Cela fait plus d’un an que la crise dure et le pays est enfoncé dans la misère. Les difficultés économiques du moment sont immenses et dans les 5 années qui viennent, quoiqu’il arrive et qui que ce soit au pouvoir, la tâche de reconstruction sera presque inhumaine. On se demande même s’il ne faut pas faire comme à Haiti : ne plus parler de reconstruire mais tout simplement de construire, tellement tout est par terre.
Cela fait plus d’un an que Rajoelina écoute ses griots et ses faucons, comme l’a si bien rappelé Ndimby dans son édito du lundi 15/02 (« les vraies colombes et les faucons »). Je l’ai dit moi-même dans l’édito « echec et mat ? », la réponse est maintenant : Rajoelina est mat et sans appel. Au jeu d’échec, quand on sent que l’on va être mat (car le code d’honneur de ce jeu, c’est de ne jamais aller jusqu’à la vraie fin), le futur perdant accepte de coucher son roi, et bon seigneur, tend la main au futur vainqueur. Il n’aura jamais, au grand jamais, la reconnaissance internationale, c’est la fin de la récré de ce côté-là.
Rajoelina doit accepter maintenant qu’il est mat. Il doit coucher son roi et tendre la main à tous ses adversaires et aussi à la Communauté Internationale. C’est la seule solution, il n’y en a pas d’autres, hormis l’anarchie et la misère pour notre pays.
S’il souhaite continuer à jouer, il doit maintenant penser au jeu d’après la défaite. Mais il doit se dire en premier lieu que pour le prochain, il n’aura plus la main et ne sera pas maître du jeu.
La première chose qu’il doit faire en premier lieu et de toute urgence, c’est de se débarrasser de ses proches qui l’ont conduit à ces situations d’échecs successifs. Le premier de ceux-ci est un certain Ratsirahonana. Voilà un homme dont les résultats, où qu’il ait été dans le pouvoir, n’ont été qu’échecs retentissants. On ne va refaire ici l’histoire, tous les lecteurs savent d’eux-mêmes. Rajoelina a pris comme principal conseiller un homme dont la capacité à nuire est bien plus élevée que la capacité à construire. Cela arrive à tout le monde de faire des erreurs de casting, mais l’intelligence c’est de renoncer rapidement quand on constate qu’il y a échec sur toute la ligne. Il s’est entouré de gens traînant autant d’échecs dans leur tentative de mener le pays dans une aventure qui n’a été que trop coûteuse pour le pays. Les garder serait de nouveau une erreur pour Rajoelina et ne ferait que bloquer de nouveau la situation. J’inclus dans les entourages de Rajoelina qui sont facteurs de blocage, tous ces militaires (ils ne sont pas nombreux) et qui ont donné à son pouvoir, une image désastreuse en terme de droits de l’homme et de droit tout court.
Un des vice-présidents, le Général Dolin pour ne pas le nommer, propose maintenant un comité ad hoc pour réfléchir aux conséquences des sanctions qui ne manqueront pas de tomber. On se demande si l’on n’est pas tombé sur la tête. Pourquoi pas aussi des médecins pour réfléchir à la façon de soigner notre pays qui est déjà mort, politiquement parlant ? Sa proposition me conforte encore dans mon idée que les militaires sont de piètres politiques et que, chaque fois qu’ils s’en sont mêlés, l’histoire partout dans le monde l’a montré, cela n’a jamais été une réussite pour un pays.
Au fait, où sont tous les autres membres de la HAT dont on a annoncé en grandes pompes les nominations comme étant des redresseurs de situation désespérées ? Il y a longtemps déjà, je me demandais à quoi cette « institution » pouvait servir, à part émarger au nom de l’Etat et bénéficier de privilège aux frais de la princesse ?
L’attelage hétéroclite du départ ne pouvait que conduire à cette situation de défaite cuisante. Rajoelina, malheureusement pour lui, porte sur ses frêles épaules la responsabilité totale de cette déroute, non seulement pour son clan, mais aussi pour tout le pays. Sa seule porte de sortie maintenant, si on peut parler de sortie, c’est soit d’abandonner la bataille soit d’accepter de ne plus être seul à bord. Mais les nouveaux venus réclameront la mise hors jeu de toute cette bande autour de Rajoelina, et qui l’a amené à cumuler échec sur échec, jusqu’à ce mat sans appel. Mais a-t-il l’autorité nécessaire pour imposer leur départ ? Comme sa légitimité est limitée à ce cercle de « danseurs du ventre », ces derniers ne manqueront pas de le lui rappeler.
Ndimby l’a bien rappelé dans son édito, ces « vautours » souhaiteraient le chaos car pour eux, ce sera encore l’occasion de faire la « danse de la mort » et profiter encore un petit peu plus longtemps, à leur profit personnel, de toute situation où tout est à vau l’eau et il n’y a ni autorité ni contre-pouvoir réels.
Rajoelina a amené notre pays à l’aventure. Celle-ci a tourné au scénario catastrophe. Comme résultat, notre pays est dans le coma. Il est peut-être encore temps pour lui de ne pas en être le fossoyeur ?
Rajoelina est face à l’Histoire, avec un grand H car il s’agit de notre pays et de l’avenir de nos enfants.





