Les doléances des partisans de la « légalité » ont été transmises en main propre au représentant résidant du système des Nations unies (ONU) à Madagascar. Les femmes qui refusent le coup de force des partisans de Andry Rajoelina, se sont donné rendez-vous à Ankorondrano ce jeudi 9 avril pour une marche vers les locaux de l’ONU à Andraharo, éloignés d’environ 3 km. La marée féminine, longue de près d’un kilomètre et demi, conduite par Ihanta Randriamandranto et des femmes députés dont Arifanja, élue dans la circonscription de Beroroha, s’est déplacée sans vacarme ni accrochage sous les regards des forces de l’ordre.
Des représentantes des manifestants ont été reçues par Xavier Leus, représentant de l’ONU et d’autres membres du corps diplomatique travaillant dans le pays, dans son bureau à Andraharo. Les entretiens ont duré près d’une heure et ont permis aux deux parties d’échanger leur points de vue mais surtout, pour les partisans du rétablissement de l’ordre constitutionnel, de remettre leurs doléances. Le représentant de l’ONU a promis de les transmettre au secrétaire général à New York. Le coordonnateur de l’ONU à Madagascar leur a fait part de l’imminence de la sortie de crise.
Leur mission achevée, les femmes « légalistes », partisans du retour du président Marc Ravalomanana dans le pays, ont repris leur marche pour rejoindre la Place de la démocratie où elles étaient accueillies par des applaudissements nourris. Elles n’ont pas manqué de remercier les forces de l’ordre qui les ont laissé entreprendre sans difficulté leur marche. Au total ces femmes ont fait ce jeudi 9 avril, un peu plus de 7 km. C’est la deuxième fois que les partisans de la « légalité » ont rejoint le site d’Andraharo.
L’objectif est de sensibiliser, de montrer à la communauté internationale que le pouvoir en place n’est pas légal et que le rétablissement de l’ordre constitutionnel est incontournable, car les partisans de cette cause sont actifs et qu’ils sont aussi nombreux, sinon plus que ceux qui ont pris le pouvoir par la force. Par la même occasion, les partisans de la « légalité » voulaient démontrer que les femmes « légalistes » tiennent une place importante dans la vie politique malgré leur faible représentativité dans les institutions et dans les postes de décisions dans l’appareil d’Etat. Elles en veulent davantage surtout au moment où la question genre est d’actualité




