Bonjour à tous,
je remets dans la discussion mon intervention d’hier.
Cette fameuse élection que tout le monde appelle de ses vœux, telle qu’elle sera organisée sur la base de la nouvelle Constitution taillée à la mesure des besoins des juristes manipulateurs de la HAT, au profit - naturellement - du Président de la HAT, ne sera en effet qu’un leurre sans l’application à 100 % de la feuille de route et sans le contrôle strict de la Communauté Internationale.
La nouvelle loi organique sur l’organisation de la prochaine élection présidentielle semble également aller à l’encontre de ces deux exigences majeures.
Rappelez-vous, il y a eu pourtant des précédents retentissants, notamment du temps de Didier Ratsiraka lors de l’élection anticipée du 12 mars 1989.
Une loi portant révision de la Constitution du 31 décembre 1975 fut votée en catimini 3 mois avant la tenue de cette élection. Elle a rajouté un 3ème alinéa à l’article 47 de cette dernière, rédigé comme suit :
« Toutefois, s’il estime que l’intérêt supérieur de la Nation l’exige, le Président de la République, après avis du CSR et du Gouvernement réunis, peut décider de mettre fin à son mandat avant son terme constitutionnel, auquel cas la HCC donne acte au Président de la République de sa décision et constate qu’il y a lieu de procéder à l’application de l’article 49 », c’est-à-dire l’organisation d’une élection présidentielle anticipée.
Didier Ratsiraka l’a fait ! Sous le prétexte, certes juridique, mais fallacieux « d’intérêt supérieur de la Nation », prenant ainsi de vitesse tous ceux qui auraient pu s’opposer à lui dans le timing normal des élections de l’époque. Et s’il fut réélu avec 62 % des voies, ça ne l’a pas empêché de tomber 2 ans après avec le carnage d’Iavoloha du mois d’août 1991…
L’histoire risque donc d’être encore une fois un éternel recommencement.
Faut-il rappeler encore à tout ce beau monde que manipuler les textes de loi, les tailler à la mesure des besoins de ceux qui les élaborent pour gagner une élection n’est jamais une garantie de pérennité au pouvoir. Tant que les politiques n’admettront pas cette évidence, notre pays continuera de subir cycliquement les soubresauts des mouvements de la rue, avec des violences de plus en plus graves et incontrôlables contre les biens et les personnes.
C’est fou ce que les politiques ne savent pas tirer de (bonnes) leçons des (mauvaises) expériences et pratiques condamnables de leurs prédécesseurs ...