Stupeur dans le milieu économique malgache, la société REELMADA qui commercialise les produits de la Loterie Malagasy a procédé à la compression de plus de 30 personnes, soit près du tiers de son effectif.
Cette société qui semblait pourtant donner des signes de bonne santé avec le déploiement en provinces depuis le mois de décembre 2011 n’a donc rien pu faire face au marasme économique qui sévit dans le pays. On se souvient tous du faste du lancement en janvier 2011 : conférence de presse au Café de la Gare, boules géantes sur le Lac Anosy et sur le Marais Massay, feux d’artifice, spectacle grandiose au Palais des Sports. Le montant avancé à l’époque de la campagne de communication (3 milliards d’ariary) avait fait saliver tous les professionnels ; c’était finalement la société JWT qui avait obtenu le marché. Radio, TV, presse, billboards, le paysage de la communication avait été fondamentalement changé par l’agressivité de l’approche. Aujourd’hui l’on voit quelques affiches dans les points de vente, et le dernier produit lancé « Taxi-brousse », dont le nom ne fait pas vraiment rêver, bénéficie d’une campagne de communication pour laquelle il faut s’équiper d’une loupe pour la trouver…
Le Loto 6/42 retiré du marché
Le produit phare de la société, le loto 6/42, dont le 1er tirage avait eu lieu le 05 mars 2011 s’est rapidement essoufflé malgré la tentative de « forcer le jackpot » au mois de juillet 2011. 16 heureux gagnants avaient pu alors se partager 1,5 milliard d’ariary soit le plus gros jackpot de tous les temps à Madagascar. La suite fut moins glorieuse, puisqu’après avoir stagné pendant près de 16 semaines à 100 millions ariary, ce même jackpot est monté jusqu’à 210 millions Ar pour… disparaître à jamais ! Le 24 mars 2012 fut le dernier tirage du 6/42 ; les dirigeants ont affirmé que le Peo ny 5 (le loto quotidien) allait prendre la relève mais le fameux jackpot ne s’est pas retrouvé dans ce nouveau produit.
On peut d’ailleurs se poser la question du rôle de la Police des Jeux sensée être l’autorité de supervision des jeux de hasard qui, semble-t-il, a laissé faire la Loterie Malagasy. Certains joueurs ont été mécontents du retrait de ce jeu, comme Balita, joueur régulier du 6/42 : « cette cagnotte était à ma portée, j’y jouais tous les samedis et ce montant me permettait de rêver ». Certes, la Loterie malagasy a produit de nombreux jeux de cartes à gratter, dont quelques uns ont eu du succès, mais la société n’a jamais retrouvé le rythme initial. « C’était la folie », rappelle Mme Hanitra, tenant une épicerie aux 67 ha, « j’avais une file de joueurs qui faisaient la queue pour jouer et mon magasin ne désemplissait pas. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout la même chose, si j’arrive à écouler 5 cartes par jour c’est beaucoup, les gens ne jouent plus ».
Alors, la faute à qui ? À la crise, aux produits de la Loterie Malagasy qui n’ont pas su s’adapter au marché ? Peut-être un peu aux deux… Mais la décision de laisser partir (puisque le terme de licenciement économique est soigneusement évité) fera grossir le nombre de familles victimes de la crise.







