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Editorial

Le trilemme fihavanana, liberté et équité

lundi 8 décembre 2014 | Soamiely Andriamananjara

L’idée d’une société où règnerait la liberté, où l’équité dominerait, et où se développerait le fihavanana est séduisante. Mais réaliser une telle trinité pourrait bien être impossible.

En tant que société, nous devrions régulièrement prendre du recul et réfléchir sur les soatoavina (valeurs) que nous tenons à respecter. Nous devons nous demander dans quel genre de société nous voulons vivre. Se doter d’une telle vision induit une bien nécessaire compréhension de l’objectif. Chacun d"entre nous, avec ses propres combinaisons de valeurs et de préférences, aurait certainement une opinion différente. Cependant, je voudrais affirmer que la plupart d’entre nous aimerait vivre dans une société caractérisée par [a] le fihavanana, [b] le rariny sy hitsiny (l’équité) et [c] le fahafahana sy fahalalahana (la liberté). Je peux me tromper complètement, mais ayez l’indulgence de m’écouter.

[a] La plupart d’entre nous souhaiterait probablement vivre dans une société qui s’adapte à notre identité malgache et qui valorise fortement l’esprit de fihavanana. Une société dans laquelle, que ce soit par la solidarité, par compassion ou tout simplement par grandeur d’âme, les gens sont prêts à s’entraider. Une société qui mette l’accent sur la collectivité et où, idéalement, personne ne serait laissé pour compte.

[b] La plupart d’entre nous aimerait sûrement avoir une société équitable. Une société juste où quiconque travaille dur peut s’attendre à récolter les fruits de son travail. Où un niveau similaire de travail procure des gains similaires. Où tout le monde a les mêmes chances de mobilité ascendante, du moment qu’il est prêt à y mettre l’effort.

[c] La plupart d’entre nous voudraient probablement une société de liberté, dans laquelle chaque individu a la faculté de choisir ce qu’il fait de sa vie. Une société où chacun peut choisir comment il gagne sa vie ; dans quelle mesure il veut apporter une contribution à la société ; et la façon dont il utilisera et disposera de son revenu ou de sa richesse, qu’il choisisse de la conserver ou de la partager (et avec qui partager).

Tout cela semble très bien. La vision d’une société où règne la liberté individuelle, où s’impose l’équité et où prospère le fihavanana est certainement attrayante. Elle semble aussi être à portée de main. Du moins, à première vue. Maintenant, si je vous disais qu’il est assez difficile (voire impossible) d’avoir simultanément ces trois idéaux [a et b et c] ? En fait, je dirais que pour en avoir deux, nous devrions renoncer au troisième. Permettez-moi de vous présenter trois propositions logiques simples pour soutenir mes arguments par rapport à cette trinité problématique. Je peux me tromper complètement, mais là encore, veuillez m’écouter.

[Si a et b, alors non c]. Tout d’abord, dans une société où l’équité et le fihavanana sont fortement considérés, la liberté individuelle sera quelque peu limitée. La solidarité et la justice génèrent une forte poussée de l’équité sociale (en termes de richesse, de revenu ou d’accès aux opportunités). Cela peut affecter les comportements. Cela pourrait limiter la liberté des membres les plus prospères de la société à accumuler (ou à partager) leur fortune, avec par exemple des pressions sur eux pour partager plus qu’ils n’en auraient envie. Cela pourrait aussi décourager la poursuite des gains individuels, car ceux-ci pourraient ne pas être bien vus par la société malgache. Directement ou indirectement, la liberté serait quelque peu limitée.

[Si c et b, alors non a]. Deuxièmement, il est difficile dans une société libre et juste de soutenir le fihavanana et d’être vraiment compatissant, en particulier vis-à-vis des plus pauvres. Dans une société juste, les personnes qui travaillent dur (et qui sont qualifiées) sont en mesure d’atteindre le succès et d’être en avance sur les autres. Dans une société libre, ces individus qui réussissent décident seuls de ce qu’ils font de leurs gains. Ceux qui ont la fibre entrepreneuriale peuvent choisir de réinvestir leurs produits dans leurs propres activités. Les parents riches peuvent préférer léguer la majeure partie de leur patrimoine à leurs enfants. Les âmes plus généreuses peuvent décider de soutenir quelqu’un, mais le bénéficiaire pourra être un de leurs proches. Dans tous ces cas, la portée du fihavanana est assez limitée. Et quelqu’un va se retrouver distancé.

[Si a et c, alors non b]. Troisièmement, l’équité est difficile à assurer lorsque le fihavanana et la liberté sont forts. Dans une société compatissante ou attentive à tous, les membres les plus prospères et fortunés se sentent une obligation sociale d’aider quelqu’un d’autre. Cependant, dans une société où la liberté prévaut, une telle compassion peut être ciblée vers un cercle relativement restreint. En effet, les individus qui réussissent sont plus susceptibles d’aider leurs enfants, leurs proches parents ou leurs amis. Ces quelques privilégiés auront alors un avantage injuste sur le reste de la société en terme d’accès à la fois aux ressources et aux opportunités. Ce serait injuste.

[Non (a et b et c)]. Ceci est assez déroutant et confus. Nous pourrions nous trouver dans un trilemme intéressant - une situation où nous aimerions trois idéaux attrayants (mais apparemment incompatibles) - rariny sy hitsiny, fahafahana et fihavanana - mais où nous ne pourrions en avoir que deux (et non trois) à un moment donné [(a et b) ou (c et b) ou (a et c)]. En supposant que ma logique soit juste et que nous ayons besoin de choisir deux (sur trois) de ces idéaux, lesquels choisiriez-vous ? Quel idéal seriez-vous prêt à sacrifier ? Voilà un trilemme bien difficile, ne trouvez vous pas ?

Pour vous dire la vérité, je ne suis pas sûr d’avoir complètement maîtrisé la logique de ce trilemme. Mais, au moins, il m’a fait me gratter la tête et m’a rendu curieux d’en savoir plus sur nos différents soatoavina et idéaux et comment ceux-ci interagissent les uns avec les autres. Ce type de réflexion et de conversation peut nous aider à mieux formuler une vision claire et cohérente sur le type de société où nous souhaitons vivre. Et nous avons actuellement grand besoin de cette vision pour nous délivrer de cette errance sans but et sans âme - very fanahy mbola velona.

14 commentaires

Vos commentaires

  • 8 décembre 2014 à 11:11 | plus qu’hier et moins que demain (#6149)

    Assalaamo alaikoum

    On vous a lu mais pas écouté et votre modèle de société est trop théorique pour refléter le vrai visage d’un vivre ensemble tenant compte à la fois de ces 3 cas sans pour autant en sacrifier un cas quelconque.
    Revenez à la réalité du terrain au lieu de tabler sur des cas hypothétiques et académiques digne des sociétés imaginaires.

  • 8 décembre 2014 à 14:58 | Jipo (#4988)

    Triptyque alléchant et tentant, mais dans quelle société, aspirer à ce rêve, ne peut en 2014 etre péniblement réalisable dans une démocratie digne de ce nom, je parle de démocraties scandinaves.
    Pour le reste, même avec une étude sociologique approfondie, voir anthropologique, j’ ai bien peur que vous ne vous cassiez les dents.
    Il faudrait pour que vous suppositions se réalisent, que vous soyez dans une société qui marche, hélas depuis 50 ans que vous vous y employez, ce n’ est pas encore gagné, du moins pas pour tous, et ceux qui marchent n’ ont plus le temps de se retourner, pour regarder les autres ramper , ce n’ est pas plus compliqué que ça .
    A titre d’ informations :
    https://charlesdornach.wordpress.com/2013/11/02/le-nom-nwo-un-projet-satanique/

  • 8 décembre 2014 à 16:15 | tsimahafotsy (#6734)

    very fanahy mbola velona.
    Ah ! que c’est trop vrai actuellement !
    Et si le pays procède d’abord par une introspection franche et brutale ?
    Si nous étions honnêtes avec nous-mêmes pour voir exactement où nous nous plaçons par rapport aux autres ? Sur le plan des valeurs, sur notre modèle de développement.
    « Madagascar est-il en train de progresser ou de régresser ? »
    Notre pays doit avoir la capacité de mener sa propre introspection puisque aucun pays ne peut se développer sans d’abord passer une radio de sa position et de ses limites.
    Notre pays ressemble à un alcoolique invétéré. Il se raconte des histoires pour se berner lui-même, pour ne pas affronter la vraie réalité, pour nier son état de malade. Nous vivons dans le déni. Le déni de nos valeurs, le déni de la nation malgache, le déni de nos devoirs.
    Pour rentrer dans la course au développement, nous devons d’abord prendre conscience de notre état. Le développement est un processus volontaire pas un acte de coercition. La bonne voie entre le trilemme s’imposera de lui-même.

  • 8 décembre 2014 à 16:54 | kakilay (#2022)

    Liberté, Egalité, Fraternité.
    Liberté, Egalité, Fihavanana...

    La contradiction engendre la création.
    Elle n’est pas logique,
    mais dialectique.

    Quand vous parlez de l’équité,
    elle n’est plus l’égalité,
    mais une résultante.

    La dynamique contre le statique.

    Tous les poissons ont la liberté de nager :
    et les grands de manger les petits.

    Spinoza

    Et c’est pour cela
    que l’on doit organiser
    le vivre ensemble
    et s’exprime le besoin
    d’un Etat.

  • 8 décembre 2014 à 21:32 | Turping (#1235)

    Mathématiquement quels sont les possibilités engendrées par ce trilemme ?
    A U B U C ; A inter B inter C ; A inclus B inclus C ?
    - La problématique en se posant quelle société devrions nous vivre ?
    - Bien sûr que non ,personne ne voulait vivre dans une société à reculons ,moyennâgeuse du fait qu’au lieu d’avancer ,corriger les erreurs du passé ,rien n’avance tangiblement reposant sur de socle solide .
    - Les notions : de fihavanana ,solidarité ,sotoavina ,....sont des valeurs ancestrales ,perdues au fil du temps .
    - Les cultures artistiques quelles que soient leurs formes en commençant par l’artisanat malgache n’ont pas fait l’objet de vraie révolution sociatale ni philosophique pour respecter la souveraineté et la démocratie tant souahaitée .
    - A vrai dire la société malgache si on regarde ailleurs n’a pas de repère ni de boussole ,comme un bateau qui fait naufrage au milieu de l’océan .
    - C’est une société où le pouvoir sert comme rôle d’usurpateur où le chacun pour soi règne (au pays des aveugles les borgnes sont rois ). On veut tout avoir sans rien faire !
    - Seul remède :le retour aux sources car l’identité nationale ne se tisse sur les divisions mais plutôt pour le rassemblement ,trouver une sorte d’identité nationale afin que chacun chacun(e) puisse contribuer au dévéloppement national .
    - Refonder ou ressortir ce pays ne se limite uniquement sur les initiatives des politicards véreux ,leur façon de gouverner depuis des lustres mais d’un éveil ,réveil national.

    • 8 décembre 2014 à 21:37 | Turping (#1235) répond à Turping

      Lire : quelles sont les possibilités ;souhaitée.

  • 8 décembre 2014 à 23:45 | caro (#7940)

    Vous concluez votre texte par le proverbe qui n’a pas sa premiere partie :
    « Valala voatango, ka very fanahy mbola velona »

    L’image du criquet dont les membres lui ont ete soustraits presente quelque part une correspondance a ce que c’est le malgache de notre epoque. Et pas que seulement maintenant mais depuis la colonisation.

    L’histoire de l’humanite est ponctuee d’un certain retour aux sources, et chaque individu avec l’age a tendance a aller naturellement chercher ses origines.
    Je pense que l’absence de la veritable connaissance de l’origine de l’ « homme » malgache qui est une race metissee stabilisee pour les hauts-plateaux et autres choses encore pour celle de la cote, joue un role tres important pour determiner dans un premier temps qui il est, quelle est sa culture, c’est-a-dire son identite, pour ensuite savoir quel chemin il peut emprunter pour avoir une cohesion entre ce qu’il est et ce que le monde actuel lui soit ouvert comme choix.

    Il me semble que l’on ait encore une idee tres vague de ce que c’est l’identite malgache :

    Est-ce :
    -  Celle des ancetres, que l’on pourrait localiser provisoirement, avant l’epoque coloniale ?
    -  Celle du temps de la colonisation ?
    -  Celle post-independance ?

    La reponse a ces trois constitue un element fondamental pour la suite de l’analyse.

    En effet, la fait de s’accrocher aux traditions, telles que famadihana, joro, ala volon-jaza, tromba..., encore tres repandues sont des signes du vouloir rester aux temps anciens.

    De son cote, les influences occidentales anglaises, francaises, voire allemandes ont amene leur part dans la civilisation de l’epoque royale.

    A la colonisation, la societe est completement bouleversee et a vu la cohabitation tradition/modernite. Il n’y a pas plus de rejet ou de maintien de l’un par rapport a l’autre.

    A l’independance, le malgache s’est retrouve tout seul devant lui-meme.

    Et depuis, il est constate en permanence cette hesitation entre une societe, d’une part, qui veut garder sa tradition, a l’exemple d’un moment de benediction (tso-drano), entre autres, pour un jeune qui va poursuivre ses etudes a l’etranger dans une famille evoluee, mais qui accomplie cette formalite avant le depart.

    Et d’autre part, une societe qui se veut moderne et vivre l’ere numerique comme les pays developpes.

    Je parle de tout car, tant que l’identite reste floue et hesitante, il est impossible de choisir une forme quelconque de societe.
    Si l’on veut une societe moderne, ce qui suppose une vie regie par des regles, le fihavanana aurait du mal a trouver sa place car celui-ci est fonde sur des arrangements, des tolerances alors que celui-la, afin d’assurer le bon fonctionnement de la societe doit imposer a chacun de ses membres le respect sans concession de ce droit.

    Voila pourquoi, c’est un veritable casse-tete de jongler entre une tradition fortement ancree dans chaque individu et une ouverture d’esprit suffisamment large pour accepter le monde moderne.

    Je pense qu’il est utopique de penser a faire un homme nouveau car on ne peut pas jeter le bebe avec l’eau du bain.

    Le malgache est condamne a tenir compte des deux et essayer de trouver, pas le juste milieu, mais une refonte complete du systeme educatif qui conduirait a ne pas depersonnaliser l’etre malgache mais qui le forme pour son adaptation au monde moderne.

    A ce titre, il y aura des bouleversements car il faut arriver a convaincre de l’utilite ou de l’inutilite des certaines traditions, par exemple le famadihana. Les connaissances actuelles doivent contribuer a faire changer les metalites. Le moramora et les palabres sont inherents a notre culture, mais les necessites de la vie moderne sont totalement en complete opposition. et ce serait une affaire de quelques generations.

    • 9 décembre 2014 à 16:52 | Chrichri (#8664) répond à caro

      J’ai lu ce que vous avez étalé cher Monsieur mais je suis à l’opposé de ce que vous avez avanc2 et je vais m’expliquer.Toutefois je vous précise que je ne parlerais que des seules traditions que vous voulez rejeter à cause des progrès techniques actuels. Premièrement je vous affirme qu’à l’origine le peuple malagasy n’a jamais été métissé que recemment et malgré cela il a su toujours préserver ses traditions.....La preuve, partout ailleurs où que vous allez à Madagascar, les malgaches se comprennent linguistiquement parlant j’entend. Ce qui fait que ce peuple s’attache aux mêmes us et coutumes. Ce qui fait qu’il est malagasy même quand d’autres sont venus habiter avec lui.Et il a su imposer à ces étrangers venus d’ailleurs sa lanque, ses traditions.Jusqu’à ce jour. En ce qui concerne, les traditions telles que le FAMADIHANA, les ala-volon-jaza.. les fora zaza.. qui sont unitiles pour vous, il faut chercher à comprendre ce qui se cache derrière...par exemple le FAMADIHANA est très important pour le malagasy car le but était de réunir toute la famille, des parents aux enfants , des colatéraux jusqu’aux « alliés » et même le village tout entier. Voudriez-vous dire peut-être que ce sont des dépenses unitiles. Eh bien, non, car pour le malagasy, « aleo very tsikalakalm-bola toy izay very tsikalakalam-pihavanana ».Le malagasy donc préfère s’endetter que de ne pas honorer le décédé (le mort) qu’il appelle d’ailleurs Razana ou Zanahary ou Itompokolahy ou Itompokovavy, (connaissez-vous le sens de ces mots).C’est ce qui fait que le malagasy est malagasy. Et c’est pour tout ça que c’est très important cette « reconciliation » que l’on véhicule ces derniers temps ou le Fihavanana car comprenez que partout ailleurs seul le malagasy possède cette notion de FIHAVANANA.Vous ne retrouverez nulle part ailleurs ce « lien ». Et tout ce que vous avez énumeré comme traditions : c’est ce lien-là que le malagasy protège comme les prunelles de ses yeux.Et tous les évènements qui se passent dans la vie du malagasy sont basé uniquement sur ce lien de famille ou de parenté dans le sens fort. Et j’ajoute que ses traditions-là ne sont pas du tout incompatible avec le temps moderne. Car vous, vous parler de matériels qui pourraient toujours changer à longueur des temps mais l’esprit malagasy c-à-d ses traditions resteront toujours contre vents et marées car c’est cela qui fait que le malagasy est malagasy. Allez parcourir surtout les campagnes et vous retrouverez toujours ce lien mais malheureusement, la plupart de nos intellectuels pensent autrement c’est pourquoi ce pays n’avancerait jamais. Prenez exemple sur le Président RAVALO, c’est quelqu’un qui était fier d’être malagasy et voyez ce qu’il a apporté à ce pays que des gens malintentionnées ont détruit en espace d’un rien.

    • 10 décembre 2014 à 00:25 | caro (#7940) répond à Chrichri

      Je vous remercie de votre message que j’ai lu avec attention.

      Je tiens d’abord a preciser que chacun s’exprime librement sur ce forum a la seule limite de la courtoisie. Vous avez parfaitement le droit de developper vos idees et il en est de meme des miennes.

      Il me semble avoir compris que vous etes un fervent defenseur de ces traditions et personne ne peut vous le reprocher. Je ne veux pas revenir sur l’ensemble de mon developpement car je pense l’avoir assez largement traite.

      Par contre, j’aimerais attire votre attention sur votre comprehension de mon message qui me semble un peu de travers.

      C’est tout a votre honneur de defendre vos points de vue mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Sur le famadihana par exemple, meme si j’ai mon idee parfaitement claire la-dessus, je ne vous ai jamais dis, relisez ma conclusion, que c’est inutile. C’est une question ouverte que j’ai posee pour son utilite ou non. A chacun d’avoir son idee. La discussion est ouverte. Si j’avais la mission d’apporter une evolution sur la societe malgache, je vous aurai parle autrement dans une pedagogie et methodologie differente.

      L’attachement a ces ces traditions ne m’est pas etranger, ainsi que leurs origines. De meme pour le sens des mots que vous specifiez. Et j’ajoute que vous avez omis de parler des noms a rallonges dont le President malgache detient le record du monde. Des noms assez long qui jouent parfois des tours lorsque les cases dans les imprimes administratifs n’en prevoient pas suffisamment.

      Je reconnais les valeurs qui correspondaient a ces traditions par le passe, ou les malgaches ne prenaient meme pas une bouse seche deja retournee. Vous ne devez pas l’ignorez. Mais c’etait au temps ou l’honnetete des gens n’avaient rien a avoir avec ce que l’on connait de la societe d’aujourd’hui.

      L’evolution des choses ont fait que nous sommes dans une societe :
      -  du chacun pour soi mais non plus celle du « tsikalakalam-pihavanana »
      -  ou la manipulation des cadavres (famadihana) est consideree comme une pratique depassee : non seulement pour le « maniement » du corps, mais surtout pour le cout.
      -  ou le mot fihavanana utilise a toutes les sauces ne sont plus que des subterfuges des politiciens pour couvrir leurs sales besognes. Il faut arreter de se servir de ces sagesses ancestrales qui avaient toutes leurs valeurs pour se montrer en public et declarer que c’est pour cela qu’on est malgache. Pleine d’hypocrisie.

      Pour la reconciliation, en matiere politique, dont vous parlez, si tout le monde respectait le sens originel du mot fihavanana, et le respect des ray aman-dreny, et que ceux qui pretendaient etre des « raiamandreny mijoro », et l’etaient vraiment, il y a longtemps que cette crise aurait ete resolue.

      C’est pour vous dire que, entre le malgache convaincu de ses traditions et la societe actuelle dans laquelle ce malgache vit, la sagesse ancestrale n’est plus que « amponga mihantona ka rehefa manimanina dia dobohana ».

      Ceci m’amene a dire que vouloir s’accrocher a des traditions qui correspondaient a un etat d’esprit different ne fait que perpetuer cette personnalite malgache en train de planer sans savoir si elle est a terre ou sur le lit si vous voyez la traduction malgache.

      Et permettez-moi de conclure que c’est avec des gens qui raisonnent de votre maniere qu’il sera tres difficile de faire evoluer les mentalites pour pouvoir, d’une part, moderniser ce pays ; et d’autre part l’aligner avec les autres deja developpes.

      Je constate neanmoins que vous voulez adapter ces traditions mais sans vouloir faire des concessions sur ce qui merite d’etre depoussiere en reprochant l’evolution permanente et rapide du monde moderne. Le moramora a la malgache. Et vous faites les memes reproches aux intellectuels. Votre esprit assez moyennageux de voir figer la societe malgache ne sera jamais compatible avec l’evolution numerique, il est vrai grisante.

      Pour vous faire plaisir et terminer sur une note positive, nos points de vue se rejoignent sur les trois dernieres lignes de votre message. Et justement, c’est l’illustration parfaite de ce que je vous ai dit plus haut. Ce sont ceux qui ont vandalise les biens appartenant a cette personne, et qui ont pris le pouvoir qui revendiquaient etre malgaches, voulaient rompre avec les etrangers et rester entre malgaches. On voit le resultat avec un fampihavanana impossible, qui n’a de fihavanana que de nom.

    • 10 décembre 2014 à 11:43 | Chrichri (#8664) répond à caro

      Vous m’excuseriez si ma réponse vous a semblé peu courtois, ce n’était pas mon intention.Mais il me semble que j’ai seulement affirmé que j’étais à l’opposé de ce que vous avez avancé. Par ailleurs, quand vous dites que" le fait de s’accrocher aux traditions est un signe de vouloir rester aux temps anciens. C’était une affirmation sinon un jugement, non ? Pour ma part je m’appuyait sur des fait. Les traditions sont là, je les vois tous les jours de ma vie. Et il n’y a pas besoin de les puiser quelque part.Et je n’ai aucunement d’idées à développer car il n’y a pas de vérités relatives, il n’ya qu’une seule et unique vérité et c’est cette VERITE ABSOLUE qu’il faut chercher. Elle est partout , elle n’est pas le fait de quelques idées. Ce n’est pas du matériel, c’est un état d’esprit qui a été ancré dans nos coeurs . Par qui ?????
      Vous avez parlé de temps moderne et du numérique. Mais c’est quoi exactement l’ère numérique ?? Quelle est alors la différence entre nos ancêtres qui avaient pris leur charette pour aller à un endroit et l’homme moderne qui prend une 4 X 4 pour aller vers le même endroit.Je vais y répondre, le premier ne s’est jamais plein du temps qu’il perd en allant en charette ni de son inconfort. Il y est arrivé et cela lui a procuré du bonheur, tout comme celui qui est parti en 4 x 4. Ou bien voudrait-on dire que celui qui était aller en 4 X 4 était beaucoup plus heureux ?. Le paysan pourrait bien utilser des tracteurs pour labourer ses terres et abandonner la bêche ou l’angady mais son état d’esprit restera le même. Il gardera toujours sa nature de malagasy.La sagesse des anciens sur cette notion de moramora est louable et réflète une certaine sagesse et pourtant c’est nous-mêmes qui avons dénaturé le sens car nous nous croyons très intelligents car nous étions à l’école mais nos ancêtres étaient des gens ignorants.Moi par contre je n’ai pas envie de developper mes idées pour autrui, non. Je sais seulement faire la différence entre un bonbon et un caillou.C’est tout mais je vous laisse car sinon ce serait plutôt un débat entre deux personnes, alors.

    • 10 décembre 2014 à 12:12 | caro (#7940) répond à Chrichri

      J’en prends acte.

  • 9 décembre 2014 à 09:25 | Chrichri (#8664)

    Permettez-moi de vous dire que cette société à « 03 dimensions » n’est pas du tout utopique car il fût un temps où la société malagasy avait réflété à 100% ces trilemmes comme vous dites.
    Je n’ai pas besoin de ...m’étaler ici.Toutefois si vous avez besoin, disons de ....preuves, revoyez tous les proverbes des Ntaolo qui effectivement contiennent la sagesse de nos ancêtres qui n’étaient d’ailleurs pas des ....gaulois. Et ce qui m’a frappé et influencé bcp dans cette société-là c’est leur capacité à s’occuper du social car il y avait pas la CNaPS ni un organisme social en ce temps-là mais les vieiliards ont toujours reçu leurs parts sans qu’ils travaillent, et les meilleures parts. Cette société-là s’occupaient des veuves et orphelins...bien plus que ce qui existe de nos jours. Et c’est de cela dont le Malagasy a besoin et c’est ce qui le presse à exiger cette fameuse « reconciliation » car à cette heure la société malagasy est sens dessus dessous, très mal en point.Mais les dirigeants semblent ignorer le besoin de ce peuple ou bien ils sont incapables de le ramener sur ce chemin. Le malagasy ne cherche pas à s’enrichir, le petit peuple je veux dire. Il veut être tranquille, et cette tranquillité pour lui c’est bien travailler, bien manger et bien dormir.

    • 9 décembre 2014 à 10:35 | Denis Diderot (#4104) répond à Chrichri

      Bravo !! Simple et efficace.

      C’est aujourd’hui, en grande partie, l’abîme généré par le grand fossé entre l’état d’être malgache profond d’antan et les paradigmes imposés par LA mondialisation qui cause le grand désarrois de notre société malgache. A partir de ce déséquilibre tous les pourrissements et gangrènes sont hélas possible.

    • 9 décembre 2014 à 10:58 | Denis Diderot (#4104) répond à Denis Diderot

      .... sont hélas possibles parce que notre tissu social antérieur n’était pas suffisamment fort pour résister à la pression et qu’il comportait évidement des points de moindre résistance. Notre culture a été prise de court par l’arrivée de la mondialisation qui a commencé même avant la colonisation. Elle n’a pas pu ni su faire un barrage filtrant : prendre les bonnes choses et rejeter le reste. Notre volonté de résister n’est pas assez rigoureuse et elle n’est pas non plus assez rigide. Nous restons velléitaires et donc manipulables par les événements ainsi que corruptibles.

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