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Editorial

Les ambiguïtés de Maputo

mardi 11 août 2009 | Ndimby A.

Les Accords de Maputo sont une avancée certaine dans cette crise 2009, même s’ils n’en garantissent pas encore la sortie. Toutefois, dans la mesure où même les deux principaux concernés (le Président Ravalomanana et Monsieur Rajoelina), ont signé lesdits accords, il serait malsain de chercher à en perturber l’exécution. Car comme écrit hier, un mauvais accord vaut toujours mieux qu’une guerre civile. Reste à faire admettre cela aux durs sans être purs de tous genres et de tous bords.

Accord politique de Maputo, Accord N°1 de Maputo sur l’annulation des charges relatives aux évènements 2002 de Madagascar, Accord N°2 de Maputo sur le cas du Président Marc Ravalomanana, Accord N°3 de Maputo sur l’annulation des poursuites et des condamnations prononcées contre des personnalités politiques civiles ou militaires durant le régime de Ravalomanana, Charte de la transition, Charte des valeurs  : les signatures de ces cinq textes ne sont cependant qu’une étape, car la principale difficulté maintenant sera de les appliquer. Et cela commencera par un partage serein et pacifique des sièges, mais aussi par la gestion des frustrés qui vont devoir abandonner leurs sièges.

Ambiguïté sur l’amnistie de Ravalomanana

La mise en œuvre sera difficile. Pour contourner les principaux écueils qui auraient pu faire obstacle à la conclusion d’un accord, les sujets qui fâchent (amnistie et retour de Marc Ravalomanana) ont été noyés dans un verbiage de procédure juridique. Résultat : en fonction du fait que l’on soit de bonne ou de mauvaise foi, on peut faire dire à ce package d’Accords tout et son contraire. Ainsi, selon que l’on soit faucon pro-Transition ou adepte de Magros, écrevisse marbrée ou zanak’i dada, on véhiculera que Ravalomanana est amnistié, ou non. La vérité est cependant quelque part entre les deux.

Concernant l’amnistie, une lecture attentive de la Charte de la transition ou de l’Accord politique de Maputo indique que ni Marc Ravalomanana, ni qui que ce soit d’autre n’est encore amnistié. Seule exception cependant pour Didier Ratsiraka et ses partisans, aux termes de l’Accord numéro 1 de Maputo sur l’annulation des charges relatives aux évènements 2002 de Madagascar. Pour les autres, il est prévu qu’un projet de loi d’amnistie soit présenté en priorité à l’ordre du jour des deux chambres de la Transition pour être voté avant d’entrer en vigueur. Ce projet de loi concernera la période entre le 1er janvier 2002 et la date de la signature de la Charte de Maputo. En sont exclus divers crimes (Titre III de la Charte, Chapitre VII de l’Accord). Stricto sensu, Ravalomanana n’est donc pas encore amnistié sur la base de ces deux textes.

Cependant, deux autres Accords entretiennent l’ambiguïté. L’Accord N°3 indique en effet dans son article un que « Nous, les quatre chefs de file des mouvances politiques de Madagascar (…) déclarons nulles et de nul effet et avec effet immédiat toutes les sanctions administratives, toutes les condamnations judiciaires prononcées et couvrant la période de décembre 2002 à Août 2009 contre des personnalités civiles ou militaires pour des infractions et faits de nature politique maquillés en infraction de droit commun ou pour atteinte à la sureté de l’Etat ». Par rapport à cela, aucune équivoque n’est possible. Sont donc annulées la condamnation de Ravalomanana (et de Haja Razafinjatovo) concernant l’achat de Air Force One number II, mais aussi les charges contre les Manandafy, Ihanta Randriamandranto, Heriniaina Razafimahefa, les quatre parlementaires arrêtés à Ambohipo. Et surtout ces accusations folkloriques contre les cinq technocrates accusés par certains illuminés d’avoir été les commanditaires des bombes artisanales posées ici et là.

Et pour rajouter au flou, l’Accord N°2 place le cas de Marc Ravalomanana et de ses partisans au rang des « demandes » : « Nous, les quatre chefs de file des mouvances politiques de Madagascar (…) demandons l’annulation de la condamnation judiciaire de M. Ravalomanana compte tenu des conditions dans lesquelles le procès a eu lieu » (Article un). « Les chefs de file des mouvances demandent la cessation des poursuites en cours et la remise en liberté immédiate des détenus politiques concernés par les évènements de 2009 » (Article deux). Force est de se demander auprès de qui ces quatre chefs de file font cette demande.

Pour résumer cette situation compliquée, l’Amnistie de Ravalomanana est donc une question de choix de lecture. Primo, selon l’Accord politique et la Charte de transition, c’est une éventualité qui doit encore passer par un vote du Congrès de la transition. Secundo, selon l’Accord N°3, c’est une chose acquise. Tertio, selon l’Accord N°2, c’est un fait « demandé ». Cette dernière formulation est de l’ordre du très curieux, car s’il est entendu que ces quatre chefs de file sont allés à Maputo, c’est qu’ils représentent les instances décisionnaires, et on voit mal la raison de noyer ainsi le poisson. Peut-être sur l’insistance de la délégation hâtive, qui pour faire passer la pilule auprès de ses extrémistes et fanatiques, a pu faire valoir qu’il faut laisser la Justice malgache faire son œuvre en toute souveraineté. Mais dans ce cas, pourquoi les quatre chefs de file n’ont-ils jugé utile de demander à qui que ce soit l’annulation des charges contre Ratsiraka et Compagnie ? Et pourquoi, dans les premiers jours qui sont suivi le coup d’État, les soi-disant prisonniers politiques ont été sortis des geôles sans aucune décision judiciaire ?

Espérons donc que ce flou non artistique et maladroit qu’autorise la lecture parallèle des différents textes de Maputo ne va pas en perturber la mise en œuvre. Car en fonction des sensibilités politiques, on pourra s’engager dans une interprétation basée sur l’un ou l’autre des documents. Notons toutefois que d’après l’article 42 de la Charte de la transition, cette dernière constitue la loi constitutionnelle de la transition. Suivant le principe de la hiérarchie des textes, elle devrait donc avoir préséance sur tous les autres Accords.

Retour à l’ordre constitutionnel

Les Accords de Maputo sont donc un premier pas vers le retour à l’ordre constitutionnel. La mise en place des structures prévues par la Charte d’ici 30 jours en seront un second. Par la suite, les diverses échéances électorales qui remettront en place des institutions républicaines (Constitution, Parlement, Président de la République) complèteront le processus. La question est donc de savoir à quel moment la communauté internationale jugera le niveau de retour à l’ordre constitutionnel suffisamment satisfaisant pour se réengager. Car il est évident qu’en dépit des discours pseudo-nationalistes des faucons (et des vrais…), Madagascar ne peut se passer de l’aide internationale, et c’est ce qui a obligé Andry Rajoelina à redescendre du piédestal sur lequel il se croyait pour aller à Canossa en se rendant à Maputo [1].

Autre ambiguïté : à Maputo, le Président Chissano a affirmé lors d’une interview que « la communauté internationale ne reconnaîtra que le gouvernement issu des futures élections, mais elle apportera son appui dans l’organisation de celles-ci ». Toutefois, l’article 36 de la Charte indique que « la communauté internationale, témoin et garante des engagements pris dans le cadre de la Charte de la Transition, est appelée à appuyer le processus de transition, y compris l’organisation des élections ». Cela sous-entendrait donc un appel à soutenir le régime de transition (le vrai, celui issu des Accord de Maputo, et non le régime issu du coup d’État du 17 mars), qui ne pourra pas survivre longtemps sans les aides budgétaires des bailleurs de fonds les plus importants, en particulier l’Union européenne, la Banque mondiale, le FMI et la Banque africaine pour le développement. Attendre 15 mois avant d’y avoir accès risque d’être acrobatique pour celui qui sera chargé des finances de l’État.

Sans doute la célérité et le sérieux dans la mise en œuvre des différents Accords de Maputo seront de bons indicateurs pour juger de la bonne volonté des parties prenantes à faire aboutir la transition, et favoriser l’ouverture rapide des robinets. Leur signature permet aussi théoriquement d’engager une transition inclusive et consensuelle, et éviter ainsi de tomber sous le coup des menaces des sanctions dont l’Union africaine avait menacé Madagascar. La réunion du Conseil de paix et de sécurité de cette organisation internationale dans les prochains jours, puis la rencontre de Maputo 2 dans dix jours donneront l’occasion d’avoir un aperçu des tendances de prise de position de la communauté internationale. Les Nations unies, par la voix de leur Secrétaire général Ban Ki-Moon, ont déjà déclaré être prêtes à soutenir la mise en œuvre de ces accords. C’est un bon signe, mais sa traduction en espèces sonnantes et trébuchantes de la part de la communauté internationale dépendra de la bonne foi de nos politiciens. Eo indrindra isika izao.

Notes

[1Pour éviter à certains d’avoir à farfouiller dans leur dictionnaire ou sur Wikipedia, rappelons que « Aller à Canossa » signifie se rendre dans un endroit pour faire soumission, pénitence ou acte d’humiliation. L’origine de l’expression date du XIème siècle, quand l’empereur Henri IV d’Allemagne dut se rendre au château de Canossa (Italie) pour demander pardon au pape Grégoire VII. Le souverain allemand avait en effet cru bon de proclamer la déchéance du pape, qui l’excommunia derechef. Du coup, les vassaux de l’empereur se désolidarisèrent de lui, ce qui l’obligea à aller rencontrer le pape pour le supplier de lui accorder son pardon.

41 commentaires

Vos commentaires

  • 11 août 2009 à 07:44 | Noue (#2427)

    - « les signatures de ces cinq textes ne sont cependant qu’une étape, car la principale difficulté maintenant sera de les appliquer. Et cela commencera par un partage serein et pacifique des sièges, mais aussi par la gestion des frustrés qui vont devoir abandonner leurs sièges. »

    Quoi qu’il en soit , un accord c’est un accord ! et signé en plus ! Alors...concrétisation même si cela fait mal aux uns et bien aux autres.

    Chaque chose a sa fin mais le plus important , c’est l’intérêt de la nation et du peuple Malgache « nijaly tsy fidiny »

  • 11 août 2009 à 08:28 | rota rakotomalala (#2628)

    Pour moi, si tu me le permets Ndimby, il n’y a pas d’ambiguité.

    On veut détourner l’attention des gens sur ces f...ues amnisties bla bla bla...C’est sûr qu’il faut régler ces pb mais il faut qu’ils s’attellent en priorité à la tâche de pondre UN VRAI PROGRAMME DE TRANSITION, bon sang de bonsoir !!!

    Ils ont seulement 30 jours pour le faire !!!

    Désolée mais il fallait que je le dise !

    • 11 août 2009 à 09:04 | Rasoa (#1122) répond à rota rakotomalala

      Marina tena marina ny an’i rota rakotomalala.

      Raha azoko nomena cin points dia nataoko.

      Ilay « titre » hafahafa ataon’ny « mpanao gazety » koa indraindray dia tena « fositra » amin’ny fampandrosoana.

      Ary matetika « tompon’andraikitra » amin’ny zava-dratsy miseho ny mpanao gazety tsy mahay n’inona n’inona fa mipentsompentsona fotsiny.

      Tsy misy « étude des cas » fa ny ao an’eritreriny ihany dia izay.

    • 11 août 2009 à 09:18 | Jim-0450 (#945) répond à rota rakotomalala

      Je dirais aussi qu’il n’y apas d’ambiguité.

      Ne regardons plus le passé,essayons de construire le futur.

      Evitons tout ce qui pourra éventuellement poser d’autre problème.

      Gardons le sang froid,et avançons dans la continuité du progrès.

      En saluant au passage le geste de Andry Rajoelina d’avoir accepter de discuter sagement sans pouvoir trôp satisfaire les siens.

      Je pense qu’à l’avenir il faudra bien expliquer à tout le monde,la constitution et son contenu.

      VIVE LA FRATERNITE.

    • 11 août 2009 à 09:41 | Rakitoza (#689) répond à Rasoa

      Fa i Rasoa ve aloha namaky ireo accords maro samihafa, na mba namaky ilay lahatsoratra ? Sa vao teo amin’ny lohanteny dia avy dia nikaramentsona ? Io tsy fahaizana mandajalanja io ihany no mahavoa antsika ka lasa manao foza orana na zanak’i dada tsy ampiheverana.

    • 11 août 2009 à 10:44 | Rasoa (#1122) répond à Rakitoza

      Mamaky lahatsoratra tokoa aho ry rakitoza a !

      Ary manara-baovao isan’andro indrindra fa iny sommet Maputo iny !

      Ny tiako hotenenina amin’io nosoratako io dia izao :

      ...Matetika dia manana « part de responsabilité » amin’ny zava-mitranga ny mpanao gazetintsika... Tsy ny resaka politika ihany fa indrindra indrindra ny ara-tsosialy....

      Satria arakaraky ny fomba hitondràn’ny « mpanao gazety » ny lahatsoratra lazainy no handraisan’ny mpamaky ny dikany.

      Amiko izany, tokony lanjalanjaina tsara ny mety ho vokatry ny fomba fanehoan-kevitra ary hadihadiana lalina ny fiantraikany eo amin’ny fiaraha-monina alohan’ny hivoahany an-gazety.

      Ohatra : ahoana ny mety hovoka-dratsin’ity zavatra soratako ity eo amin’ny tanora sy ny fanabeazana ary inona no fampianarana sy lesona mety haterany ???

      Fa tsy sanatria akory izaho Rasoa mikaramentsona fotsiny ka !

      Miala tsiny raha izay no fandraisanao ny tiako lazaina e !!!

    • 11 août 2009 à 12:32 | Citoyenne Malgache (#599) répond à Jim-0450

      Objectivement, les ambiguïtés y sont tout de même, et l’analyse de Ndimby est tout à fait juste. Et puis, en politique, même une phrase aussi simple comme « Le soleil brille » peut devenir ambigüe.

      Reste à savoir si elles ont été volontaires ou résultent juste d’une rédaction pondue sous haute tension.

      Mais dans tous les cas, c’est l’esprit de reprise représenté par cet Accord qui devrait régner dans tous les camps, et espérons qu’il y aura de la volonté pour ne pas être trop tâtillons sur certains détails, ambiguïté ou pas.

  • 11 août 2009 à 08:57 | demokrasia fostsiny (#160)

    Mise en place d’un collectif de citoyens malagasy pour demander à la communauté internationale
    Les contreparties obligatoires des accords de Maputo

    Les accords de Maputo sont positifs car ils permettront pendant 15 mois de poser des questions dont les réponses seront fondamentales pour que le peuple malagasy ne desespère pas non seulement de l’action politique mais surtout de la démocratie.

    Oui pour le retour de Didier Ratsiraka et de Marc Ravalomanana .

    Mais la communauté internationale doit aussi rendre justice au peuple malagasy, au moins sur un point. Demandons à la communauté internationale d’ouvrir des enquêtes pour vérifier l’exactitude ou non :

    D’une part des détournements de fonds publics par Didier Ratsiraka et son gouvernement, dénoncés par Marc Ravalomanana et son gouvernement

    D’autre part l’utilisation par Marc Ravalomanana, dénoncée urbi et orbi ,de l’administration d’état et des fonds publics pour favoriser l’enrichississement de ses entreprises.

    Si la communauté internationale ne mène pas ces 2 enquêtes dont les résultats devront se traduire soient par des relaxes ou des condamnations pour rendre à l’état malagasy ce qui lui a été volé.

    Alors la communauté internationale, par les accords de Maputo aura consacré, non seulement, l’impunité pour les prochains dirigeants, en matière de détournements des fonds publics, mais surtout serait responsable,pour longtemps, de la perte de confiance du peuple malagasy dans l’action politique et la démocratie.

    Ce collectif de citoyens aurait aussi pour tâche de convaincre, par des actions de communication, les hommes politiques responsables et le peuple malagasy que c’est un régime parlementaire qu’il faut pour la constitution de la 4ème république.

    Ainsi savoir si tel ou tel se présenterait à l’élection présidentielle ne serait plus un problème central pour l’avenir de Madagascar et nous preservrait de tout président apprenti dictateur.

    PS : la même action sera demandée contre Andry Rajoelina s’il s’avère qu’il y a eu détournement de fonds publics pour enrichissement personnel.

    Pour celles et ceux intéréssés par la création de ce collectif voici le courriel www.gasikara pourriel.fr

    • 11 août 2009 à 13:10 | RADAGIL (#127) répond à demokrasia fostsiny

      J’adhère complètement à votre idée.Pour que nous petits citoyens n’employerons plus l’expression« Tous pourris » envers nos dirigeants il faut faire comme vous le dites.Ainsi on pourra mettre notre confiance envers eux

    • 12 août 2009 à 02:25 | jolami (#1916) répond à demokrasia fostsiny

      C’est en principe le rôle du processus de « Vérité et réconciliation » prévu dans l’Accord politique de Maputo.

  • 11 août 2009 à 09:02 | vahiny (#2240)

    ils « nous » ont evité le pire , la guerre civile

    me remémorant quelques bouquins des années 60 , le livre d’or de la république malgache , livre d’or de l’indépendance , Boiteau , Deschamps etc , tous porteurs d’une fantastique espérance , je me prends à rever à ce que Madagascar et son peuple pourraient étre aujourd’hui.....

    la bien maigre satisfaction du soulagement , ne doit pas faire oublier que cette bande des 4 porte la responsabilité des 35 derniéres années de descente aux enfers de ce pays

    15 mois , c’est peut être assez pour voir émerger parmi les trés nombreuses élites , des hommes (et femmes !!) dont l’ambition serait enfin de hisser Madagascar parmi les meilleurs des pays émergeants

  • 11 août 2009 à 09:05 | meloky (#637)

    Les resultats du Maputo s’averent un peu flou pour ceux qui ne savent pas les enjeux. Mais, il se peut que la chose semble claire !

    Du noir au blanc, C’est la consequence de non-respect des accords de Dakar I et II !

    C’est à vous de digerer !!!!

    De toute facon, Un grand salut pour ce cas particulier : soulagement pour les peuples !!!

  • 11 août 2009 à 09:13 | Citoyenne Malgache (#599)

    ...

    Ndimby, il ne fallait pas donner des idées aux vrais faucons comment exploiter ces ambiguïtés en leur faveur. Les choses sont déjà assez compliquées sans cela.

    Mais mon grand souci concerne la question d’indemnisation des victimes des évènements, stipulée dans l’Article 13 : Toute personne victime des évènements politiques entre 2002 et la date de signature du présent accord qui aurait subi des préjudices de quelque nature que ce soit aura droit à une réparation et/ou une indemnisation par l’Etat dont les modalités seront fixées par le CNR.

    En tant que contribuable, je me pose la question...oui pour l’indemnisation, mais qui va encore payer pour alimenter le Fonds National de Solidarité prévu dans l’Article 15 ? Ce ne sera sûrement pas tous ces fozaorana qui ont pillé sans aucun état d’âmes et dont je soupçonne la majorité de ne pas payer d’impôts ni taxes. Ce ne sera sûrement pas la bande à Charles, qui je rappelle au passage vit aux crochets des contribuables... Allez les citoyens responsables, c’est encore pour votre pomme !!!

    Et j’en profite pour rappeler que Tiko avait déjà été victime du clan Ratsiraka en 2002 (http://njnb.wordpress.com/2009/07/07/tsara-mahasalama/) et que cela tombe sous l’application de l’Article 13.

    PS : Merci pour l’explication qui m’a évité le dico. Expression utile et d’actualité...

    • 13 août 2009 à 14:41 | rota rakotomalala (#2628) répond à Citoyenne Malgache

      Merci à Citoyenne Malgache de l’avoir dit clairement !!!

      Je suis trop en colère contre tous ceux qui ont détourné l’attention des gens au lieu de focaliser sur l’essentiel : « Il n’y a pas d’interprétation, il faut exécuter !!! »

      Mon coeur saigne...

  • 11 août 2009 à 09:36 | ragasy (#416)

    « la communauté internationale ne reconnaîtra que le gouvernement issu des futures élections, mais elle apportera son appui dans l’organisation de celles-ci ». Toutefois, l’article 36 de la Charte indique que « la communauté internationale, témoin et garante des engagements pris dans le cadre de la Charte de la Transition, est appelée à appuyer le processus de transition, y compris l’organisation des élections ».

    C’est évident que les sous des bailleurs ne seront acquis qu’après la transition à mon avis. Ils pourront néanmoins allouer un fonds spécial pour cette transition, pour les plus démunis et pour la préparation des élections. Ils ne sont pas aussi bêtes que les foza le croient.

    De toute façon, attendons les résolutions qui sortiront de la réunion de l’UA.

    Ils ne faut pas être plus royaliste que les rois. Hélas, ce sont eux qui ont les sous.

  • 11 août 2009 à 09:59 | observatrice (#2065)

    « eo indrindra isika izao » : tout à fait d’accord avec vous ;

    en tout cas, j’espère que ces gens ont enfin compris que cela ne veut pas dire que les vannes seront ouvertes dans les jours qui suivent et qu’ils pourront se servir comme ils l’espéraient !!

  • 11 août 2009 à 10:35 | Albatros (#234)

    Merci Ndimby pour cette mise au point précise.

    Cet article est à accrocher au mur et à lire chaque jour pour suivre l’évolution des événements. Je suis curieux de voir les premières réactions des militaires.

    Il ne pouvait pas ne pas y avoir d’ambiguïtés dans les accords de Maputo. Il s’agissait de sortir un document rapidement et en donnant l’impression qu’il n’y avait pas de perdants parmi les signataires. Pour eux le texte ne présentera pas d’ambiguïtés mais qu’en sera-t-il des absents ?.

    Un pas positif a été franchi à Maputo mais presque tout reste à faire.

  • 11 août 2009 à 10:39 | Vive la libertée (#2643)

    Je cherchai la raison pour laquelle le petit dictateur Rajoelina si avide de pouvoir et de richesses qu’il n’a pas hesiter a tuer, voler, mentir, a persécuter ceux épris de grandeur et de liberté qui voulais lui barrer la route, je cherchai pourquoi cet homme sans lequel madagscar n’aurai pas connu une telle carastrophe économique, sociale, et culturelle faisait de tels concession ? et puis j’ai compris : il n’a plus le choix, il a ruiné l’economie en remunerant gracement les complices de son putch, en arriviste avisé lui et sa bande on détourner de grosse somme d’argent comme celle prévu pour une grosse batisse a Tana... nul doute que c’est le peuple malagasy qui as financer ses délir son train de vie et sa propagande.
    a quoi sert le pouvoir si les caisse sont vide ? la seul maniere de les renflouées c’etais d’accepter le compromis moyen qui a ete signé a Maputo, en somme une solution pour continuer a s’ennivrer du pouvoir et de ses richesses, lesquelles sont surement consciencieusement stocker dans un paradis fiscal.

  • 11 août 2009 à 10:49 | gasy (#954)

    misy ambiguite le charte satria
    1- Mbola betsaka ny olona tsy namaky ilay accords akory dia efa manao commentaire
    2- mbola misy foana ny mpanao politika mandainga @ mpomba azy satria matahotra sao hivadihan’izy ireo.
    3- Misy koa ireo mpanao politika sy mpanao gazety jiolahim-boto ka tsy manao afatsy ny mamporisika ny mpomba azy.
    4- Tsy mboa mazava @ Malagasy ny hoe : ny soratra ihany no manakery fa tsy ny taimbava akory. Rehefa mipetraka ny soratra ka voasonia ara-dalana dia izay no iadiana hevitra fa tsy ny déclaration misy information biaisée akory
    5- Samy hafa be ny fomba fisainan’ny mpanohana an’i Rajoelina sy Ravalomanana ka izany no mahatonga ilay fandikana tsy mitovy
    6- Tsy mazava @ vahoaka Malagasy fa na inona na inona ady politika, na ady antrano misy dia tsy maintsy miafara eny ambony latabatra foana ary tsy maintsy miafara @ fifanarahana. Izany no haute politique. Tsy mijery ny hetahetan’ny tsirairay intsony io fa mijery izay hampilamina ny firenena nokorotanina. Rehefa tonga eo @ databatra dia tsy ny hevitry ny vahoaka intsony no raisina fa izay marimaritra iraisana izany hoe tsy misy mahazo fahafaham-po 100%. Midika izany fa atao tohatra fiakarana fotsiny ny vahoaka fa rehefa tonga @ tsy azo anoharana ny mpitondra dia tsy maintsy mifanaraka.

    na izany aza anefa dia efa dingana lehibe no vita entina handaminana ny firenena. misy anatra koa ireny ho an’ny olona zatra miandry fotsiny sy tia manonga-panjakana satria ny vahoaka foana no mizaka ny vokany !!!!

  • 11 août 2009 à 10:49 | Jeanmi (#838)

    Les combines de Maputo, devrait-on dire !

    D’accord avec Ndimby sur le flou plus qu’artistique autour de ces questions d’amnistie. Mais le fait est là : notre bande des quatre a commencé par s’occuper d’elle même ! Qui qualifiera de « crime contre l’humanité » les exactions, magouilles et autres malversations diverses commises à Madagascar,(tous auteurs confondus), de 2002 à 2009 ?

    Conclusion : lisible ou pas dans ces textes, le fait est qu’ils se sont d’ores et déjà auto amnistiés !

    Grâce à ce tour de passe passe, une transition consensuelle inclusive et Maputivement convenable va magiquement se mettre en place (10 jours pour la répartition des « seza » alors que cela fait plus de six mois qu’on rame), cela réclame l’intervention d’une bonne fée !).

    Et enfin 15 mois (à compter d’août) pour procéder aux divers scutins nécessaires, qui seront bien entendu garantis libres, transparents et sous surveillance.

    Ce qui nous ramène exactement au calendrier initial de la HAT, qui avait fait pousser partout dans la C.I. des cris d’orfraie (« c’est beaucoup trop long, les élections doivent se tenir dans les 45 jours » pouvait-on lire à l’époque).

    Deuxième auto-amnistie, celle de la C.I. qui s’absout de ses erreurs de jugement et d’appréciation précédents.
    C.I. qui au passage s’exonère sine die de ses « pensions alimentaires » dues à Madagascar.

    Enfin tout ce petit monde inclusif connu de longue date aura raison (puisqu’adoubé par Maputo) et pourra se livrer avec délices aux prévarications que lui permettra la parcelle de pouvoir qui lui aura été attribuée.

    Sinon il ne faudrait plus parler de Maputo mais de Lourdes, car un véritable miracle s’y serait passé ! Ils auraient changé !

    Moi, je n’y crois pas trop.

    Une seule solution : qu’une nouvelle génération profite de cette transition pour s’imposer.
    Cela ne va pa être facile, chacun des quatre camps ayant déjà une liste excédentaire d’amis à placer.

    Cerise sur le gateau Maputinesque : les membres du gouvernement de transition « new look » ne pourront donc pas se présenter aux présidentielles futures.

    Le prochain jeu à la mode sera de deviner, parmi ceux que se seront ainsi sacrifiés en renonçant à briguer la magistrature suprème, qui roule pour qui.

    Et pendant ce temps, nos quatre amis, que feront-ils ?

    • 11 août 2009 à 11:23 | jack-no (#1477) répond à Jeanmi

      « ... au calendrier initial de la HAT, ... C.I. qui au passage s’exonère de ses « pensions alimentaires » dues à Madagascar. »

      bonjour,

      la différence, c’est que la hat (378 hatiens) se donnait tous les pouvoirs sans exception. en langage décodé, dictature.

      pourquoi parlez-vous de « pensions alimentaires dues ». il y a eu un jugement de divorce ?

      jacques

  • 11 août 2009 à 10:51 | da fily (#2745)

    Oui ambigûité il y a, et cela est voulu car à trop ménager la chêvre du chou, je l’ai dit sur un post précédent, ils ont abouti à des accords sans réelles formes pour clore le débat.

    La raison est qu’il faut gagner du temps, la charte de transition et son effective application vont chambouler le paysage. N’est pas simple qui veut.

    Je rejoins l’auteur sur le contenu de ces Accords. On nous a présenté le contenant avec sa belle étiquette, mais il faudra faire passer le breuvage.
    Et là, Ndimby se pose en perplexe car il faut bien savoir ce que l’on veut nous faire avaler. Le trublion qui nous interpelle a encore frappé. Même si les heures ont été graves, ne laissons pas l’uniformité et la pensée consensuelle nous envahir.

    Je ne vois là, aucun obstacle à la mise en place de la route transitionnelle. A trop avoir craint le pire pour le pays, il était couru que l’accord tant attendu et conclu au dernier jour serait perçu comme délivrance suprême ! Le but a été atteint.
    De ce fait, les esprits troublés et malmenés trouvaient enfin l’apaisement qui convient, c’etait habile. On pouvait toujours arguer qu’il sera toujours temps de décortiquer ces fameux accords pour en connnaître la réelle teneur le moment venu, et s’apercevoir enfin, que cette montagne n’a accouché(péniblement) que d’une souris diforme et aphone.

    C’est ce que nous transmet l’auteur, il lui paraît nécessaire de nous interpeler sur le sujet, et je l’en remercie.

    Asan’ny mpanao gazety ny mamakafaka ny vaovao izay miseo, ary anjarany koa ny mampiely ny toe-javatra izay tsy mazava hoan’ny tsirairay. Ny an-tsika mpamaky dia ny mamolavola ary ny mieritreritra.

    Il y aura encore tant de choses à dire ces prochains jours, l’actualité est la soeur jumelle de dame-nature, elle souffre qu’un vide le soit trop longtemps.

  • 11 août 2009 à 10:57 | meloky (#637)

    Dia ho hita eto izany ny tena « role » -ny « journalistes » : na hiseho ho beloha ka manitatra izay tsy tokony hororitina na manampy amin’ny fanomezam-baovao marina ho an’ny vahoaka izay isehosehoan-drizalahy isan’andro fa hoe mpomba ny vahoaka !!!!

    Mazava ny ny « accords » ka ataovy izay anton’asanareo Journalista !

    Sa mba isan’irony mpandrebireby vahoaka irony ve ! sa hoentina mandrakariva ny kobay nefa milaza fa hoe « neutre » hono.

    Mazotoa manady hevitra daholo eh !!!!

  • 11 août 2009 à 11:02 | thubert (#459)

    l’ambigüité est surtout les forumistes qui n’arrivent pas à regarder vers l’avant mais se contentent de voir par derrière.
    je crois qu’à chaque arrivée, il faut toujours un départ. quelque-soit ce départ.

  • 11 août 2009 à 11:04 | maminah (#2788)

    La signature des Accords de Maputo a été une jolie surprise et un véritable soulagement au retour des vacances. Le sentiment d’avoir évité le pire et l’espoir d’aller enfin de l’avant.

    Merci pour cette analyse, scrupuleuse et lumineuse comme d’habitude, des enjeux de cet Accord. Cette question d’amnistie est en effet centrale, car il y va de la configuration et de la paix politiques à venir. Ce qui exige plus que jamais de la vigilance, dont n’a pas fait hélas preuve la délégation du TIM à Maputo.

    Comment a-t-elle pu faire passer des clauses aussi floues, et aussi humbles dans leur formulation( "Nous( ...) DEMANDONS l’annulation de la condamnation judiciaire de M.Ravalomanana...), alors même que des actes de banditisme avérés, relevant de la crapulerie la plus primaire, ont pu se revêtir d’une couleur politique, voire idéologique ?

    L’ambiguïté des textes tiennent vraiment du manque de maturation des conditions du TIM, qui risquent de ne peser lourd face à des faucons retors et résolus à en découdre pour s’arroger la part du lion. Car comme on ne le sait que trop, leur appétit est féroce et ils n’ont l’intention de répercuter au peuple que des miettes du pactole qu’ils escomptent obtenir des bailleurs au terme de cet Accord.

    La paix n’est pas gagnée d’avance. Hélas...

  • 11 août 2009 à 11:07 | ikopa (#671)

    Io indray i ledimby famamalan-kira.
    Ny zavatra voalohany mila soritina dia izao : ireo mpandamin-draharaha iraisam-pirenena dia mahalala tsara fa ny olana goavana mila vahana aloha dia ny olana eo @n-dra8 sy rajoelina. Fantany fa miankina @ HAT ny fanekena na tsia ny fiverenan-dra8 eto Mada.Fantany koa fa mbola matanjaka ny herin’ny Andry eto Mada ka mila tambatambazana izy mba tsy hampitarazoka ny raharaha.

    ka raha ny fampifandraisana ny amnistie mikasika an-dra8 sy i Deba dia tsy azo ampitovina mihitsy satria tsy dia misy fifandrafesana eo @ Andry sy Deba toy izay misy eo aminy sy i le8
    Ka raha izay « famotsorana » ny helok’i deba no hahatsara endrika azy eo imason’izao tontolo izao dia ataony izany.

    Ny @ i le8 indray dia ezahin’i Andry aseho fa mbola izy ary izy irery no tompon’ny teny farany @ fandehan’ny resaka eto an-toerana.Fantany fa tsy maintsy miditra @ izany « famotsorana » an’i le8 izany izy mba tsy hiheverana azy hoe « be hambom-po ». Andrasana aloha ny fitsanganan’ilay rafitra iraisana ka io no mody andefasana ilay fangatahana mba hotapahina ny momba ilay famotsoran-keloka an-dry le8 mianakavy. Mazava ho azy fa hahazo izany izy ireo saingy « fiady » politika izany.

    Ka toa mahagaga raha mbola mahita ihany i ledimby fa mbola misy zavatra tsy mazava sy mifono zavatra hafahafa ao.

  • 11 août 2009 à 11:31 | xena (#774)

    Tena tsipaka am-bava-fo ho an’ny TIM sy ny GTT tokoa iny chartes tany Maputo iny. Voalohany dia tsy filoha intsony Ravalo, ren-tany ren-danitra izany ! Faharoa dia mbola tsy hiverina eto Madagascar ingahirainy ! Fahatelo dia mety ho mbola azo samborina izy amin’ny heloka bevava sasany vitany : crime contre l’humanité !!!(mazava ho azy io raha ilay nitranga tamin’ny 7 fevrier no asian-teny). Ninoninona manko fanazavana entin’ny TIM sy ny GTT momba iny chartes iny dia i Andry kely mahavita azy ihany no mpitondra ny tetezamita ary izy no tsy maintsy tompon’ny teny farany amin’ny zavatra rehetra ! Koa mahaiza mionona indray ary ianareo TIM sy GTT !

    • 11 août 2009 à 18:25 | racynt (#1557) répond à xena

      Tsy mivoatra mihitsy hatramizao fa mbola mifanenjika, dia mbola tsy miditra ao an-tsaiana ihany ve fa ny tombotsoan’ny malagasy rehetra no tadiavina @ zao fa tsy ny fandresen’ny andaniny na ny ankilany ?

  • 11 août 2009 à 11:32 | jack-no (#1477)

    bonjour,

    il y a beaucoup d’interrogations sur cet accord, sur la mise en place.

    on pourrait comparer un tableau :

    la loi initiale (accord de Maputo 1) est une toile avec des ébauches.

    les décrets d’applications (Maputo 2) sera les coups de pinceaux.

    la période transitoire sera la finalisation du tableau.

    les élections l’exposition de l’oeuvre.

    que c’est poétique !

    jacques

  • 11 août 2009 à 12:21 | Balita (#216)

    Il n’y a rien de flou dans cet accord. Il faudrait juste savoir reconstituer le puzzle.

    A 35 ans, Rajoelina** a compris que la politique n’est que l’art de la mensonge, la science du mépris.

    Avec la politique, on peut tuer, voler, passer quelques temps en exil et être lavé de tout soupçon durant sa retraite.

    Ce jeune patriote** était impuissant devant ces vieux routards de la politique malgache. Il est le seul perdant.

    Madagascar a toujours été et sera toujours une république bananière. Et c’est ce que veut la communauté internationale.

    Ce qu’il nous faut c’est une 50aine de commandant Charles pour exterminer cette race de politiciens sans scrupule.

    ** pour ne pas dire la jeunesse malgache

    • 11 août 2009 à 13:10 | da fily (#2745) répond à Balita

      Balita no tsy nambinina, sao ahoana ?

      HInonao ve fa ny fampitombona ny isany ny ireny Rasarla ireny, izay efa voavidy vola, no hamerina ny ara-dalàna eto @ tanàna ?

      Bien surprenant comme analyse, je n’ose croire que vous ayez pu voir un seul geste honorable dans les gesticulations du Capsat.

      Montrer à la face du monde une espèce d’hystérie vulgaro-belliqueuse, tout en faisant tournoyer la kalach’ au-dessus des têtes ne peut pas être un spectacle qui vous a plu.

      Si votre confiance en les politiques s’est envolée, peut-être que la cause en est dans notre société même, vous ne vous êtes jamais posé la question ?

      Les hommes politiques de notre pays, ne sont que le reflet vivant de notre mode sociétal, la racine du problème est bien là.

      Votre serviteur.

    • 11 août 2009 à 15:39 | Albatros (#234) répond à Balita

      Personnellement je préférerai une 50aine de Razily qu’une 50aine de commandant Charles pour l’avenir de Madagascar.

  • 11 août 2009 à 14:16 | sevane (#2781)

    Il est vrai que cet accord est un grand symbole, qui marquerait la fin d’une impasse. Du moins, je l’espère.
    Mais je reste tout de même sceptique. Pourquoi, pour une fois, les dirigeants et autres affamés politiques, respecteront-ils un accord ? On n’a jamais rien respecté. L’Etat de Droit est rarement appliqué à Madagascar. D’autre part, cet accord ne règle pas les problèmes de fond, à savoir l’incompétence et l’animosité des dirigeants (du moins actuels), la sauvagerie des bidasses, l’absence totale de vrais politiciens, de parti et de projet politique, le non-respect des lois et de la démocratie, les haines raciales qui menacent à tout moment de dégénérer en guerre tribale. Tant que tout ça n’est pas résolu, Madagascar ne sortira jamais du trou où il se trouve en ce moment.
    Cet accord n’aurait jamais dû exister car il n’avait pas lieu d’être. Est-ce normal qu’un président élu au suffrage universel soit obligé de s’exiler et laisser sa place à un criminel d’Etat, soi-disant pour le « bien » de son pays et pour satisfaire l’égo surdimensionné d’un DJ ? Si c’est le cas, alors la porte est ouverte à tous ceux qui rêvent de devenir un jour « Président ». Il suffit uniquement d’un coup d’Etat. Nul besoin d’attendre la fin du mandat du précédent ni une élection. Un coup d’Etat suivi d’un accord suffisent.
    Je ne suis pas une inconditionnelle de Ravalomanana. Je ne fais pas partie de ceux qui crient haut et fort pour que « Dada » revienne. Déjà, l’emploi du mot « dada » m’horripile et traduit un certain fanatisme, n’ayant aucun lien familial avec lui. Mais il est le président élu par le peuple, à qui le peuple a confié des fonctions et qui sera jugé par le celui-ci même lors du prochain suffrage universel. Je voudrais juste qu’il accomplisse son travail.
    Je suis bien d’accord que l’opposition est une nécessité. Et si les choses se sont ainsi dégénérées, Ravalo y était sûrement pour quelque chose. Une partie (ou une grande partie) du peuple ne s’est pas sentie écoutée et il a dû aussi commettre des erreurs au passage. Mais l’opposition est là pour ça, pour dénoncer, pour critiquer objectivement, pour proposer avec les moyens démocratiques qu’elle aurait dû utiliser. Ils auraient pu bien préparer le terrain pour les prochaines élections en proposant un vrai projet politique digne de ce nom. Au lieu de cela, on assiste une nouvelle fois à un coup d’Etat. Toute l’économie remise à plat. D’où vient cette habitude de tout brûler, tout casser ? Comment peut-on se permettre de rester plusieurs mois en grève sans mettre l’économie en l’air. Cette opposition « sauvage » me dégoûte et ne me laisse espérer rien de bon de la part de ceux qui ont le pouvoir en ce moment. J’espère toutefois avoir tort. En effet, n’étant pas à Madagascar pour vivre la situation, je n’ai peut-être pas tous les éléments nécessaires pour un jugement plus correct.
    Enfin, il est, à mon avis, grand temps que l’Eglise arrête de s’immiscer dans la vie politique. L’Eglise et le Pouvoir doivent être explicitement séparés. La politique n’est pas de leurs compétences. Les Malgaches étant un peuple très croyant, les voix de l’Eglise passent trop souvent pour la voix de Dieu, bref la Sagesse. Mais ce ne sont pas des politiciens. Tout ce que l’on veut c’est l’efficacité. Mais de là à leur faire boire du jus « très naturel » ...

    • 11 août 2009 à 16:05 | Albatros (#234) répond à sevane

      Il n’y aura plus d’ambiguïté lorsque que les candidats au poste suprême auront (comme les candidats au BEPC) donné en 15 points ARGUMENTES la manière dont ils comptent régler les problèmes concernant les transport (facilitation des échanges d’une région à l’autre), l’éducation des jeunes (non pas pour en faire des puits de science mais pour les armer dans la vie), l’auto suffisance alimentaire (en revoyant les productions : pisciculture et vanille. Qui enrichissent les intermédiaires mais rendent les ouvriers dépendant des marchés qu’ils ne contrôlent pas), la place de l’armée (40 000 hommes !!! pour défendre Madagascar contre qui si ce n’est que contre elle-même), etc... etc...

      La Société Civile doit imposer ce type d’engagements par écrit afin de lever toute ambiguïté.

  • 11 août 2009 à 15:51 | Rakotoasitera Fidy (#2760)

    Ambiguité ou non les résultats on les verra dans vingt mois

    D’ici là combien de nouveaux pauvres
    vont mourir ???

    Un opérateur économique (tourisme) m’a raconté qu’il a perdu 250 000 euros en 6
    mois et qu’il était obligé de fermer et de mettre au chomage ses collaborateurs

    Il a rajouté que contrairement à 2002 ou la venue de Ravalomanana a dopé son secteur , 2009 et Andry Rajoelina ont
    completement détruit tous les espoirs
    construits depuis

    Avec lui nous avons contacté Carrefour (qui possede quand meme 4000 agences)
    eh bien dites vous bien que Madagasikara a été ’rayé’

    Cet opérateur m’a tracé un tableau des plus sombres concernant les firmes
    qui ferment en mettant des dizaines de milliers de famille malagasy dans une profonde misère

    Les disputes pour les ’seza’ , les bla bla bla des pseudos intellos qui vont
    réecrire une constitution me semblent totalement incongrus face à ce drame qui
    va ’assassiner’ des milliers de malagasy qui n’ont demandé qu’à vivre
    tranquillement de leur travail

  • 11 août 2009 à 17:49 | ragasy (#416)

    Izao fotsiny ny ahy no fandihako an’ity raharaha ity.

    Vita iny ny fifanarahana vaovao hanarenana ity firenena malalantsika ity.

    Izao izany no atao hoe : retour à la case départ !

    Aza asiana resaka be. Samy tia tanindrazana isika rehetra. Avelao izany ambiguité izany. Ampiarina ara-bakiteny io charte io. Ny CI efa nanaiky hampiasa ny neutralité hanaramaso sy hanampy antsika hametraka REGLE DE JEU VAOVAO.

    Tsy maintsy manomboka ato anatin’ny iray volana ny governemanta vaovao.

    Samia mihomana fotsiny amin’ny fifidianana dia ho hita eo iza no tena tia tanindrazana sy ny be taim-bava fotsiny. Ary aza be resaka intsony fa efa be izay vita hatramin’ny janvie izay.

    Mahereza daholo

  • 11 août 2009 à 21:15 | Boto (#1954)

    De inona izao ny tanjon’ny gtt manaraka ?
    mbola hanakorontana ny ambasady ao frantsa ve ? de inona no tanjon’ny magroistes manaraka ?« avereno i dadanay ». ny dadan’ny gtt izao efa mazava fa tsy filoha intsony ; ny dadan’ny magroistes izao mbola tsy te-hiverina satria mbola eo ny henatra sy ny baraka nahazo ; tsy te-hifanatri-tava amin’ireo nogadrainy( Pety, Gal Fidy, ny naman-dRatsiraka rehetra...). de inona izao no tombontsoa azon’ireo nandany andro tao amin’ny magro hatramin’izay. Mba efa niantso an’i dada ve momba ny karama. raha niasa nandritra izay fotoana izay tsy sahirana ny vady aman-janaka.

    De vita sonia ny fifanarahana, de ho avy indray ve i le8 sy ny mpampandry tany ????

    De ahoana indray raha ohatra ka tsy lany i le8 amin’ny fifidiana manaraka. de hamory olona ( sy mpiandry ) ao amin’ny 13 mai indray, dia hanao haza lambo ny adversera indray ???

    De fa maninona no nangataka ho senatera mandrampahafaty ry zareo ireo. Izany ange no manaporofo fa mamy ny seza e, fa tsy midika mihitsy hoe tsy afaka mandray anjara amin’ny fampandrosoana raha tsy senatera. De maninona no tsy nitomany ho Sefom-pokontany fa senatera ???

    De raha ohatra foanan’izay mpitondra vaovao ny senate dia ahoana, hitomany ho Maire mandrampahafaty indray. Toa mampihomehy be !!!!!!!!!!

    De ireo olona be dia be nogadrain’i le8 hahazo vola sandan’ny fanagadrana amin’ny tsisy dikany ; dia ny vahoaka tsy mandady harona no hiantoka izany rehetra izany. Izany no manaporofo fa toa kilalao ho an’ny mpitondra ny fiainam-pirenena. zavatra tsy ho hita amin’ny tany mandroso mihitsy ny toe-javatra tahak’izany. Manaporofo izany fa tsy ao mihitsy le le8.....

    • 11 août 2009 à 21:38 | Jim-0450 (#945) répond à Boto

      Ny olona ratsy eritreritra ohatran’itony BOTO itony no tsy tokony havela hiteny mihitsy aloha fa mpanatsatso sy manimba ny ezaka rehetra tian-ko tratrarina.

      Tsy afaka mieritreritra ny olona ohatran’itony fa miandry izay vita eo dia manakorontana satria efa voahozona.

      Mbola lavitra ny lalàna ka ialao rey olona ny miasa loha amin’ny olona toy itony.

  • 12 août 2009 à 01:22 | jolami (#1916)

    COMMENT INTERPRETER LES ACCORDS DE MAPUTO ?

    Les accords de Maputo forment les bases constitutionnelles de la transition en vue de l’instauration d’une nouvelle République.
    La réussite de la transition dépend naturellement de l’exacte et de la bonne application des dispositions de ces accords. Or, les spéculations vont bon train à propos d’apparentes incohérences de ces derniers.
    Pour prévenir les effets pervers de ces spéculations, quelques rappels des méthodes d’interprétation des textes juridiques et des organes d’interprétation s’imposent.
    Dans la mesure où les accords comportent plusieurs documents séparés, la première méthode à retenir est la méthode systématique qui permet d’interpréter les différentes dispositions les unes à la lumière des autres car les accords forment un tout. Ensuite, la méthode d’interprétation en fonction de l’objet car les accords conclus ont un objet précis. Enfin, la méthode d’interprétation téléologique car les accords ont été arrêtés dans un but non moins précis. Comme les conflits entre stipulations peuvent survenir dans des textes de compromis, pour les résoudre, on fait primer les règles spéciales sur les règles générales avec des conciliations possibles de ces différentes règles.
    Afin d’éviter toute spéculation, c’est l’Equipe Conjointe de Médiation pour Madagascar (ECMM) qui peut donner l’interprétation authentique qui s’impose aux différents acteurs.
    Ne nous substituons donc pas à elle.
    Retenons simplement que, en vertu du préambule de chacun des accords, ceux-ci ont pour objet et pour but d’instaurer une transition susceptible d’apporter des réponses durables à la crise à Madagascar dans un esprit de réconciliation et dans l’intérêt supérieur de la nation et non des intérêts particuliers. C’est donc sous cet angle que l’interprétation doit se faire.
    En partant du plus spécifique au plus général, l’accord n°2 sur le cas de Marc Ravalomanana est le plus spécifique en ce qu’il ne concerne qu’une seule personne ; vient en suivant l’accord n°1 concernant l’annulation des charges relatives aux événements de 2002 en ce qu’il vise une période très étroite ; ensuite l’accord n°3 concernant l’annulation des poursuites et des condamnations contre des personnalités politiques, civiles ou militaires pendant la période 2002 – août 2009 ; enfin vient l’accord politique lui-même.
    Sur le plan pratique, l’accord n°2 pris isolément perturbe les observateurs. Il demande en effet des annulations de condamnation (du président Ravalomanana) et de poursuites et des remises en liberté (de partisans de M. Ravalomanana). En tant que tel, cet accord est ainsi rédigé pour permettre à la justice (indépendante) de se prononcer dans les règles pour satisfaire les demandes concernées dans le respect de l’accord n°3 et de l’accord politique.
    A partir de ces quelques règles de base, il n’est pas difficile de donner une cohérence globale aux accords de Maputo.

  • 12 août 2009 à 02:04 | Boto (#1954)

    Ho an’i le jim-0450

    Ahoana moa aho no teren’ialahy tsy hahazo hiteny. satria efa nanao sonia le8 dia ho avy indray ianareo sy ny fanampenam-bava nahazatra anareo teo aloha an !!! izao toetranao izao mihitsy no mbola taratry ny nataon’i dadanao teo aloha. Tsy azo avela hiteny hoy ianao fa manakorontana. Aiza le Demokrasia rangahy ty a. Sa ianao mihevitra ny tenanao ho iza ???? Mbola tsy tafaverina any Dago ny dadanao le8 dia efa tadiavinao ho tampenam-bava sahady ny olona tsy mitovy hevitra aminao. De raha tafverina any zany izy dia ho samborin’ialahy izahay tsy mpomba ny hevitrao ????

    Mba ovao ny toetra fa mahamenatra. na zaza tsy manana CEPE aza mbola mendrika ny hoderaina toy izay ianao io.

    Fa tsy ialahy ve le nanalikalika ny TGV teo aloha ??? hitanay daholo ireny. de izao mody hendry, aza manafi-talenta rangahy ity a. Aza terena hitovy toetra aminao ny olona. Fa tsy havanao akory izao olona rehetra mandalo eto izao. Ary le fanambaniana olona mba hajanony kely raha te ho hajaina. Tsy jiolahim-boto toa anao daholo ny olona. Olona manana ny maha-izy azy mihoatra lavitra noho ianao sy ny fianakavianao rehetra ny aty.

    Avereno filoha i le8 raha lehilahy. Ary averiko farany fa tsy i le8 intsony no filoham-pirenena ka andeha ho tampenanao vava daholo ny olona. Aza zatra ny lalan-dririnina hoy aho fa misy fotoanany ny zavatra rehetra. Aza manantena an’i le8 hiverina ho filoha izany intsony. rehefa lasa senatera mandra-pahafaty dia misaora ny ao ambony. Aoka ny fampiesonana amin’ny le hoe minoa fotsiny ihany. Avereno le taim-bava sy fanalikalikana nataon’ialahy an’i Andry TGV ireny raha lehilahy fa tsy izao vao mody hendry sy manadio tena eto, fa ialahy no iza.

  • 12 août 2009 à 02:13 | jolami (#1916)

    VERS UN NOUVEL ORDRE CONSTITUTIONNEL.

    Dans son intéressant article Ndimby utilise volontairement la notion de retour à l’ordre constitutionnel. Dans une analyse personnelle, c’est une approche légitime et défendable.
    Elle l’est moins sur un plan juridique.

    L’article 3 de l’Accord politique est clair et net ; il n’est pas susceptible d’interprétation :

    “La mission de la Transition est de :

    · Assurer la continuité de l’Etat et le respect de ses engagements nationaux et internationaux ; · Rétablir l’ordre et la sécurité ; · Initier le processus « vérité et réconciliation » ; · Concevoir et mettre en place des structures étatiques dans le respect mutuel des diversités dans l’unité ; · Organiser les consultations populaires (referendum sur la constitution et élections) devant instaurer un nouvel ordre constitutionnel et mettre en place les institutions républicaines et démocratiques.”

    Les accords de Maputo constituent l’acte de décès de la 3e République. Il n’y aura pas de retour à l’ordre constitutionnel de celle-ci.

    Ces mêmes accords initient la conception de la 4e République. C’est le nouvel ordre constitutionnel qu’il appartiendra à la transition de mettre au monde.

    La question de la reconnaissance de gouvernement et de la levée de suspension des aides internationales n’est pas à confondre avec cette marche vers un nouvel ordre constitutionnel.
    Comme je l’avais écrit à différents endroits et ici-même, il faut distinguer la reconnaissance formelle et la reconnaissance de fait ; par ailleurs, la reconnaissance formelle n’arrive en général que au bout de 18 mois (un peu moins, un peu plus) après l’instauration d’un régime de fait. Nous sommes dans cette moyenne.
    En discutant avec la H.A.T, la Communauté internationale a reconnu de fait l’existence d’une transition à Madagascar. Les accords de Maputo valent reconnaissance de fait du régime de transition à Madagascar sachant que celui-ci sera composé différemment de la HAT.

    Il est vain de déplorer qu’un tel état des choses vaudrait encouragement de futurs coups d’Etat. En effet, le droit constitutionnel et le droit international prévoient la survenance de changement de régime en dehors des procédures constitutionnelles. Ils l’encadrent de plus en plus étroitement.
    Il appartient à la classe politique et au régime de transition de faire en sorte que la nouvelle constitution et les nouvelles institutions instaurent un régime stable qui garantisse l’alternance démocratique. Cela dépend bien sûr des textes mais aussi des hommes et des femmes qui les mettent en oeuvre.
    Gageons que les uns et les autres prendront exemple sur certains pays comme le Sénégal. Lorsqu’il a été battu par A. Wade, A. Diouf avait été pressé par ses conseillers et ses partisans de refuser les résultats avec la litanie habituelle des possibles fraudes, etc… Sans oui dire, le président Diouf est allé annoncer sa défaite à la radio et à la télévision directement au peuple et féliciter A. Wade.
    C’est un rêve que nous pouvons faire pour notre pays dans l’avenir que de rencontrer pareille humilité et pareil sens de l’Etat et de la démocratie.

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