Le Comité des travailleurs pour la défense de l’AGOA a rencontré la presse ce vendredi 17 juillet 2009. Né voici deux semaines, ce Comité des travailleurs a mis en place des plans d’action pour mettre la pression sur les décideurs et les autorités compétentes. Une lettre ouverte a été remise à toutes les forces vives (partis politiques, société civile, partenaires financiers et techniques, secteur privé, syndicats,…) pour les sensibiliser sur les conséquences d’une rupture des accords commerciaux AGOA dont le pays a bénéficié. L’objectif est de pousser toutes les entités à prendre des décisions éclairées pour éviter la suspension de Madagascar de cet accord.
Riches des expériences professionnelles acquises dans le cadre de l’AGOA pour un travail de qualité et compétitif, les travailleurs malgaches ne veulent pas laisser leurs efforts réduits à néant. Ils veulent aller jusqu’au bout de leur initiative. Et ils disposent d’un plan d’action bien ficelé pour défendre leur cause. « Cette lettre ouverte aux forces vives constitue notre premier plan. La deuxième étape consiste en l’envoi d’une lettre ouverte au Président des Etats-Unis, Barack Obama. Nous avons déjà recueillis des signatures auprès des travailleurs », ont-ils déclaré. Ils avouent qu’ils vont se faire représenter au 8e Forum de l’AGOA prévu se dérouler à Naïrobi (Kenya) du 4 août au 6 août 2009. Le Comité entend ainsi y faire un plaidoyer pour Madagascar.
Les travailleurs ne sont pas les seuls à être conscients de l’imminence de cette suspension et des conséquences qu’elle peut provoquer dans le pays. Voici un mois de cela, le patronat a déjà tiré la sonnette d’alarme. Il a diffusé une lettre ouverte dans laquelle il fait état des enjeux économiques et sociaux de l’AGOA pour le tissu économique. Le secteur privé par le biais des groupements des employeurs, a souligné dans cette lettre ouverte, les enjeux socio-économiques des activités dans le cadre de cet accord.
Aujourd’hui, la situation n’a guère changé malgré les efforts déployés par le ministre de la Haute Autorité de Transition (HAT) en charge des Finances, Benja Razafimahaleo, pour convaincre les Américains de la nécessité de maintenir Madagascar dans la liste des bénéficiaires des accords commerciaux de l’AGOA. Aussi, les employés, les ouvriers et les travailleurs en général des zones franches et partenaires ne pouvaient-ils demeurer indifférents.
Face à l’imminence de la suspension de Madagascar de l’AGOA, le Comité pour la défense de l’AGOA demande aux forces vives de se pencher sérieusement sur la question. Au lendemain du 17 mars, les Etats-Unis ont fait part de leur position et des sanctions qui pèsent sur Madagascar du moment que les critères d’éligibilité aux accords commerciaux de l’AGOA ne sont pas satisfaits. Parmi ces critères, on citera la démocratie et le respect des libertés démocratiques, le respect de l’état de droit et la liberté d’opinion et de la presse.
En tout cas, il y a 100 000 emplois directs, 300 000 emplois induits et 50 entreprises qui sont menacés directement par la rupture des accords commerciaux dans le cadre de l’AGOA. Les activités de l’AGOA représentent 12 millions d’ariary de salaires directs chaque mois et assurent 60% des recettes d’exportation en devises. Ce qui traduit l’importance du secteur mais surtout l’urgence de la situation. Voir 100 000 personnes dépourvues d’emplois et se rendre chez le Père Pedro ou se bousculer devant les resto du cœur de la Croix Rouge est un spectacle inimaginable.
Les exportations dans le cadre de cet accord équivalent à 80% de l’ensemble des exportations de Madagascar. L’industrie pèse 12% dans le Produit intérieur brut (PIB) bien qu’elle n’emploie que 2,5% de la main d’œuvre (Source : World Development Indicators. 2001-2006).
Bien sûr on ne peut ignorer les contrecoups de la crise financière mondiale sur les commandes et les activités des entreprises franches dépendantes des accords de l’AGOA mais cela n’empêche que la crise politique malgache et ses incertitudes encouragent les détournements des commandes vers d’autres destinations. « En effet, les délais d’approvisionnement et de fabrication font que les clients donneurs d’ordre n’ont plus que quelques jours pour passer leurs commandes. Au-delà de ce délai, et sans assurance de toujours bénéficier des préférences AGOA, les commandes passées à Madagascar s’arrêteront brusquement » précise la lettre ouverte du secteur privé communiquée le 16 juin dernier.
Sachant que la solution au problème est politique, le Comité des travailleurs de l’AGOA ont invité à cette conférence de presse, les mouvances et les partis politiques. Les mouvances Zafy Albert, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana ont promis de prendre en compte les préoccupations des travailleurs et de porter la question devant les instances de discussions dans les prochains jours. Par contre, la mouvance Andry Rajoelina a brillé par son absence.
Recueilli par Valis

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