109 personnalités de la Haute autorité de transition (HAT), dont le président et sans nulle doute ses proches collaborateurs, en plus de membres du gouvernement, et des personnalités militaires et des magistrats, sont sous le coup des sanctions prononcées par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA). Le motif officiel annoncé à Addis-Abeba par Ramtane Lamamra en milieu d’après-midi de ce 17 mars est qu’elles ont entravé au processus de sortie de crise. Ces sanctions consistent en un refus de visa, refus d’accréditation et gel des avoirs financiers à l’étranger.
La liste exacte des personnalités sanctionnées n’a pas encore été publiée dans le détail. Il s’agit selon Ramtane Lamamra de personnes physiques, mais l’UA étudie également l’aspect économique et pourrait imposer d’autres sanctions ultérieurement.
Dans la matinée de ce 17 mars, le président de la HAT, Andry Rajoelina, en tournée au chevet des sinistrés du cyclone Hubert dans le Sud Est, a répondu à l’avance à ce « verdict ». « Si c’est le prix à payer pour la souveraineté nationale, les sanctions ne me font pas peur ! ». Et il ajoute : « et puis je n’ai pas besoin de voyager à l’extérieur pour œuvrer en faveur du peuple malgache et je n’ai aucun sou déposé à l’étranger », tout en reprenant la phrase déjà utilisée après le voyage de New York en Septembre : « ce qui ne tue pas rend fort ».
Andry Rajoelina ne se soucie pas pour l’instant des conséquences que peuvent engendrer sur les relations diplomatiques, économiques et financières, cet énoncé des sanctions bien qu’elles soient ciblées. Le cas du Zimbabwe ou de la Lybie ou du président du Soudan qui ont été sanctionné l’ont sans doute instruit mais la Lybie ou le Soudan ou le Zimbabwe ne sont pas Madagascar. Si quelques-uns de ses collaborateurs ont plus d’une fois rabâché l’exemple de l’isolement de la Chine, il faut reconnaître qu’il a fallu plus de 40 ans à la Chine, et des millions de morts pour qu’elle sorte de sa pauvreté. Et encore ! car la majorité des Chinois demeure encore sous-développée.
Vraisemblablement, Andry Rajoelina a tourné le dos à l’UA, si certains de ses collaborateurs proches lorgnent vers l’ONU et font appel au Conseil de sécurité pour que les sanctions édictées ne soient pas appliquées ; une bataille de procédures en perspective pour gagner du temps. En attendant, la HAT peut encore compter sur les dons de la Lybie qui a offert des hélicoptères avec lesquels d’ailleurs le régime est venu ce mercredi 17 mars au secours des populations sinistrées de Mananjary, Vohipeno… dans le grand sud est. Mais aussi de la France et des Etats-Unis humanitaires.
En fait, on se demande comment la HAT aurait-elle pu venir au secours de ces régions et de leurs populations sinistrées sans une logistique étrangère. L’ombre d’une épidémie de maladies hydriques se serait-elle dissipée aussi rapidement sans les équipements, sans les matériels, sans les médicaments appropriés qui composent l’essentiel des cargaisons du Transall français ?





