Les événements se bousculaient ce vendredi 4 septembre 2009 car le délai imparti depuis Maputo II expire ce jour. Après les trois autres mouvances politiques impliquées dans le processus de Maputo, Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de transition et chef de file de la quatrième mouvance a invité la presse au Palais d’Etat à Ambohitsorohitra. Lors de cette rencontre diffusée directement par les médias, Andry Rajoelina annonce sa position. En clair, il veut conduire la Transition tout en appelant les autres mouvances et toutes les personnes de bonnes volontés à étoffer les rangs afin d’œuvrer pour une transition qui mettra en place la IV e République.
Andry Rajoelina maintient son Premier ministre, Monja Roindefo Zafitsimivalo, car il lui fixe des objectifs : mettre en œuvre un gouvernement d’ouverture à tous les horizons et à toutes les sensibilités politiques en quelque sorte. Ce gouvernement de transition et d’ouverture doit être opérationnel dans les 72 heures et si le cas est avéré, que les mauvais éléments du précédent gouvernement soient écartés.
Autrement dit, Andry Rajoelina s’accroche. Il ne veut pas partager l’Exécutif et ignore le point qui a constitué un facteur de blocage à Maputo.
Sachant les conséquences éventuelles de sa décision, il indique à Monja Roindefo d’être le plus efficace possible afin de persuader l’opinion et la population. Il faut des résultats dans les plus brefs délais lui signifie-t-il, sans définir le nombre de mois. Des dispositions seront prises dans quelques mois si jamais le gouvernement n’est pas performant ou peu efficace ; c’est-à-dire si l’essai est non concluant, a-t-on compris.
S’adressant indirectement à la communauté internationale et au Groupe international de contact (GIC) qu’il n’a pas nommé, Andry Rajoelina déclare qu’il va mettre en œuvre les structures de transition convenues dans les accords de Maputo.
L’impression qui se dégage de cette prestation de Andry Rajoelina de ce 4 septembre 2009, c’est qu’il ne s’adresse plus au GIC et à la communauté internationale classique si l’on peut dire. Il ne s’adresse pas non plus aux autres chefs de file des autres mouvances du processus de Maputo. Il s’adresse plutôt à ses partisans et aux diverses catégories de la population dont il a désormais décidé d’ébaucher la destinée et de fixer le sort.




