Ceux qui s’opposent à la décision de Andry Rajoelina de conduire seul la Transition font tant qu’ils peuvent pour exprimer leur refus ou leur réticence ou du moins leurs craintes quant aux conséquences de cette décision. Presque tous y voient en effet une rupture imminente des relations avec les partenaires financiers et techniques. Presque tous craignent que la rupture des programmes avec les étrangers ne se traduise en vive explosion sociale d’une ampleur inimaginable.
Les paysans organisés dans des associations, tel le FIFATA, n’ont pas manqué d’exprimer leurs inquiétudes. Très peu impliqué sinon pas du tout, dans les questions politiques, le FIFATA s’interroge sur le sort qui attend le paysan et les acquis du monde rural. Mamy Rajohanesa, président de FIFATA se demande sur la suite à donner au programme de reconversion de l’agriculture de subsistance à l’agriculture orientée vers le marché. Quid également du programme de professionnalisation du métier d’agriculteur généraliste, d’éleveur, de riziculteur, de paysan semencier, d’arboriculteur, de pisciculteur ?
A l’opposé si l’on peut dire, des intellectuels élèvent la voix contre toute rupture avec les institutions financières et les partenaires classiques. Un collectif de professeurs de l’enseignement supérieur, par l’intermédiaire de Minosoa Rakotomalala, leur porte parole, rappelle qu’il est difficile de se passer de la communauté internationale organisée. Ce collectif qui évoque les rouages de l’économie moderne et mondialisée, attire l’attention sur les difficultés d’une économie à s’épanouir en rompant les relations avec les bailleurs de fonds classiques ou en ignorant les mécanismes en cours sur le marché international. Il remarque par la même occasion la lenteur de la reprise ou de la remise sur les rails de ces relations aussitôt qu’elles sont rompues.
Julien Radanoara, ancien ministre et diplômé en relations internationales, est catégorique : « sans accord entre les parties conformément aux accords de Maputo, les sanctions internationales vont être appliquées. Sans consensus, cela signifie la rupture et par conséquent les difficultés vont se multiplier ». Julien Radanoara, tout en déplorant une telle situation, regrette qu’on puisse arriver à ce point de non consensus alors que ce n’est qu’une période transitoire.
Recueilli par Ben





