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Editorial

Les spectres des années 80 ?

vendredi 25 mai 2007 | Alexandre L., RAW

La diplomatie malgache devient le sujet favori des discussions. Un regain d’intérêt motivé par les récentes déclarations du Président Ravalomanana qui a mis en garde tous les étrangers qui font de l’ingérence dans les affaires internes de l’Etat.

Madagascar est un Etat indépendant depuis 1960 et il jouit sa pleine souveraineté. Une réalité que l’actuel régime semble élever en véritable idéologie de pouvoir. Il s’agit, sans doute, d’une volonté délibérée de surfer sur le sentiment « anti-français » ambiant et qui n’a jamais quitté les Malgaches depuis la fin de la colonisation.

Mais selon certains observateurs, il s’agirait également d’une stratégie gouvernementale de détourner l’actuelle contestation publique quant à sa mauvaise gouvernance, dans les finances certes mais surtout celle relative à sa gestion du social. Incapable de trouver de ses solutions aux problèmes de délestage et de la cherté de la vie quotidienne, les gouvernants auraient décidé de prendre comme « fusibles » et « boucs émissaires » les étrangers.

Et dans la mesure où l’ère n’est plus au tiers-mondisme ou à la dénonciation de l’impérialisme, l’Etat a trouvé dans les « critiques » des chancelleries étrangères un objet sur lequel il veut légitimer son maintien au pouvoir. À l’instar de Ranavalona I, le régime veut renforcer son emprise sur la population en dénonçant indirectement la menace étrangère sur la souveraineté nationale. Se plaçant comme le seul défenseur de la Nation, il espère récolter l’adhésion de la communauté.

Mais une telle politique n’est pas nouvelle à Madagascar. On se souvient encore de la stratégie que le Capitaine de Frégate Didier Ratsiraka a mise en place lors de son accession au pouvoir en 1975. En récupérant la vague de contestation anti-impérialiste du mouvement contestataire de 1972, il a exacerbé le sentiment nationaliste des intellectuels malgaches.

Cette politique lui a réussi. Mais le revers de la médaille est aussi connu.

En critiquant et en rejetant les pays qui assurent le financement du pays (et notamment la France), une crise socioéconomique grave s’est installée au début des années 1980. C’était l’époque de la pénurie de l’huile, du sucre, du riz… et du marché noir. Dans l’impossibilité financière de se suffire à lui-même, l’Etat a sombré dans une crise de subsistance grave.

Et actuellement, il semble que la même situation menace de revenir. La situation économique du pays est toujours préoccupante. Sans les aides financières étrangères directes, l’Etat risque de s’effondrer. Selon certains observateurs, si le régime continue ses critiques « destructives » contre nos partenaires, il se peut que les financements de nos programmes de développement tarissent. « N’oubliez pas que la France est une puissance économique et politique importante dans la géopolitique mondiale et qu’elle peut aisément influencer la politique des Allemands et des Américains à Madagascar », affirme-t-on.

La différence est que la compétition économique est des plus rudes aujourd’hui et que le monde n’est plus divisé en deux blocs.

Plus d’uns pensent toutefois comprendre que le régime actuel a besoin de critiquer la France pour se donner une légitimité interne. Mais cela ne doit pas se faire au détriment du peuple.

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