quelques dissidents ou les fruits de la débauche des autres mouvances. Aux yeux des observateurs internationaux, ce constat ne dégage pas une réelle majorité et ne donne pas l’impression qu’il y ait changement ni intégration des trois mouvances politiques au processus de sortie de crise. Cet attelage n’est qu’une majorité factice et ne résout pas de manière durable l’impasse politique ; au contraire car en mettant sur la touche les autres, cette « sortie de crise » nourrit une opposition que rejoindront tôt ou tard les frustrés de la gouvernance et ceux qui se sentiront lésés dans le partage du gâteau de la transition ou les vaincus lors des élections prochaines.







