Valis,
Merci d’avoir osé dire tout haut ce que beaucoup de Tananariviens, et peut être même beaucoup de malagasy pensent tout bas.
Effectivement, depuis ces troubles politiques, cette notion de andrimasom-pokonolona fait l’objet de plusieurs questions. Qui sont-ils, qui les organisent ? Sous quelles autorités et responsabilités civiles ?
Il fut un temps où ces mêmes andrimasom-pokonolona fut statutaires : rattachés et organisés par les Fokontany, parfois à tour de rôle des habitants ou d’une manière semi-professionnelle en les faisant payer par les citoyens. Ils ont eu une tâche bien définie : participer à la protection de la cité, en veillant sur les faits et gestes qui risques de nuire à la sécurité des habitants, en opérant des contrôles sur les personnes et les marchandises qui circulent dans leur circonscription de compétence (la plupart du temps, un quartier). Mais depuis peu, cette notion a été transformé, par qui ? Le fait est que dans tous les médias, on fait appel aux andrimasom-pokonolona pour protéger l’intérêt d’une cause, pour se prémunir d’une éventuelle venue des forces de l’ordre. D’un coup, les personnes qui se disent de bonne volonté viennent et prennent poste là où ils veulent, agissent comme bon ils leur semblent. Quand j’en ai fait face ces derniers temps, je leur ai demandé pourquoi ? Ils m’ont répondu : pour défendre la lutte ? Quand j’ai poursuivi la question sur quelle lutte, j’ai failli me faire lyncher. Mais le pire c’est que le lendemain de ce contrôle, j’ai entendu via la presse que le quartier où ils étaient postés était le théatre d’un vandalisme. Alors je me suis demandé, où était ce andrimasom-pokonolona ? Est-ce qu’ils ne sont pas responsables du moins civilement sinon criminellement de ces actes ? Mais qui interpeller quand dans ces « rassemblements de gens » personne ne sait qui est qui ?
Ailleurs, de tels faits font l’objet d’une poursuite pénale, car c’est une exercice de fonction qui dépasse la légalité. Mais ici à Mada, surtout en ces moments, personne ne réagit. Ce qui fait rire quelquefois c’est que ces andrimasom-pokonolona, qui par définition sont des auxiliaires des forces de l’ordre, agissant pour la sécurité de proximité, incluent des brigands qui sont à l’affut de tout ce qui est précieux, où qui affrontent les forces de l’ordre (cas d’Ambatobe). Alors est-ce le monde à l’envers, sommes-nous gardés par des brigands ?
Quelles solutions ? Rappel à l’ordre public que ces actions ne sont pas autorisées, mêmes illégales. Que la violation de la légalité (ce n’est pas contre une personne mais contre une loi ici qu’ils agissent) risque d’être punie sévèrement. Qu’ils risquent même de perdre leur vie dans ces cas. Libre à eux par après de choisir : la vie ou la mort ?
De son côté, les éléments de force de l’ordre devront systèmatiquement opérer des arrestations en cas de pratique illicite de barrage (sinon on revient en 2002 où ces barrages étaient devenus des armes quasi-redoutables), en prenant soin de bien photographier les personnes avant toutes interventions (pour éviter les excuses qu’ils étaient là par hasard et n’ont fait que passer pour rentrer chez eux). Une plaie se soigne, mais une gangrène rarement.