La Task Force est composée de gendarmes, de militaires, de policiers, de douaniers, d’inspecteurs des finances et d’agents des Eaux et Forêts. Tous ces fonctionnaires sont dépositaires de l’autorité de l’État et garants de l’ordre public dans l’exercice de leur fonction. Dans ce psychodrame d’arriérés de salaires, trois points me gênent en tant que citoyen :
1- dans quel autre pays que Madagascar des agents de la force publique peuvent-ils faire état de délits connus d’eux sans être obligés par la loi de les révéler ? Dans tout État de droit, ne pas révéler un délit à la Justice, c’est s’en rendre complice. Peu admissible pour un citoyen ordinaire, ça l’est encore moins pour un représentant de l’État dans l’exercice de ses fonctions !
2- dans quel pays civilisé est-il possible de faire chanter publiquement un gouvernement ? Car chercher à obtenir un avantage (même dû) en usant d’une menace, cela porte un nom : chantage ! Et ça aussi, c’est réprimé par la Loi.
3- quelle est donc cette démocratie dans laquelle les journaux ne font que rapporter ces faits, sans qu’aucun ne s’en indigne ? Pourquoi suis-je le premier à réagir à ce chantage public ? Mes concitoyens auraient-ils perdu leur sens critique ou seraient-ils tellement accaparés par la recherche de leur pitance quotidienne qu’ils ne liraient plus les journaux ?
Finalement, j’aimerais bien que le Gouvernement ne paye pas ces arriérés de salaires, de toute façon la Task Force s’est assez payée comme ça en prélevant des pourcentages pour laisser le bois franchir ses barrages. Ainsi, ces zélés serviteurs de l’État révèleraient-ils les noms des commanditaires du trafic de bois de rose. On ferait alors d’une pierre trois coups, ce qui est toujours bon à prendre en ces temps de restrictions :
- les contribuables malgaches économiseraient 4,8 milliards d’ariary.
- les membres de la Task Force ne s’enrichiraient pas après avoir laissé saccager les forêts.
- la Justice connaîtrait enfin les noms des têtes du réseau du bois de rose.
Enfin, on peut toujours rêver les yeux grand ouverts...
H.R.I.E





