1971, revendications populaires et justice sociale ; 1992, développement régional équitable. Tels sont les thèmes qui ont dominé la rencontre de Monja Roindefo, président national du MONIMA, et non moins candidat déclaré aux élections présidentielles, avec la presse ce samedi 31 mars 2012 à l’Hôtel Colbert à Antaninarenina, à l’occasion de la commémoration des événements du 1er avril 1971 qui ont éclaté dans le Sud, et du mois de mars 1992 à Antananarivo, plus précisément au Cemes Soanierana.
Ainsi, après avoir entonné avec l’assistance l’hymne du Monima, le président du parti a fait un bref rappel historique de l’insurrection du 29 mars 1947 dans laquelle le fondateur du MONIMA, Monja Jaona, son père, a pris part activement et en toute conscience patriotique ; contrairement, a-t-il expliqué à ce que véhiculent certains qui soutiennent que le Jina, société secrète que Monja Jaona a fondé en 1942, avait trahi le mouvement patriotique de libération. Dire que le Jina a été à la solde des colons et a provoqué prématurément la rébellion n’est que trahir ou travestir l’histoire. En fait, le sentiment de révolte contre l’envahisseur et le mouvement de lutte pour la liberté et l’émancipation avaient été cristallisés par les déclarations de Marcel de Coppet, alors gouverneur général de Madagascar selon lesquelles, rapporte Monja Roindefo, la France avait déjà la mainmise sur Madagascar et n’envisageait plus de la quitter. Ce sentiment de révolte s’était encore amplifié et répandu auprès des jeunes malgaches après la démobilisation des contingents qui ont payé de leur vie la défense de la liberté des Français lors de la deuxième guerre mondiale. Leur mot d’ordre ou du moins leur idéal était de mourir désormais pour Madagascar et non pour la France dont les exactions à travers les compagnies coloniales, ont été durement ressenties par les populations des régions côtières de tout l’Est du pays.
C’est ce sentiment d’injustice et de déséquilibre et ces idéaux d’émancipation qui ont encore animé Monja Jaona et le MONIMA en 1992, a-t-on compris des propos du président du parti ce samedi 31 mars quand il explique l’insistance de la délégation qui marchait sur le Cemes pour déposer et discuter du projet de constitution fédéraliste. En effet, depuis que le général Ramanantsoa avait amnistié les militants Monima qui étaient incarcérés des suites de la révolte de 1971 et qu’il avait reconnu et admis les revendications du MONIMA comme étant légitimes et crédibles, le MONIMA et d’autres formations politiques avec lui ont adhéré aux idées de nécessaire développement des régions, de nécessaire réforme agraire, de nécessaire liberté des initiatives des régions en matière économique ou social, voire de nécessaire développement de l’école dans les régions. La première des mesures prises par le général Ramanantsoa en 1972 après avoir consulté Monja Jaona par émissaires interposés, dont les colonels Ramarolahy et Rabetafika, avait été la suppression de l’impôt per capita, rompant ainsi avec les pratiques néocoloniales de l’Administration. Toutes ces revendications se sont par la suite déclinées en provinces autonomes puis en régions autonomes, en la mise en forme de nouveaux droits fonciers ou encore en Centre universitaire régional puis en université de Toliara, etc. En tout cas, l’émancipation à l’égard de la France s’est traduite par la révision des accords de coopération et l’ouverture de la diplomatie vers tous les horizons ou la diplomatie tous azimuts et aujourd’hui en diplomatie du développement.
Tout ceci pour dire que le MONIMA est fort et fier de son histoire et de son patriotisme car il a toujours été au centre de tous les mouvements populaires. Monja Roindefo n’est cependant pas passéiste bien qu’il soit attaché à l’histoire. Il n’a pas donné l’impression d’être nostalgique car en évoquant la guerre des Malouines, le cas des îles éparses, et les acquis intellectuels et économiques avec les relations entretenues avec les pays d’Asie et de toute l’Europe, il a voulu démontrer sa veille active sur le nationalisme et le développement équilibré du pays. Monja Roindefo a fait directement allusion à l’échec de la transition actuelle pour se positionner comme étant une alternative ou un candidat sérieux aux présidentielles qu’il réclame avant la tenue des législatives.







