Autour de la rencontre annoncée entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, le débat se concentre sur le « quand » et le « où ». Au nom du gouvernement, ou plutôt des membres de celui-ci qui continuent de se réunir en Conseil, Pierrot Rajaonarivelo a déclaré que ceux-ci ne voyaient pas d’inconvénient à ce que la rencontre ait lieu dans un pays tiers, et après la fête nationale du 26 juin. De son côté, la mouvance Ravalomanana marque une préférence pour une rencontre tenue avant le 26 juin et à Madagascar.
Il revient à la SADC de trancher. Il serait préférable que le choix ne soit pas imposé par les tergiversations et retards habituels, et que l’organisation régionale nous permette de bénéficier soit d’un 26 juin « dépolitisé » (option préférée par les pro-TGV), soit d’un 26 juin « pacifié et réconcilié » (option des pro-Ravalomanana). L’indécision risquerait fort de nous priver à la fois de l’un et de l’autre.
Dans ce contexte, des petites phrases dans le rapport de la mission d’évaluation des besoins électoraux effectuée par l’ONU présentent un certain grain de sel : « la réalité que la facilitation politique de la mise en oeuvre de la Feuille de Route est gérée par un organisme sous-régional (SADC), alors que l’ONU s’est vue concéder le leadership pour l’assistance électorale pourrait se révéler un challenge ». Le rapport souligne que les organismes internationaux devront se coordonner pour éviter de donner une impression de compétition, et il est même suggéré que l’ONU soit plus visible par des missions plus fréquentes sur le terrain pour appuyer la SADC dans la médiation et la facilitation du processus de mise en oeuvre de la Feuille de route.
Alors que le partage des rôles est supposé être clair, la présence dans le rapport de l’ONU d’un paragraphe ayant un sens politique certain ne peut qu’interpeller :
The political environment in Madagascar and the specific context of the implementation of the Road Map bear some potential for election-related violence. The potential for violence would probably be the highest if the two principal political actors, Presidents Rajoelina and Ravalomonana were both to be candidates. Early resolution of the problems linked to non-implementation of certain provisions of the Road Map could help to minimize this potential. The proposal to reach a political agreement for both principals to withdraw from the race also remains an important option to pursue, in the interest of peaceful elections
Traduction libre : « L’environnement politique à Madagascar et le contexte spécifique de la mise en oeuvre de la Feuille de route fait apparaître un potentiel de violence lié aux élections. Ce potentiel violent se trouverait probablement à son plus haut niveau si les deux principaux acteurs politiques, les Présidents Rajoelina et Ravalomanana, devaient être candidats tous les deux. La résolution rapide des problèmes liés à la non mise en oeuvre de certaines dispositions de la Feuille de route pourrait contribuer à diminuer ce potentiel. La proposition d’arriver à un accord politique pour que les principaux acteurs se retirent de la course demeure aussi une importante option à explorer, dans l’intérêt d’élections pacifiques ».
(La mise en gras a été rajoutée par Madagascar-Tribune.com).
Inévitablement, l’on est obligé de s’interroger si la SADC et l’ONU sont aujourd’hui complètement sur la même longueur d’onde...








