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jeudi 27 novembre 2014
 

 > Société

Manifestation Antsiranana

Les forces de l’ordre ont tiré

mercredi 2 mai 2007, par Eugène R.

La manifestation des étudiants, appuyée par les gens des quartiers qui ne peuvent plus vivre avec le déléstage, a abouti hier à des affrontements sanglants. Les étudiants sont arrivés à contourner les barrages érigés par les forces de l’ordre dans le but de les empêcher de manifester dans la ville. Les manifestants ont immédiatement rejoint le « Bazary Kely » où ils ont reçu le soutien des commerçants. Les forces de l’ordre n’ont pas tardé à réagir. Des grenades lacrymogènes ont été lancées. En réplique, les manifestants ont jeté des pierres. Les forces de l’ordre sont allées jusqu’à tirer sur les manifestants qui ont fait preuve d’une forte resistance. Trois manifestants, dont un tireur de pousse-pousse, un menuisier et un étudiant, ont été blessés par les balles. L’un d’eux a reçu une balle dans le ventre et un autre dans la cuisse. Par ailleurs, environ une dizaine ont été tabassés par les forces de l’ordre. Des voitures appartenant à des particuliers ont été saccagées. Aucune arrestation n’a été cependant signalée.

Vers une grave crise politique

Pour bon nombre d’observateurs, le pays s’achemine vers une grave crise politique qui serait pire que celle de 1991. L’arrestation de Roland Ratsiraka, l’un des trois chefs de fil de l’opposition qui conteste les résultats du référendum constitutionnel du 4 avril dernier, se trouve à l’origine de la situation explosive actuelle. L’arrestation de deux parlementaires (le sénateur Robert Razaka et le député Dimby Benaria) et des dirigeants de l’opposition tuléaroise dimanche dernier a aggravé l’athmosphère politique du moment. Actuellement, on assiste à la logique d’une grave crise politique. Comme à Toliara, à Antsiranana, à Toamasina et à Mahajanga, des manifestations politiques se produiront cette semaine dans les autres grandes villes côtières.

Que fait le pouvoir devant cette généralisation du mouvement de contestation ? Pourquoi le gouvernement de Charles Rabemananjara tarde-t-il à résoudre les problèmes sociaux qui se trouveraient à l’origine de ces contestations ? Bref, plus d’un constatent l’impuissance du régime face à la tension qui monte en ce moment. Un régime qui ne trouve que l’arrestation comme solution.

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