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samedi 19 avril 2014
 

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Patrimoine

Le palais de la reine encore et toujours fermé

mardi 24 août 2010, par Mona M.

Cela fait plusieurs années maintenant que les guides chargés de faire visiter Antananarivo aux groupes de touristes s’arrêtent devant les grilles du Palais de la reine pour commenter le monument. « Malheureusement, le Palais est actuellement en cours de rénovation, et pour des raisons de sécurité, son accès est interdit au public », expliquent-ils brièvement, avant de se lancer dans le récit de l’historique de la bâtisse et de la signification des symboles visibles.

Le Palais de la reine n’est pourtant pas exactement « en travaux », puisqu’on n’y voit aucun ouvrier à l’œuvre, aucun son caractéristique des chantiers ne s’en dégage.

« Le gros œuvre est terminé », s’est-on félicité lors d’une visite guidée organisée à la demande des journalistes doyens le jeudi 19 août 2010. « Ce qu’il reste, ont complété les responsables, ce sont les finitions, les petits arrangements ».

Une étape qui devrait donc être rapide. Sauf que l’avancement des travaux semble être paralysé depuis juin 2009, date de la fin de la phase I de la rénovation, qui comprenait les travaux préparatoires, les fondations, la structure, les charpentes et la couverture. La phase II, qui consiste à rénover la maçonnerie de pierre, était considérée comme terminée à 78% en juin 2009. Pourtant, plus d’un an plus tard, on peut encore apercevoir dans la cour du Palais Manjakamiadana des blocs de pierre, dont certains sont sculptés, qui attendent toujours d’être utilisés.

Le manque de moyens financiers explique en grande partie cet arrêt. A la date de juin 2009 (derniers chiffres fournis par le comité national du patrimoine), un peu moins de 14 milliards d’ariary avaient été mobilisés, alors qu’il en fallait près de 20 milliards pour terminer les phases I et II des travaux. Un quart de ces financements versés venaient de l’État, le reste provenant de contributions volontaires collectées auprès de diverses organismes, institutions, et même personnes privées. « La collecte est encore ouverte », stipule le document de juin 2009 du comité national du patrimoine. Mais nul doute que la situation politique a quelque peu perturbé le calendrier, et la priorité des différents donateurs n’est plus à la mobilisation des financements nécessaires aux travaux de réhabilitation.

De ce fait, nul à la Colas, l’entreprise chargée des travaux, ne veut avancer de date pour leur lancement, et encore moins pour la clôture des troisième et quatrième phases de la restauration.

Ces futures étapes remises à une date indéterminée consisteront à faire les travaux de second œuvre (phase III), et les travaux d’équipement et d’aménagement muséographique (phase IV). Lorsque ces étapes seront terminées, le Palais de la reine sera alors prêt à accueillir de nouveau des visiteurs, y compris les personnes âgées et handicapées, car des équipements particuliers sont prévus à leur usage, notamment un ascenseur.

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 2 réactions Lire les commentaires
  • Le palais de la reine encore et toujours fermé
    24 août 2010 13:35, par FIPOZ (#2162)

    Un peu d’Histoire de ce Palais qui constitue l’un des Patrimoines de Madagascar laissé en péril :

    http://le.phoenix.mg.voila.net/tour...

  • Le palais de la reine encore et toujours fermé
    24 août 2010 21:25, par Emyrna (#1956)

    Rappelons de quelques passages du VALIN-KITSAKA :

    … les Français détiennent une part écrasante de responsabilité dans le drame actuel de Madagascar, y compris dans la destruction d’Anatirova, ainsi plus généralement que celle de la nationalité merina elle-même. (p. XVIII)

    … tout Français ayant entrepris d’aborder la question de Madagascar en est spontanément venu à épouser des positions anti-merina. (p. 22)

    ... N’était-ce pas officiellement, et depuis longtemps, un simple musée ? Sans compter que cela fait un siècle que sa possession avait été arrachée aux Merina et que ces derniers ont eux-mêmes fini par le considérer avant tout comme un « patrimoine national » appartenant à l’ensemble des Malgaches. Sinon même, pour les plus cyniques, un simple vestige historique d’intérêt local et un patrimoine culturel important dont devraient surtout se préoccuper les organismes s’intéressant à l’exploitation touristique afin de le « rentabiliser » au mieux.

    ... Mais manifestement, tout le monde était loin de partager le même point de vue, ou plutôt la même indifférence concernant sa valeur symbolique. Car il existe des gens bien placés dans la sphère du pouvoir pour qui la simple existence d’Anatirova constitue quelque chose d’absolument intolérable. C’est bien la preuve que pour eux, celui-ci représente beaucoup plus que ce que le commun des gens avait fini par penser. (p. 56)

    ... Et c’est là que l’on se rend aussitôt compte jusqu’à quel point Anatirova est important pour nous autres. Combien de Merina réputés insensibles n’ont-ils pas éclaté en sanglots sans la moindre retenue, plus effondrés encore que si on avait brutalement tué plusieurs membres de leur propre famille ! En fait, de mémoire d’homme, jamais une telle douleur n’a été ressentie au même moment par autant de personnes à la fois dans ce pays. Pour la première fois depuis très longtemps, des Merina de toutes conditions, de toutes appartenances sociales, religieuses ou politiques ont dû communier dans la même peine, alors que rien ni personne ne les y obligeait. Indéniablement, ce palais que l’on avait pourtant fini par ne plus tellement regarder représentait quelque chose d’exceptionnel pour nous tous. (p. 75)

    ... tout d’abord, finissons-en tout de suite avec cette appellation complètement ridicule à force d’être réductrice de « Palais de la Reine », popularisée par les Français. En ce lieu (dénommé d’abord Analamasina au moment où on décida d’y construire la résidence royale) ne se trouvait pas en effet le palais d’une reine particulière mais celui de l’ensemble des souverains d’Antananarivo et de l’Imerina depuis le règne d’Andrianjaka vers le début du XVIIe siècle. Et si l’on tient compte, comme il se doit, de la période dite « vazimba », et qui était évidemment tout aussi merina que celle qui l’a suivie,[16] ses origines remontent beaucoup plus loin encore dans le temps. D’autre part, il n’y avait pas seulement de bâtiments royaux mais aussi une nécropole royale, indéniablement la plus importante de tout le pays merina depuis qu’on y avait transporté les restes d’Andrianampoinimerina. A tout ceci s’ajoute enfin une chapelle protestante qui, pour être tardive et quelque peu profanateur au regard de la vocation initiale du lieu n’en faisait pas moins partie d’un ensemble sacralisé par le choix des deux dernières souveraines de notre pays. (p. 60)

    ... Manjakamiadana, pour désigner tout le site par le nom du principal monument, est un peu ainsi devenu le symbole même de la nationalité merina dans sa dimension aussi bien religieuse, sociale, historique que politique.
    (p. 61)

    … à travers Anatirova, ce sont les Merina en tant que peuple héritier d’une histoire spécifique que l’on a voulu détruire, annihiler par le moyen le plus radical qui soit, le feu. … cet « acte de malveillance » prend alors une toute autre dimension, d’une gravité extrême puisque relevant ni plus ni moins que du génocide. Un génocide par procuration, à défaut et en attendant sans doute de pouvoir se traduire à l’occasion par des tentatives de massacres physiques réels. (p. 71)

    ... qui a brutalement arraché aux Merina la possession du palais de leurs propres ancêtres sinon, bien sûr, les colonisateurs français ! Rappelons ainsi que ce lieu servait de résidence à nos rois jusqu’à ce que la nuit du 27 février 1897, les Français en expulsèrent clandestinement (un acte relevant ni plus ni moins que du kidnapping !) la reine Ranavalona III qu’ils exilèrent ensuite à jamais à la Réunion, puis en Algérie. Au cours des années qui suivirent, pour bien montrer qu’ils en étaient devenus les seuls maîtres, les Français transformèrent le bâtiment même de Manjakamiadana en école d’administration consacrée à la formation de leurs collaborateurs indigènes et le Tranovola en siège de l’Académie Malgache qui se voit reconfirmée ici sa vocation officielle d’instrument au service du pouvoir. (p. 72)

    ... Avec Anatirova, c’est en quelque sorte l’effigie du peuple merina qui a été livré aux flammes, dévoilant chez leurs ennemis une volonté morbide de meurtre, de destruction aveugle. Ces derniers se sont attaqués à ce que les Merina ont de plus précieux dans le but de les blesser à mort, en attendant de pouvoir s’attaquer directement à eux un jour. Ce qui fait que pour nous, à cet égard aussi, il existe désormais un avant et un après Manjakamiadana.
    (p. 81)

    ... il va de soi que l’honneur perdu et la dignité bafouée des Merina exigent impérativement réparation. Le mal que l’on nous a fait souffrir est en effet tel que nous n’avons le droit, ni d’ignorer ni d’essayer d’oublier. Autrement, nous nous condamnerions nous-mêmes à jamais à la honte et reconnaîtrions mériter notre sort en nous résignant à disparaître sous l’injure et le piétinement de nos ennemis. Ce serait aussi cautionner la pire barbarie qui soit, en minant du même coup toute perspective d’avenir un peu viable pour Madagascar. On imagine mal en effet quelle société pourrait jamais s’épanouir au-dessus de telles ruines !

    ... C’est bien dire jusqu’à quel point l’avenir de Madagascar est conditionné par le relèvement d’Anatirova. Dès lors, la question qui se pose est celle de savoir de quelle manière, par qui et surtout, en vue de quoi, pour le bénéfice de qui ?
    (p. 82)

    ... la destruction d’Anatirova a achevé de faire partir en fumée nos dernières illusions. Nous savons maintenant que nous n’avons absolument rien à espérer des dirigeants de la République Malgache, quels qu’ils soient et quoi qu’ils puissent bricoler ou promettre. (p. 111)

    ... n’est-ce pas justement le peuple merina que l’on a voulu anéantir symboliquement par cette destruction barbare d’Anatirova auquel, pour la circonstance, on l’a implicitement assimilé ? (p. 122)

    ... L’illusion de la coexistence dans la fraternité des « samy malagasy » est définitivement partie en fumée avec la destruction d’Anatirova. Du reste, il est maintenant évident que ce n’était là justement que le masque grossier dont se servaient les Noirs pour mieux assurer leur pouvoir et on s’étonne que tant de Merina aient été assez naïfs pour adhérer à un tel discours. (p. 126)

    ... la restauration même d’Anatirova ne devrait être pour nous qu’une première étape - encore que décisive ! - sur le chemin de la renaissance. Mais pour réussir à atteindre notre objectif, il nous faut par-dessus tout retrouver la fierté d’être merina et le sens de notre solidarité nationale.
    (p. 148)

    ... Les fondements objectifs de notre « orgueil » collectif sont évidemment solides, encore faut-il que nous puissions en être conscients, et donc, en prendre connaissance. D’où déjà l’importance vitale que revêt pour nous la reconquête du droit à la parole concernant notre propre histoire et notre civilisation, accaparé jusqu’ici par les malgachisants, aussi incompétents scientifiquement que malveillants sur le plan moral et dangereux sur le plan politique. (p. 148)

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