Marc Ravalomanana aurait-il l’ambition de devenir député ? C’est la question qui m’a traversé fugitivement l’esprit en lisant certains commentaires critiques envers l’éditorial précédent :
On parlera d’élection quant tous les candidats potentiels seront au pays. Il veut faire ça au forceps juste pour caser les vautours ? C’est juste l’histoire de celui qui voulait être ministre...
Comme si des élections organisées à la va-vite, et qui écartent d’emblée le candidat sur le nom duquel se porteraient la grande majorité des suffrages, pouvaient régler quoi que ce soit. Patrick, il vous ont offert le ministère de l’info, pour écrire cet article ?
Rassurons d’abord « intrus » (qui reste largement bienvenu) et « Paulo Il leone » (dont j’ignore si son pseudonyme est inspiré de Sergio ou du dessin animé où figure le lion Alex) : le contenu de mon portefeuille suffisant à nourrir ma famille, je ne prétends à aucun maroquin, encore moins à celui de l’information (qui n’existe officiellement plus, que le diable emporte ce qui lui servait d’âme)...
Pour ma part, je soupçonne ces deux commentateurs d’avoir lu l’éditorial en diagonale, voire de s’être arrêté à son seul titre un rien provocateur. Ils l’auraient lu un tant soit peu plus, ils auraient remarqué que je plaidais effectivement à nouveau pour la tenue rapide d’élections ; mais nullement pour des élections présidentielles, mais pour des législatives aussi rapidement que possible. Car l’un des intérêts (mais pas le seul) de ces dernières élections est précisément de ne pas directement concerner les exilés célèbres. Si la question du retour au pays de Marc Ravalomanana restait en l’état (je ne le souhaite pas), sa mouvance serait certes handicapée, mais finalement pas plus que l’UMP française dont la figure fondatrice a annoncé qu’il ne participerait pas à la campagne des élections législatives.
Faut-il par ailleurs rappeler que les secousses dans l’application de la Feuille de route ont culminé sur une opposition au Parlement de Transition sur la rédaction de la loi d’amnistie ? Se retrouvant minoritaire, la mouvance Ravalomanana a cependant estimé qu’on devait davantage tenir compte de son point de vue et a accusé l’autre camp de persister dans les attitudes unilatérales sans se soucier de la réalité de l’opinion publique. Des élections législatives ne seraient-elles pas alors la manière la plus efficace de remettre les compteurs à l’heure, pour permettre aux gagnants de réformer les textes controversés ?
Malgré tous les arguments que l’on peut déployer en leur faveur, les législatives font cependant peur, et pas à la seule mouvance Ravalomanana. Il faut un programme, car il devient délicat de s’abriter derrière le seul charisme d’un homme. Il faut aussi des candidats capables de présenter des arguments qui aillent au delà de l’éculé : « si vous voulez être sûr d’avoir de l’argent pour votre région, il vous faut élire quelqu’un proche de l’actuel Président ». À l’heure actuelle, personne n’a cela, suis-je tenté de conclure en lisant ce texte de Sahondra Rabenarivo, et surtout pas ceux ayant casé leur ménagère comme membre du CT.
Le fait d’être indécises, donc passionnantes, ne serait pas le moindre charme d’élections législatives précédant les présidentielles. Et il n’est nul besoin d’être ministre de l’info pour s’en pourlécher les babines d’avance.







