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dimanche 24 septembre 2017
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Editorial

Pardon

mardi 7 février | Lalaina Chuk Hen Shun

Le 27 janvier 2017, la Haute Cour Constitutionnelle rendait sa décision concernant la loi n°2016-037 relative à la Réconciliation nationale. En bref, la haute juridiction valide l’ensemble en émettant quelques réserves concernant des imprécisions qui pourraient ouvrir la porte à des applications impropres dudit texte. Par ailleurs, elle remet à sa place le Conseil du Fampihavanana Malagasy qui se voyait déjà se voir consacré au rang d’institution de l’État. Ce à quoi la Cour a dit « Niet ! », en précisant que, par l’article 40 de la Constitution, ce rang lui était réservé ainsi qu’au Président de la République et au Gouvernement et, à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Mais concrètement, de quoi parle ce texte ?

À l’inverse de ce que le tintamarre l’entourant suggère, la loi est assez inintéressante car ne concerne que peu la Nation. En se qualifiant de texte relatif à la Réconciliation Nationale, la loi 2016-037 se mal nomme et nous induit en erreur. Si la partie de l’exposé des motifs de la loi posant un diagnostic de la situation de la cohésion nationale semble assez juste, l’autre offrant les solutions, développées dans le texte lui-même, répond à d’autres problèmes qui se limitent à la seule sphère politicienne. C’est comme si on appelait les pompiers pour un immeuble en feu en leur donnant comme seule mission d’éteindre le feu du dernier étage.

Pour les plus courageux, rien de mieux que de vous faire une idée par vous-même en lisant le texte. Pour les autres qui me croient sur parole par confiance ou par paresse, en version courte, la loi dit ce qu’est le Conseil du Fampihavanana Malagasy et définit sa mission. Et c’est à la découverte de cette dernière qu’on constate que selon nos législateurs, la Nation se résume aux acteurs politiques. Ça parle d’amnistie, d’indemnisation, de réparation, et de mièvreries telles que vérité, pardon et autres concepts qu’un de mes anciens profs qualifierait de tarte à la crème. Bien qu’il soit indiscutable que ceux qui méritent d’être indemnisés doivent l’être, et que le doute sur l’impartialité de la justice sur les questions touchant les troubles politiques peut éventuellement justifier que soient remises en cause les condamnations prononcées à l’encontre des uns et des autres, le pardon semble ne reposer sur rien d’autre qu’un échange d’absolutions entre coquins. Et nous, victimes des luttes mais spectateurs de la réconciliation, les regardons se pardonner entre eux.

Il ne s’agit aucunement d’une réconciliation nationale. Effectivement, la solution offerte ne répond à aucune scission de la Nation, au mieux, elle répond à une querelle entre acteurs politiques. Pour ceux qui estiment que la nation se divise entre pro-truc et pro-machin, il faut leur opposer que les divergences politiques n’ont pas vocation à être effacées par un quelconque fampihavanana qui consiste de plus en plus, pour nos politiques, à se mettre d’accord sur comment se partager le gâteau. La coexistence de plusieurs opinions contraires constitue même un indicateur positif du fonctionnement d’une démocratie. À espérer que s’opère un glissement du militantisme en faveur de personnes vers un en faveur d’idéaux. Ce dont un pays a besoin c’est d’un débat permanent faisant ressortir les idées, non d’un consensus complaisant qu’on recherche à coup d’amnistie. Les rédacteurs de la Constitution disent qu’il faut se réconcilier [1]. Voilà qui est fait ! Passons aux vraies questions qui touchent le pays dans son ensemble et non seulement la sphère politicienne.

Ceci étant, la Nation est sans nul doute en crise, certains posent même la question de savoir si une Nation malagasy existe [2]. Un socle commun nous rassemble assurément mais les difficultés quotidiennes et les disparités économiques d’une part, et l’instrumentalisation par certains de la question ethnique d’autre part ont occulté les fondements de notre société. Mais la question fondamentale de la reconstruction d’un idéal commun est occultée par le texte qui ne parle que de gros sous et de la carte « Vous êtes libéré ».

Seul l’article 43 s’intéresse réellement à la Nation et à certains problèmes qui la touche. Y est prévu qu’une Commission de la Refondation de la Nation Malagasy soit mise en place.

D’abord, on y retrouve une litanie de bons sentiments qui ont le mérite d’être exprimés. Toutefois, le domaine fourre-tout qu’on lui attribue laisse septique quant au sérieux de sa mission. Il y est question de l’appropriation du concept de la démocratie par la société malagasy, d’éthique politique, de la distorsion entre texte et pratique, d’État de droit, des droits de l’Homme, d’égalité, de bonne gouvernance, de la répartition des richesses, du développement harmonieux. Rien que ça ! Et de mettre en place la paix dans le monde, ça ferait bien dans le lot.

Puis, le texte retrouve grâce dans la dernière mission confiée à la Commission. Il s’agit d’un objectif louable et qui peut être atteint pour peu que la Commission s’attèle à sa réalisation ; de plus, pour une fois, cela correspond à l’intitulé du texte et à la dénomination de la Commission. La tâche prévue est d’« examiner les ressorts intimes de la crise de la société malagasy afin d’engager la démarche la plus appropriée pour accompagner la Nation malagasy à retrouver ses repères, gage de la stabilité sociale. » Finalement, il existe un paragraphe intéressant dans tout le texte. Reconstruire la Nation est bien plus fondamentale que de réparer les dégâts infligés aux acteurs (ayant causé) des crises répétitives dont les conséquences ont touché l’ensemble de la population à qui on dit gentiment « c’est bon maintenant, on est copains, dans notre sagesse infinie on va se réconcilier ».

Si cette dernière mission aboutit à la reconstruction de l’idée de Nation Malagasy dans la conscience collective, alors toutes les largesses et distributions de pardon valent le coût. Autrement, il ne s’agit encore que d’une jolie mascarade qui sème déjà les graines des futures vagues de pardons.

Notes

[1Préambule de la Constitution de la IV république

11 commentaires

Vos commentaires

  • 7 février à 10:02 | harmelle (#5862)

    Mais pendant combien de décennies encore ???

  • 7 février à 10:22 | Ibalitakely (#9342)

    « Seul l’article 43 s’intéresse réellement à la Nation et à certains problèmes qui la touche. Y est prévu qu’une Commission de la Refondation de la Nation Malagasy soit mise en place ».
    Donc la Nat° Malagasy existe mais mal fondée pour qu’il y ait quest° de refondat°. & si la fondat° version bis va se faire encore & tjrs saboter par ces voyous de politiciens actuels →→→→ éternel retour à la case départ, pire encore cette case départ se pourrisse elle-même de jour en jour →→→→ écarter tous ces voyous de la scène politique à commencer par celui qui avait envoyé des naïfs pour rien à Antaninarenina le 07/02/2009 [fohin’ny vahoakan’Antananarivo an-tsika Ambohitsirohitra ka mandehana atero any ny PM-tsika, fa avy eo izy & CSI (Lailisaona be taim-bava hoe ka ahoana hifamono itsika nefa izao misitri-belona mangery am-pataloa any amin’ny Ambasady tsy fantatra any !!! ) no nigalabona tao]. Par conséquent si ce seront tjrs sur ces même foza que se focalisera la reconciliat° puis la refondat°, ces foza qui brillent de par leur absence lorsque c’est entre Malagasy que l’on concocte quelque chose comme la reconciliat° par le FFKM par exemple, mais tjrs présent quand c’est la CI [ouverture/fermeture du sommet de la francophonie ; passage à Mahamasina du représentant de Vatican], histoire de croire faire croire qu’il n’est pas un Jean Pierre Rabemba ou un Blaise Rakampaoré. Mbola ho avy letsy ny andron’elà na ho ela na ho aingana na miatsara velatsihy tahaka ny inona eo imason’izao tontolo izao aza elà.

    • 7 février à 10:39 | Ibalitakely (#9342) répond à Ibalitakely

      Sao misy mievitra mantsiny fa satria ry Razafindrakoto Bruno, Organèse, Risara-baomba & Razanamahasoa Christine no mpipasoka ny daomy nandritry ny tAtezamihitatra dia hoe clean elà isany, fa ny CI naharaka tsara ny zava nisy rehetra teto nataonareo.

    • 7 février à 11:20 | Isandra (#7070) répond à Ibalitakely

      Ibalitakely

      Tsy misy manery ny olona nanome ordre ny miaramila hitifitra anie eo raha tsy te hihavana ianareo eh !

      Sady mbola misy zavatra betsaka no tokony mbola hanontanian’ny fitsarana aminy, tsy nitifitra teny Ambohitsirohitra ihany, fa ireo volabe nangalariny.

      Izao no tsarovy, lasa foza misolo foza, ireo no maro anisa eto amin’ny firenena...,Izany Ra8 izany efa zavatra hafa eritreretina, fa tsy ho tonga intsony eo amin’ny toeran’ny filoha intsony,...

    • 7 février à 11:53 | I MATORIANDRO (#6033) répond à Ibalitakely

      @ inandra

      Ka inona no mampikaikaika anao ny @ ataon’ty fitondrana fozaorana natsanganareo ty !
      Evohy moramora ao ny maimbonareo mianakavy !

      I litison no namono ireo vahoaka nentinareo teny @ faritra mena ka tsara mihintsy izy raha ataon’ty fitondrana fozaorana natsanganareo ty haza lambo !

      Tena efa lany henatra mihintsy ty fozaorana ty ; mampirehareha azy ny hoe lasa fozaorana misolo fozaorana. Tapahiko ny voloko raha mbola tafaverina eo i doma iny !

      Samia velon’aina !

    • 7 février à 13:33 | Isandra (#7070) répond à Ibalitakely

      Matory atoandro,...

      Mba mifohaza amin’izay,...satria i Lyllison no nanana fahefana hibaiko ny garde présidentielle tamin’izany,...?

      Na n’inon izao raha nasian’ny miaramila barrage daholo ny fidirana rehetra teo Antaninarenina tamin’izany,...kanefa azo natao tsara izany, sady efa fantatra mialoha fa hoany ny vahoaka...?

  • 7 février à 10:38 | olivier2 (#9829)

    WOW !

    Merci Lalaina, car vous m’avez bien fait rigoler..

    Florilege :

    1) « le Conseil du Fampihavanana Malagasy qui se voyait déjà se voir consacré au rang d’institution de l’État. Ce à quoi la Cour a dit « Niet ! » »

    De là à conclure qu’il ne s’agit que d’un « conseil » de plus parmi toutes les entités plus ou moins fumeuses et néanmoins bidons qui ont fleuri, fleurissent et continueront de fleurir au jardin D’Eden, il n’y a qu’un pas non ?

    2) « C’est comme si on appelait les pompiers pour un immeuble en feu en leur donnant comme seule mission d’éteindre le feu du dernier étage. »
    « et de mièvreries telles que vérité, pardon et autres concepts qu’un de mes anciens profs qualifierait de tarte à la crème. »

    Là encore, je ne suis pas loin de conclure que ceux qui rédigent les lois sont des incapables notoires..ou volontairement mauvais, c’est selon..
    AIE...
    Ca pique...

    3) « Et nous, (..) les regardons se pardonner entre eux. »
    « se mettre d’accord sur comment se partager le gâteau. »

    Bon...inutile d’aller plus loin..

    En résumer, la « commedia dell arte » version Gasy continue de plus belle, avec la complicité de TOUS les acteurs :
    - partis politiques de tous bords
    - société civile
    - églises
    - HCC elle même
    etc.

    Si en France, on assimile l’éducation nationale à un MAMOUTH ( impossible à faire bouger), il fait office de BONZAï si on le compare à ce qu’est devenue la Tres Tres démocratique République du Gondwana...

    • 7 février à 20:59 | Gérard (#7761) répond à olivier2

      un échange d’absolution entre coquins ?

      bien sûr,mais on pardonne toit ici,ou plutôt on s’abstient de punir,ce qui revient au même, du trafiquant en tortues ou en bois précieux, au kidnappeur ou meurtrier d’adolescent ,cf affaire arnaud et annie ,qui, faute d’internet, probablement,ne quitte plus la une de Midi

      http://www.midi-madagasikara.mg

  • 8 février à 02:50 | Turping (#1235)

    On parle de pardon mais dans quel sens ? pour les conflits d’intérêts ?!
    - En parlant de refondation ,il faut parler de repères perdus ,de civilisation même le peu qui existait avant d’aller sur le droit chemin .Quelles institutions solides avons nous hérité depuis l’indépendance octroyée sous dépendance ?
    — « Une petite ’historique avant la période coloniale » :

    - Depuis Andrianampoinimerina qui avait essayé de mettre de l’ordre dans les batailles entre Andriana en s’appuyant sur les Hova, puis surtout plus tard au XIX° siècle, le Clan des Hova Andafiavaratra a mis avec ses « premiers Ministres » de la confusion dans l’exercice du pouvoir royal pour le contrôler et donc a manoeuvré dans le choix des Rois et des Reines .On peut dire qu’après le système dynastique de Rafohy/Andriamanelo/ Ralambo il y a eu celui de Andriamasinavalona puis celui de A/poinimerina, mais que le choix concret de la personne du Roi ou de la Reine, dans le cadre strict de la préséance définie par A/Poinimerina, obéissait sans doute à des tractations encore davantage influencées par les Premier Ministres après la mort de Radama II, (le fils probable du Premier Ministre Hova Andriamihaja avec Ranavalona Ière car son mari Radama Ier avait « tourné le dos » un an avant sa naissance et ne pouvait donc pas avoir été son père). Rainilaiarivony a bien institué lui-même, profitant de l’assassinat de Radama II que la Reine devrait épouser le Premier Ministre ... les trois reines à la fois.

    - On se souvient que c’est à Ambatomanoina qu’est né aussi le mari de Razafindrahety, Prince Ratrimoarivony assassiné par Rainilaiarivony alors que Razafindrahety(Ranavalona III) était descendante directe d’une tante de A/Poinimerina. Radama Ier avait d’ailleurs lui aussi fait assassiner les parents de la future reine Ranavalona Ière ... Le crime est devenue une tradition de conflits d’intérêts partout . Richard Ratsimandrava ici, Thomas Sankara ailleurs, massacres à Ambohitsorohitra pour tenter de mater le Peuple et de conserver un pouvoir.

    - En ce qui concerne le sujet de la transmission du pouvoir royal par les ventres dynastiques, il y a eu tellement de changements dans la transmission du « Hasina, » qu’ on pourrait imaginer que si le royaume de Madagascar avait été respecté par Gallieni, il y aurait aujourd’hui, comme au Cambodge ou dans tous les pays où la France n’a pas détruit la monarchie comme à Madagascar, peut-être eu encore une autre réforme. Après tout, plus qu’issus d’une légitimité de « droit divin » ou héréditaire, les Rois et Reines de Madagascar étaient issus de la seule volonté des régnants d’organiser leur succession. Le système de la transmission au fils avait le mérite d’être simple, mais là c’est vraiment compliqué. Le Français cartésien recherche « mais qui donc peut être l’héritier du trône Malgache de nos jours ? » Les Serbes, les Iraniens, les Italiens, les Français, bref tous les pays du monde ... ont leurs héritiers royaux connus et leur noblesse, bien que devenus sans royaume et ils se pressent pour figurer dans l’almanach du Gotha dans une sorte de franc maçonnerie aux liens tenus tissés au dessus des frontières.

    Il est intéressant de comprendre pourquoi la noblesse Andriana Merina Malgache n’a pas désigné depuis la mort de Ranavalona en déportation en Algérie un héritier ou une héritière qui continuerait la tradition monarchique en parallèle d’une République démocratique, à l’instar des autres monarchies Malgaches Sakalava ou autres. IL suffit de voir comment Tsimiaro III par exemple est concrètement présent à tous les niveaux de la société Antankarana, depuis les contrats sur les crevettes jusqu’aux manifestations culturelles les plus traditionnelles, pour comprendre que c’est important que Madagascar retrouve sa dignité en renouant avec son Histoire mise en lambeaux.

    - La réponse est sans doute dans le fait que la Royauté Merina ne maîtrisait pas encore la totalité des institutions du pays quand la France est venue interrompre violemment le processus et instrumentaliser cette incomplétude pour en exploiter les ferments de division. La France et TOUS les pays colonisateurs ont toujours joué cette carte de monter les tribus l’une contre l’autre et de pousser les Peuples non encore parvenus à l’unification en Nation à se tuer entre eux pour s’installer en vainqueurs au moindre coût en vies humaines. Depuis la nuit des temps à nos jours ceci continue d’être la règle stratégique numéro un du néo-colonialisme. -----L’Afrique en connaît un rayon. Les Anglais ont fait de même au Canada avec les Amérindiens, la liste est sans fin. On pourrait citer l’Afghanistan actuel, exemple d’école de pays divisé et d’exploitation par toutes les parties de ces divisions ethniques. La Yougoslavie , les Balkans, la Palestine, ... toujours la même instrumentalisation partout des différences qui au lieu d’être des richesses nationales deviennent le ferment de massacres, de pogroms et d’exclusion.

    Ainsi, la Royauté Merina n’avait pas les reins assez solides pour résister à la déportation de sa Reine et de son Premier Ministre et ne s’en sont pas encore relevés aujourd’hui, se cantonnant dans des histoires de clans sans doute et en recherche de reconnaissance auprès de Kaddhafi .... les Anglais avaient joué aussi la division, le dépeçage de la nation pouvait se faire plus facilement. La NMS la LMS et les Catholiques ont accompagné les mouvement afin de tenter de détruire aussi la culture ancestrale sans y parvenir tout à fait heureusement. Ne sont donc intéressantes de nos jours que les associations d’Andriana qui veulent le bien de toute une Population et non courir après des mythes et des privilèges envolés depuis longtemps.
    - Derrière les crimes successifs se jouent les simulacres de réconciliation ,de pardon qui ne se repose sur aucun intérêt collectif ? !
    A méditer !

  • 10 février à 10:02 | Einstein (#3390)

    « Et nous, victimes des luttes mais spectateurs de la réconciliation, les regardons se pardonner entre eux. »

    Tout est dit en une phrase.

    Joli texte d’ailleurs. Très inspiré et bien argumenté, loin, très loin de ce qu’on a l’habitude de lire sur ce site.

    Merci

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