La célébration du 14 juillet, fête nationale française, s’est déroulée hier à la résidence de France, sise à Ivandry. Plusieurs représentants des diverses chancelleries étrangères dans la grande île y ont fait le déplacement. La classe politique locale, toutes tendances confondues, depuis Mamy Rakotoarivelo, Tovonanahary Rabetsitonta en passant par le Pr. Albert Zafy, jusqu’à Lanto Rakotomavo et le gouvernement de la HAT, dont le Premier ministre Camille Vital et son épouse, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, Yvette Sylla était réunie à l’occasion de cette invitation française.
L’hôte de la cérémonie, Jean Marc Châtaigner, ambassadeur de France, a tenu un discours d’ouverture qui a touché à la fois la classe politique présente, mais aussi toute les classes sociales malgaches. Il leur a adressé un message de paix, de soutien et d’exhortation à l’entraide.
Plusieurs points ont été soulevés à la grande surprise de certains comme la position de la France, dans la situation politique de la Grande île, souvent déformée et caricaturée. La pauvreté, la misère et la détresse de la majorité de la population malgache semblent l’affecter mais il affirme ne pas désespérer et continue de soutenir la grande île et lui tendre une main amicale et coopérative. Il conserve également une conviction et une foi en l’amélioration future de la situation économique et sociale malgache.
L’ambassadeur a également accepté de parler de la feuille de route dernièrement amendé par la SADC, qui d’après lui, est loin d’être parfaite mais comporte néanmoins une option crédible et acceptable, voire même équitable et transparente. Il en appelle d’ailleurs à ceux qui ne l’ont pas encore paraphé à s’y mettre, malgré les imperfections que certains peuvent y percevoir. La France lance également un appel à toutes les partes prenantes à l’appui de l’organisation des prochaines élections qui se feront ultérieurement.
« N’abandonnez pas Madagascar », c’était son message qui ne s’adressait visiblement pas uniquement à la communauté française mais à tous ceux présents et aux divers pays représentés par leurs ambassades respectives. Il a également fait référence aux lois et à la justice dont personne ne peut être au dessus. Il a évoqué les cas de pédophilie et de tourisme sexuel qui ont récemment défrayé la chronique. Un sujet qui fâche mais qu’il a exposé avec vigueur, parlant même de tolérance zéro. Il a tenu à affirmer que la liberté vient toujours avec le respect. L’ambassadeur s’est dit prêt à coopérer de toutes les manières imaginables afin d’éradiquer ce type d’ignominie.
Oui à la liberté de la presse
Son discours a également laissé comprendre qu’il soutenait la liberté de la presse. Elle doit être un principe démocratique absolue, même si elle n’est pas toujours plaisante. La France quant à elle, ne doit émettre aucun jugement, ni donner de leçon à Madagascar d’après lui. Le devoir de la France, serait de coopérer, de tendre une main amicale et bienveillante, vers une réelle sortie de crise, principalement économique et au niveau du développement. Un des points importants et cruciaux de la crise actuelle. Une réconciliation est d’ailleurs nécessaire à son avis car, beaucoup de blessures n’ont pas encore été cicatrisées depuis les différentes crises auxquelles la population a du faire face, si l’on ne parle que des crises de 2002 et 2009.
L’ambassadeur de France n’a pas hésité à parler de l’histoire commune de la France et de Madagascar, composée de brutalité, d’injustice, d’ombre et de sang versé. Il affirme cependant que ce temps est révolu et que la France souhaite œuvrer dans un esprit fraternel et bienveillant, sans jugement et sans chercher à donner de leçon. Les liens humains sont d’après lui plus forts que nos antécédents et notre passé malheureux. Bref, un discours qui fait réfléchir tout le monde et qui a suscité un grand intérêt, spécialement pour les journalistes et les politiciens.
Recueilli par Pendo




