90% des crédits ne profitent qu’aux étrangers. De plus les dépenses publiques sont faibles par rapport au Produit intérieur brut (PIB), car le taux qui est aujourd’hui de 20,5% est en deçà de celui atteint normalement par les pays à faible revenu qui est de 25%, si dans les pays à revenu élevé il est de 30% du PIB. C’est le tableau présenté ce jeudi 25 juin 2009, au Centre d’information technique et économique (CITE) sis à Ambatonakanga, qui a hébergé une conférence débat apparemment pour des initiés et des économistes. Toujours est-il qu’au moment où les grandes questions et les grands sujets demandent à être discuté au lieu de se perdre en conjecture dans les guéguerres de chapelle politique, l’initiative du Cercle de réflexion des économistes de Madagascar (CREM) est plus que louable. La question était de savoir « Quelle politique des finances pour Madagascar ? » L’état des lieux est en effet inquiétant si on devait reprendre le tableau dessiné par les conférenciers, dont le Pr. Harimisa Raveloson.
En matière de finances publiques, les économistes déplorent le poids exorbitant des dépenses publiques et des déficits et endettements. Si le Fonds monétaire international (FMI) suggère la baisse des dépenses publiques et la baisse des crédits à l’Etat pour remédier à ces déficits, la Banque mondiale souhaite pour sa part, la relance de l’offre en réduisant les distorsions d’origine publique telles les subventions et mesures protectrices.
Mais à beaucoup d’égards, remarque-t-on dans l’assistance, ce sont toutes des mesures correctives qui ne sont pas sans conséquences dans les divers rouages de l’économie.
La politique des finances publiques joue effectivement un rôle évident dans la réduction des inégalités et dans la relance de l’économie. Dans cette optique, des mesures, telle l’augmentation des investissements, l’application de politique qui promeut l’offre de capitaux en mettant en place des banques publiques, proposant des crédits sans intérêts, l’autorisation de création de banques par les nationaux et le développement des marchés de titres et de capitaux lesquelles permettront à l’économie de décoller, ont été évoquées.
D’autres perspectives ont été proposées pour sortir de la pauvreté et c’est ainsi que le conférencier Harimisa Raveloson a conclu que : « la réorientation des dépenses publiques vers des mesures favorables en grande partie à l’exportation est une nécessité. Sans ces mesures, la lutte contre la pauvreté sera réduite à l’enrichissement des pays exportateurs ».
Le cas des Philippines qui « exportent » des ouvriers un peu partout dans le monde, a été évoqué. La possibilité de l’exportation du capital humain avec comme mesure d’accompagnement l’acquisition en compétences par le biais des formations spécifiques.
« Le capital humain est une ressource renouvelable comme tant d’autres. Son exportation nous permettra de récupérer des capitaux. Les marins philippins rapatrient presque 90% de leur salaire », a expliqué Hugues Rajaonson, enseignant-chercheur à l’Université.
La spécialisation dans des secteurs où le pays a des avantages comparatifs elle aussi a été explicitée. Madagascar étant un pays à vocation agricole, la chaîne agriculture, agro-industrie et agroalimentaire est un potentiel à exploiter. Sans oublier le tourisme, l’artisanat, les mines et l’industrie manufacturière.
Recueilli par Bill





