L’annonce de découverte de cigarettes importées de Chine, imitation d’une marque locale, doit amener tout un chacun, et surtout le pouvoir en place et celui à venir, à réfléchir et prendre des mesures, concernant les faux en tous genres en général et les importations venant de Chine en particulier.
Ces faux, que ce soit en matière de textiles, de produits alimentaires ou hygiéniques, en passant par la pharmacie et parapharmacie, sont un véritable danger à court, moyen et longs terme.
A court terme, la réflexion superficielle serait de dire que la population peut accéder à des produits à bas prix. Or ce bas prix se justifie par la qualité nullissime de ces produits. Mais au-delà de la nullité, il y a l’aspect danger en termes de santé publique.
Les produits alimentaires, lorsqu’ils ne sont pas périmés, ne sont soumis à aucun contrôle de qualité. Par exemple, vous pouvez très bien avoir de la viande de chien avariée dans une boîte de soupe déclarée ne contenir que du bœuf. On vous laisse imaginer le coût humain d’un tel désastre. Tout le monde a encore en mémoire le désastre en Chine et ailleurs des produits laitiers trafiqués et qui ont laissé derrière eux des milliers d’handicapés à vie et des morts. Bien entendu, les victimes seront les couches les plus pauvres de la population.
Les produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques sont classés dans ce même danger pour la santé publique et les victimes sont aussi les mêmes, les couches les plus défavorisées de la population. Récemment au Cambodge et au Vietnam, des familles entières ont été intoxiquées par des dentifrices fabriqués en Chine, mais vendus avec le logo d’une grande marque. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. La Chine n’a pas le monopole des faux et des produits impropres à la consommation, mais on peut dire que c’est quand même le pays où toute une industrie et tout un pan de l’économie en tirent des profits considérables.
Au delà des ces dangers sanitaires et humains, l’importation massive de ces produits est un blocage à court, moyen et long termes de l’émergence de l’industrie (donc de la production) locale dans notre pays. Cette importation massive est une véritable invasion qui empêchera notre pays d’avoir sa propre industrie et sa propre production dans plusieurs domaines.
Par exemple, on pourrait très bien imaginer de favoriser l’arrivée de capitaux pour la création de quelques unités industrielles pharmaceutiques et parapharmaceutiques dans notre pays, même à une petite échelle et pour le marché local et régional (comme cela se fait en Inde ou ailleurs en Asie). Ces industries fabriqueraient des médicaments, mais aux normes internationales et sous contrôle des services de l’État et des organismes privés. Puisque la fabrication est locale, la population pourrait bénéficier de médicaments (génériques pour éviter les coûts des brevets) de bonne qualité mais à coût moindre que ceux importés de l’Inde ou d’ailleurs, à qualité égale.
On voit bien donc que ces importations sans contrôle, au delà de leur effet néfaste immédiat, sont des véritables blocages économiques pour le présent et le futur. Le marché local, même avec un faible pouvoir d’achat, pourrait être intéressant en volume (20 millions d’habitants). Mais il faut aussi y ajouter le potentiel des pays de la région (à faible pouvoir d’achat aussi) tel que le Mozambique et les autres pays de l’Afrique de l’est et du sud-est. Beaucoup de produits pourraient être issus d’une industrie locale mais aucun investisseur ne s’aventurera à y mettre des capitaux car le risque de la concurrence sauvage de produits importés (faux ou de très basse qualité) est trop grand.
Le danger est donc aussi économique et pour le moment, aucun gouvernement passé ou présent n’a osé prendre le problème à bras le corps et proposer rapidement des solutions applicables tout de suite, avant qu’il ne soit trop tard et avant que notre pays ne devienne une sorte de poubelle des productions chinoises.
Les dangers environnementaux aussi sont à prendre en compte. En effet, il est effarant de voir les déchets en plastique issus des importations de gadgets chinois qui inondent notre pays. On se demande si notre pays est devenu une sorte de grande poubelle pour des produits dont l’utilité est plus que discutable.
Les coûts de recyclage de tous ces produits seront certainement un fardeau pour les générations futures et non pas pour les producteurs de contrefaçons et de produits de basse qualité mais en haute teneur en déchets, surtout si ces producteurs sont en Chine ou ailleurs.
J’en appelle donc le pouvoir actuel et les candidats au pouvoir du futur, à réfléchir à ces problèmes et proposer dans leur programme politique, les solutions qui permettront à notre pays de répondre par l’action urgente, à cette forme insupportable d’agression, d’invasion et de colonisation d’un autre genre.





