La rencontre ce mardi 7 avril 2009, entre la direction générale du groupe Tiko et le ministre des Finances et du Budget, Benja Razafimahaleo, a abouti à la reprise des activités du groupe Tiko pour le plus grand bien des travailleurs mais surtout pour celui des consommateurs et du marché des produits de première nécessité que sont le riz, l’huile alimentaire, le beurre, le yaourt et autres produits laitiers. Les usines du groupe Tiko doivent fonctionner comme il faut pour que le groupe puisse rembourser les dettes et payer les taxes et impôts impayés qu’il doit à l’Etat qui s’élèveraient à près de Ar.1 900 milliards.
Selon les explications du ministre Benja Razafimahaleo, l’accord a été conclu dans le but de ne pas désorganiser le marché et d’éviter la pénurie qui provoquera aussitôt l’inflation. Donc, le ministre garantit la bonne marche des usines Tiko et assure par la même occasion les emplois directs et induits par les activités du groupe.
À beaucoup d’égards le pouvoir de transition a fait d’une pierre deux coups : d’une part il s’assure d’une vache laitière auprès de laquelle il peut compter et d’autre part, il évite de se créer de nouveaux ennemis car voir ces 13 500 personnes et leurs familles grossir les rangs des chômeurs et étoffer les rangs des opposants de la Place de la démocratie, constitue toujours un risque à ne pas négliger.
Le groupe Tiko a en effet diffusé depuis samedi 4 avril, un communiqué avertissant sa clientèle que les usines du groupe doivent fermer sous peu et arrêter toutes les productions en raison de pressions et intimidations, voire de menaces sur son personnel. Le communiqué n’a pas manqué d’évoquer les actes de destructions, de vandalisme et de pillage dont les installations et machineries du groupe ont été victimes.
Comme pour corser le tout, la direction du groupe ne s’est pas empêchée de mettre en valeur son poids économique et social en soulignant qu’elle regrette de devoir remercier les 3 500 employés directement par le groupe dans tout le pays ; de devoir priver quelque 10 000 autres personnes de leur source de revenus. Ce sont des éleveurs de vaches laitières, des cultivateurs de riz, de maïs, de manioc, des collecteurs transporteurs de produits locaux, des commerçants de gros et de détail et autres prestataires de services.
Dans son exposé devant la presse ce mardi 7 avril à Antaninarenina, le ministre Benja Razafimahaleo a souligné que dorénavant le groupe Tiko est sur le même piédestal que toutes les entreprises. Toutefois, le ministre a suggéré au groupe Tiko en cas de besoin, la garantie de l’Etat vis-à-vis de ses clients à l’étranger contre un droit de regard sur la comptabilité et les stocks. Toujours est-il que d’ores et déjà l’Etat a mis certains biens de Tiko sous saisie conservatoire.
Recueilli par Valis




