« Au moins, autonomie de province ; au plus, fédéralisme ». Tels sont les propos émanant de plusieurs personnes dans la plupart des grandes villes de province à Madagascar en parlant de ce que devrait contenir la future constitution du pays. Ce n’est pas sans raisons. Certes, les atouts peuvent manquer ou insuffisants, mais les raisons, il y en a. Justement ce manque d’atouts en est déjà une première raison, et peut-être une des principales.
En effet, depuis toujours, ces atouts n’ont jamais été équitablement répartis dans tout le pays, ni à toutes les populations. Dans le secteur économique, à l’exception du port de Toamasina, à un degré moindre, ceux d’Antsiranana et de Mahajanga, la plupart des grandes infrastructures sont concentrées dans la capitale et ses environs. Les exemples sont nombreux et variés. Dans les entreprises ou sociétés implantées en périphéries, les habitants de la localité n’en profitent pas souvent. C’est le cas des revendications actuelles des habitants de la région d’Anosy. Ceci pour la simple raison que, localement les gens ne sont pas associés à la prise de décision. Tout est transcendé ou parachuté dans un paquet bien ficelé ; du directeur au balayeur.
Si dans le préambule de la constitution, il est stipulé que le pays est indivisible, il ne précise pourtant pas que l’administration l’est aussi. Dans la vision fédéraliste il n’y a aucunement, ni volonté, ni même velléité de séparatisme-indépendantisme ; loin s’en faut. C’est tout simplement une forme d’administration à laquelle les adeptes croient trouver leur pleine participation à la vie nationale, en commençant par la prise de décision pour leur propre développement et leur bien-être que l’administration centralisée n’a jamais pu leur offrir. Ce développement et bien-être ne sauraient être acquis sans l’égalité dans le traitement et dans la considération équitables, émanant des bases fondamentales de Savoir, d’Avoir et de Pouvoir, sur une Gouvernance Economique, Politique et Administrative partagée et raisonnablement répartie et concertée.
En somme, la possibilité de chacun de se prendre en charge par lui-même et pour lui-même dans ses propres environnements. Une forme d’administration où les décisions ne seront pas dictées à partir d’un seul pôle et par les mêmes personnes. Le Fédéralisme ou l’Autonomie de province en est un cadre idéal. Les différents régimes qui se sont succédés n’ont jamais apporté cela. L’administration centralisée n’a causé que des frustrations et des contestations à l’origine de graves crises et paralysies du pays, même si ça ne se passe que dans la seule ville de la capitale.
Le régime de transition actuel est en passe d’emboîter insidieusement les pas de ses prédécesseurs, si précaution ne serait prise. A n’en citer que quelques exemples : si la « Force One » est vendue, une grande partie de la recette sera utilisée à construire un grand hôpital à Antananarivo, et ce, en dépit de ces 3 grands qui existent déjà. Et dans les périphéries alors ?... Aussitôt mis en place, ce régime se précipite pour rénover la plupart des structures dans la capitale et alentours, Chefs de Région par exemple… et les autres localités ? A peine que le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ait vu le jour, l’université d’Antananarivo se voit déjà dotée de nouvelles structures et pour les 5 autres, on attend. N’y a-t-il pas lieu d’accorder un crédit pour ceux qui pensent « donnez-nous les moyens afin que nous puissions penser à nous » ?
« Ankaiky vilany feno harina » ; si l’on ne peut pas s’approcher de la marmite, c’est la marmite qu’on tire vers nous.
Befinoana





